Confessions d’une infirmière humanitaire

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Violaine Levistre l'admet: le danger ne lui fait pas peur. Bien au contraire. A 33 ans, cette infirmière a déjà parcouru le monde,  de la Russie à la Guyane en passant, surtout, par de nombreux pays en guerre.

Au fil des expériences, cette baroudeuse a trouvé son idéal: partager sa vie entre les missions humanitaires et l'hôpital Bichat à Paris.

Avant d’en arriver là, son parcours était "flou". Après quelques emplois dans des secteurs comme le social ou la publicité, Violaine Levistre a une certitude, celle de ne pas vouloir rester devant un ordinateur. "Je voulais faire quelque chose d'humain", se souvient-elle. A l'époque, elle est bénévole aux Restos du coeur.

Frustration

Après une formation aux métiers de l'humanitaire à Bioforce, son aventure commence en Albanie et en Afghanistan pour des missions de quatre mois avec l’ONG Solidarités.

"Frustrant", selon elle, car encore trop loin du terrain. "Je veux aller là où je ne connais ni les gens, ni la langue, ni la culture."

Sa jeunesse passée entre un père médecin et une mère professeure lui a permis de découvrir le milieu médical et de "grandir dans une atmosphère non mercantile".

Elle se tourne alors vers le métier d'infirmière dans un seul but: partir en mission humanitaire.

Violaine Levistre passe un an et demi à l’hôpital Bichat à Paris, dans l’un des plus gros services d’urgences de France. Puis, elle prend une "disponibilité", un statut qui lui permet de suspendre son emploi pendant plusieurs mois.

Ligne de front

En août 2008, elle s'envole pour le Soudan avec Médecins du monde. La voilà partie vers l’un des plus gros conflits de ce début de siècle: la région du Darfour dans l'ouest du pays.

A Deribat, un petit village montagneux où les humanitaires arrivent par hélicoptère, son quotidien est fait de vaccinations, de formations à l’hygiène de base et de soins d’urgence. La mission doit durer 7 mois, mais l'infirmière y prend goût et prolonge son séjour.

"Avec la ligne de front située à 30 km de là, il nous arrivait de soigner des blessés des affrontements", se souvient Violaine. Elle se remémore aussi des moments "exceptionnels", comme "ces soirées avec les voisins et les enfants du village pour des séances de projections des photos, au milieu de nulle part".

Violaine Levistre en mission au Darfour.

Après les joies, les moments d’incertitude. Début mars, la Cour Pénale Internationale accuse le président soudanais Omar el-Béchir de crimes de guerre. Ce dernier décide alors d’expulser 13 ONG.

MDM n'est pas concernée (voir le sujet de Youphil). Mais l'équipe d'humanitaires partage tout de même les peurs avec les habitants, comme le fait de "passer deux nuits dans le bunker à cause du conflit". Ces épisodes-là, Violaine ne les raconte à ses parents qu'une fois rentrée en France.

Prochain départ

Sa passion pour l’humanitaire d’urgence ne l’empêche pas de se poser des "questions récurrentes lors de chaque mission". Elle le reconnaît sans ambages, évoque le déséquilibre entre les revenus des travailleurs humanitaires et ceux des habitants. En effet, elle touche une indemnité de 800 euros par mois, en plus des 140 euros pour vivre sur place, soit "un salaire bien plus élevé que le coût de la vie locale".

Même interrogation lorsqu’elle compare la protection dont bénéficient les humanitaires par rapport aux habitants, "comme si notre vie valait plus…".

"Si un jour je vois que l’humanitaire apporte plus de problèmes qu’il n’en résout, j’arrêterai, mais attendant, j’y vais",  tranche la jeune infirmière.

Son objectif, à long terme, est de "faire partie d’une équipe d’urgence mobilisable en cas de catastrophe naturelle".

Pour le moment, la voilà de retour à Paris, à l’hôpital Bichat, où elle raconte ses expériences à ses collègues. Tout en songeant déjà à son prochain départ "sur le terrain"... 

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Comments

Bonjour,
Actuellement étudiante infirmière en 3 eme année, je souhaiterais travailler une fois diplomée comme Violaine Levistre, dans l'humanitaire.
Dans ce cadre j'aimerais savoir s'il serait possible d'avoir son contact pour en savoir plus sur son expérience, et sur son ressenti lorsqu'elle revient travailler en France.
Merci beaucoup.
Eve

Moran_Raphaël

 Bonjour, 

 

Vous pouvez m'envoyer votre adresse mail à rmoran@youphil.com et j'aurai le plaisir de faire suivre votre demande à Violaine Levistre.

bonjour ! je me présente, je m'appelle alexandra et je suis étudiante en 3 eme année à l'école d'infirmière. dans le cadre de nos étude, il nous est demandé de faire un devoir sur notre projet professionnel, qui est pour moi l'humanitaire. ainsi j'ai quelques questions à vous poser, si vous pouviez y répondre, cela m'aiderait beaucoup!
1- quels sont les points positifs et négatifs quand on fait de l'humanitaire (attractivité / contraintes/ difficultés (morale, physique, autres...))
2- est on forcément bénévol lorsqu'on fait de l'humanitaire
3- pouvez vous me dire, en quoi consiste pour vous l'humanitaire?
Je vous remercie par avance, et vous souhaite une bonne journée!