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21.09.2017 Industries extractives : le temps de la transparence est-il enfin arrivé ?

Photo : Mariusz Prusaczyk / Libre de droits

Le secteur extractif possède une réputation notoirement opaque. Selon une étude récente de l’OCDE, il s’agit du secteur d’activité industrielle le plus opaque et le plus prompt à la corruption. Le rapport de force entre les États et les entreprises multinationales exploitant les ressources naturelles y est constant : de la négociation des contrats aux exonérations, la fiscalité des revenus tirés des ressources est largement négociée en cercles restreints, en dehors du contrôle citoyen.

Depuis de nombreuses années, les citoyens regroupés dans des organisations de la société civile à travers le monde se mobilisent pour tenter de lever le voile sur l’extraction des ressources naturelles : qui les exploitent ? Contre quelle rémunération ? Quelle utilisation est faite des revenus extractifs ? Participent-ils au développement des pays ? Afin de répondre à ces questions, plusieurs centaines d’organisations de la société civile regroupées au sein du collectif Publiez ce que vous payez (Publish What You Pay) ont poussé États et entreprises extractives à dévoiler leurs paiements et revenus liés à l’exploitation des ressources naturelles. En réclamant une plus grande transparence du secteur, la société civile souhaite prévenir les abus et armer les citoyens afin qu’ils puissent contrôler la gestion des ressources naturelles de leur propre pays.

 

À lire aussi sur iD4D : « La corruption à rebours de l’intérêt économique ! », par Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim.

 

Grâce à la mobilisation de la société civile, une nouvelle obligation de transparence a été votée en 2013 par l’Union européenne, imposant des déclarations obligatoires aux entreprises enregistrées dans les États membres de l’UE. En France, ce sont des milliers de paiements qui ont été dévoilés au public pour la première fois en 2016 et analysés par Oxfam, One, Sherpa & Le Basic dans le rapport « La transparence à l’état brut ». Des entreprises comme Total ont dû publier des paiements dans certains pays où aucune norme de transparence n’existait jusqu’alors dans le cadre de l’exploitation de ressources naturelles. Les citoyens peuvent désormais savoir pour la première fois comment sont gérées les ressources naturelles de leur pays et qui en bénéficie. Dans d’autres pays, ces informations complètent celles déjà disponibles dans le domaine public. Elles informent aussi de la répartition des activités d’entreprises opérant dans de multiples pays.

 

En 2015, 40 % des paiements versés par Total pour l’exploitation des ressources naturelles étaient destinés aux Émirats arabes unis. Source : Le Basic.


Au Niger, les contrats d’uranium d’Areva en question

Parmi ces milliers de données, certaines ont particulièrement retenu notre attention. C’est le cas des paiements d’Areva au Niger, pays dans lequel Oxfam a lancé en 2013 la campagne « Niger : à qui profite l’uranium ? » afin de dénoncer les conditions trop avantageuses de l’exploitation de l’uranium par l’entreprise publique française au détriment de la population nigérienne. En cause notamment, le fait qu’Areva bénéficiait d’une clause lui permettant de verser une redevance sur l’uranium en deçà du taux légal en vigueur au Niger. En 2014, le Niger annonçait une renégociation « gagnant-gagnant » de cette clause, assurant qu’Areva serait désormais soumis au même traitement que les autres.

La déclaration obligatoire d’Areva dévoile les premiers versements effectués au gouvernement du Niger depuis cette renégociation. Et le constat a de quoi surprendre : depuis les renégociations, Areva paie moins de redevance qu’avant pour un volume de production similaire. Les données publiées par l’entreprise publique permettent de comprendre les coulisses de cette renégociation de 2014 : alors qu’elle annonçait être désormais soumise au régime de redevance minier général, l’entreprise publique française signait parallèlement un accord de partenariat stratégique (APS) avec le Niger entérinant une batterie de mesures faisant baisser la rentabilité de la mine et in fine diminuer la redevance. Résultat, le Niger touche encore moins d’argent qu’avant pour l’exploitation de cette ressource naturelle stratégique pour la France. Notre analyse chiffre un manque à gagner de près de 15 millions d’euros pour le Niger en 2015, soit près de 9 % du budget de la santé la même année.

Par ailleurs, l’analyse des données révèle également qu’Areva vendrait son uranium nigérien à deux de ses filiales à un prix inférieur à celui des autres exportateurs, minimisant ainsi ses bénéfices dans le pays. Résultat : un manque à gagner estimé à 30 millions d’euros par an, soit 18 % du budget de la santé.

Ainsi, si en 2015 28 % de l’uranium extrait par Areva provenait du Niger, le pays n’a bénéficié que de 7 % de l’enveloppe totale déboursée par Areva au profit des pays dans lesquels elle extrait de l’uranium (voir graphique ci-dessous).

 

À lire aussi sur iD4D : « Six axes d’action essentiels pour la stabilité en Afrique de l’Ouest », par Alexandre Marc, spécialiste en chef de la Banque mondiale pour les questions de fragilité, de conflits et de violence.

 

Pour des industries extractives plus transparentes

En 2018, l’Union européenne se penchera sur l’impact des obligations de transparence pour les industries extractives. Alors que l’adoption des déclarations obligatoires visait à améliorer la transparence et la redevabilité du secteur, de nombreux projets d’analyses citoyennes des paiements ont déjà vu le jour, notamment dans le cadre du programme Data Extractors, développé par Publiez ce que vous payez. Du Niger au Canada, en passant par la Birmanie et la Tunisie, des activistes ont disséqué des données révélées dans le cadre des déclarations obligatoires, et questionné leur gouvernement sur la gouvernance de leurs ressources naturelles – non sans rencontrer certaines difficultés. Afin de renforcer le standard de transparence, voici quelques pistes de travail que la France devrait porter au niveau européen :

  • Un accès facilité aux données 

Les déclarations obligatoires des entreprises françaises sont aujourd’hui perdues au milieu des rapports annuels des entreprises ou classées dans une section obscure de leur site Internet. Pour que ces nouvelles données aient un impact, il faut qu’elles soient facilement accessibles au plus grand nombre. La création d’un registre centralisé public comme ceux du Royaume-Uni ou du Canada permettrait de localiser plus facilement les rapports. La publication des rapports en formats ouverts, comme cela se fait au Royaume-Uni, faciliterait la réutilisation des données.

  • Des informations contextuelles pour mieux comprendre les paiements

À quoi correspond un paiement versé par une entreprise ? Est-il juste ? Répondre à ces questions nécessite un travail important de recoupement d’informations sur le statut du projet, les partenaires, le volume de production, etc. Même si certaines informations sont dans le domaine public, y accéder demande du temps. Il s’agit pourtant d’un travail nécessaire pour mieux comprendre les projets. Une annexe aux rapports de paiements aux gouvernements contenant ces informations contextuelles pourrait être exigée.

  • Un cadre d’analyse unique 

Pouvoir comparer comment différentes entreprises traitent leurs projets est essentiel. Notre analyse a révélé des failles qui compliquent la comparaison : certaines entreprises agrègent abusivement des projets, d’autres ne reportent qu’une partie de leurs paiements. Toutes les entreprises utilisent des règles différentes pour définir ce qui tombe dans chaque catégorie de paiement : un paiement considéré comme un impôt par Total pourrait ainsi être considéré comme une redevance par EDF. L’Union européenne devra apporter les clarifications nécessaires pour combler ces failles.

La publication de ces données intervient dans un contexte de débat renforcé autour de la transparence des entreprises multinationales du fait de la multiplication de retentissants scandales fiscaux. Pour répondre à cette attente légitime de transparence accrue, le Parlement européen a voté en juillet 2017 un texte en faveur d’une mesure de transparence fiscale obligeant l’ensemble des grandes entreprises à dévoiler, pays par pays, plusieurs indicateurs tels que leurs bénéfices, nombre d’employés, filiales, etc. Prochaine étape avant entrée en vigueur du texte : un passage par le Conseil de l’UE et la Commission européenne pour être adopté définitivement. Même si la mesure votée comporte des clauses d’exceptions importantes qui en limitent la portée en termes de transparence, elle représente une avancée dans le bon sens. Il est impératif que la France soutienne ce nouveau standard sans exemption pour qu’aucune zone d’ombre ne subsiste sur le secteur extractif.

 

À lire aussi sur iD4D : « La croissance en Afrique : au-delà des ressources naturelles », par Roger Nord, directeur adjoint du département Afrique du FMI.

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19.09.2017 A Call for Millions: Ending the Global Book Famine for the Blind

There’s a global book famine afflicting people with disabilities. They lack the books they need for education, employment, and social inclusion. Billions have been spent addressing the problem over the past decade.

I have good news: For $5 million a year, we can build a global library that provides tens of millions of people around the world who are blind, low vision, or dyslexic free access to books that will work for them.

Benetech has already solved this problem for students in the United States. Our Bookshare library has over 550,000 books that have been delivered digitally over 10 million times. Bookshare adapts to the needs of all readers with a disability that makes reading hard, whether they read with their eyes, ears, or fingers. We’re already delivering services at scale in three other countries—Canada, the UK, and India.

Kevin Leong Reading Bookshare Book on iPad

Very few philanthropic opportunities come with the chance to solve a global problem with modest risk. This one does. We just need the resources to scale.
Why is a global solution to the book famine possible now? How can we solve a centuries-old problem for so little money?
  • We have the technology. Cheap devices and internet connectivity mean everything is digital. Our books will play on whatever tech the reader has in hand, even a $10 MP3 player.
  • We have the ebooksThe Global Treaty for the Blind makes it legal to create ebooks for people with disabilities without having to pay a royalty or getting permission. Publishers already contribute most of their ebooks to us for free, but The Treaty allows for crowdsourcing books at scale through a Napster-inspired model (but legal!).
  • We can scale quickly. We’ve already built the library in the cloud, meaning we can scale infrastructure at the click of a button.
  • We have a new business model. Free service with a “pay what you can” request (like Wikipedia’s) is a sustainable nonprofit model. The majority of donations stay local, sourcing content in local languages and creating jobs. We have hundreds of thousands of ebooks in a dozen languages already available globally.
  • We have baseline funding to sustain the core platform: we can serve the rest of the world for less than it costs to deliver the service in the U.S. because we rely on the community to build the digital library.
Helping people with disabilities, especially those who are blind, is a social issue of biblical proportions. We are now on the brink of solving this problem for tens of millions of people around the world. Let’s seize the opportunity!
Read my recent posts that provide guidance and ideas for successful tech philanthropists: 

19.09.2017 West Africa’s Most Daring Designer - Maki Oh

Alexis Okeowo writing in the New Yorker:
Is conservative Nigeria ready for Amaka Osakwe?
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19.09.2017 OCP Policy Center : le développement de l’Afrique en perspective

©, Cyril Le Tourneur d'Ison pour AFD

Faire la promotion d’une recherche « basée sur les faits », impliquant aussi bien des chercheurs du Sud que du Nord : c’est la mission que s’est fixée l’OCP Policy Center, à Rabat. Ce think tank marocain fondé en 2014 avec le soutien de la Fondation OCP (Office chérifien des phosphates), orienté vers les politiques publiques, a déjà 220 publications à son actif. Il se penche sur les questions de développement, d’économie et de relations internationales avec un regard neuf, visant un certain pragmatisme à l’anglo-saxonne, comme l’explique son directeur général Karim El Aynaoui, présent lors du colloque Tout Afrique organisé le 12 avril 2017 à l’Institut du monde arabe par l’AFD.

 

Les politiques de développement en Afrique sont-elles meilleures quand elles sont pensées par et pour des Africains ?

Notre posture consiste à examiner les grandes questions qui affectent le monde et le futur de l’Afrique, du point de vue africain et d’un pays à revenu intermédiaire qu’est le Maroc, sur la base d’un dialogue constructif fondé sur l’observation des faits. Sur les questions de développement, il nous semble qu’il faut produire de la réflexion et des connaissances pour être dans une relation interactive et approfondie avec nos différents partenaires du Sud et du Nord, dans un esprit de respect mutuel, de tolérance et d’ouverture.

Notre équipe de 39 chercheurs associés comprend des Africains, parmi lesquels l’économiste camerounaise Vera Songwé, nommée en avril à la succession de Carlos Lopes au secrétariat exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, à Addis-Abeba. Mais pas seulement : nous avons aussi des Senior Fellow brésiliens, marocains, américains, sénégalais, éthiopiens et français.

L’un des axes les plus emblématiques de notre travail consiste à croiser les perspectives entre partenaires du Nord et du Sud. À titre d’exemple, nous le faisons avec l’Institut français des relations internationales (Ifri) lors de colloques spécifiques, ainsi qu’avec le think tank européen Bruegel sur la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Nous croisons nos analyses, qu’il s’agisse des relations commerciales, du développement des chaînes de valeur ou des questions de sécurité et de relations internationales.

Nous ne pouvons pas être dans l’incantation. Le modèle de l’OCP Policy Center n’est pas de faire du plaidoyer, mais de réfléchir en toute indépendance. Je viens du monde des banques centrales, où la crédibilité ne se décrète pas. Le sérieux de nos experts et de notre recherche fait notre réputation.

 

Quelle grande leçon sur le fond tirez-vous des recherches menées par l’OCP Policy Center jusqu’à présent ?

L’Afrique a besoin de politiques publiques efficaces, précises, qui se posent sans cesse la question de savoir si elles fonctionnent ou pas. Une importante littérature existe sur l’entreprise, pour savoir comment gérer la concurrence, rester créatif et résilient par rapport aux innovations, etc. Dans le domaine des politiques publiques, nous n’avons pas le même souci de tester des choses qui marchent avec cette culture permanente de l’évaluation, du retour immédiat, et de correction en temps réel des choix stratégiques qui sont faits. À mon sens, les politiques publiques doivent bénéficier des progrès faits dans le monde de l’entreprise. À l’OCP Policy Center, nous travaillons beaucoup sur le leadership dans les politiques publiques, avec par exemple Landry Siné, un chercheur associé camerounais.

 

À lire aussi sur ID4D : « Prospective en Afrique : débattre des choix possibles pour l’avenir », par Alioune Sall, directeur de l’Institut des futurs africains (IFA).

 

Les décideurs africains ne croulent-ils pas sous des agendas différents, du climat aux ODD en passant par l’agenda de l’Union africaine et les réformes structurelles appuyées par les bailleurs de fonds ?

Rien de tout cela n’est incompatible. Il me paraît bon que le monde discute, du climat comme du développement. Ce seront d’ailleurs, si le succès est au rendez-vous, deux moteurs essentiels de la croissance pour le monde. Les stratégies de croissance n’en conservent pas moins leur cadre, largement national. D’où la nécessité de trouver les bons points d’entrée pour agir sur les leviers de la croissance, au lieu d’élaborer de très longs agendas de réformes qui angoissent tout le monde et s’avèrent complexes à exécuter. Mieux vaut parfois une action concrète, un projet d’envergure qui permettra d’enclencher un cercle vertueux pour dérouler les réformes par la suite.

 

Quels sont ces points d’entrée ?

 À cet égard, l’investissement dans les infrastructures africaines, un domaine très capitalistique dans lequel il est possible de faire des partenariats public-privé (PPP), me semble pouvoir jouer un rôle central. Des bailleurs de fonds peuvent apporter le bien public de départ avec les études de projet, puis le secteur privé peut prendre le relais et investir dans le cadre de PPP, car les rendements sont intéressants. Une fois qu’un cercle vertueux est enclenché, les États peuvent dégager des recettes fiscales, financer l’éducation, etc.

 

À lire aussi sur iD4D : « Les PPP ne sont pas une fin en soi, mais un outil au service d’un projet d’intérêt public », par Lionel Yondo, référent PPP au sein du département Afrique à l’AFD, Dominique Hautbergue, chef de projet au centre de formation de l’AFD (CEFEB), et Anne Gautier, chargée d’affaires au sein de l’équipe des financements structurés de l’AFD.

 

Le second point d’entrée est l’agriculture, qui occupe l’essentiel de la force de travail en Afrique. Les infrastructures et l’agriculture sont connexes et permettent de créer des marchés, des industries intégrées et des emplois. Les fermes horticoles d’Éthiopie n’auraient eu aucune chance de succès pour exporter des fleurs coupées sans routes pour les acheminer vers l’aéroport, et sans chambre froide à l’aéroport pour les conserver avant leur transport.

 

Par où commencer ?

Les pays, les organisations économiques sous-régionales et les bailleurs de fonds pourraient s’atteler à une vingtaine de projets forts, avec des réseaux d’infrastructures, des corridors de transport transfrontaliers comme certains qui sont en cours de développement en Afrique de l’Est, des pools d’électricité, des pipelines de gaz connectant les pays entre eux, ou encore le barrage d’Inga en République démocratique du Congo, etc. Il faut s’emparer de ces projets, tester le sérieux des pays et des différents acteurs concernés.

Ce big push de l’investissement dans les infrastructures n’a rien d’utopique. Il est possible, car les financements existent, notamment sous la forme d’une épargne importante concentrée dans les fonds de retraite dans les pays du Nord, au niveau des fonds souverains, etc.

Notons que la Chine est souvent présente sur ces grands chantiers. C’est aussi une manière pour elle de réemployer son excédent de réserves en devises, d’acquérir des actifs à l’étranger, de redéployer les capacités de production inutilisées de ses grandes entreprises, de regagner de la compétitivité sur les industries à bas coût de main-d’œuvre en redéployant une partie de la production dans les pays africains et pour lesquels des infrastructures efficientes sont un facteur de compétitivité essentiel, d’investir efficacement dans les matières premières, de trouver des marchés, etc. L’idée, c’est d’avoir une vision. Et surtout, d’y aller !

 

À lire aussi sur iD4D : « La relation Chine-Afrique de plus en plus critiquée sur le continent africain », par William Gumede, économiste et politologue sud-africain.

 

La question n’est donc plus de savoir si l’État doit intervenir, mais comment ?

Cette interrogation paraît en effet un peu galvaudée du point de vue de l’Afrique. Il faut être malin. L’État ne peut bien sûr pas tout faire mais des politiques publiques appropriées sont essentielles pour attirer le capital privé et stimuler l’investissement privé national.

L’essentiel est d’être décomplexé et de faire des choses qui marchent, sans postures idéologiques, en prenant garde à impliquer les populations dans les politiques publiques et les réformes. L’évaluation et l’efficacité relèvent d’une culture qu’il faut développer dans les ministères et les administrations. De ce point de vue, les think tanks représentent un laboratoire, en offrant un espace de dialogue plus libre et une source de travail analytique qui peut être utile pour les décideurs.

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18.09.2017 A Sweet Bridge For African Farmers to Access Demand From Global Markets

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A blog post by Juan Guardado, Managing Director, Natural Extracts Industries Ltd (NEI)

At a time when the global food industry is listening to consumer demand by declaring its intention to switch to natural ingredients [Nestle, Unilever, General Mills], when small-holder farmers (SHFs) are subject to volatile global market dynamics and climate change, and when a burgeoning young African population is facing unemployment, NEI is seizing an opportunity to create shared value, sustainably, by deepening its engagement within the communities in which it operates.

Take for example our recent deployment of a mobile-enabled ICT platform for field operations management, which was made possible with the Nestle CSV 2016 prize money.

Through this platform, our field officers are able to record every planting, training, farm visit, and procurement transaction with each of over 1,600 vanilla farmers in our outgrower network, enabling real-time information to be analysed by the management team and providing full “farm to plate” traceability for customers.  Our level of engagement with the farmers in the value chain is substantial -- we visit each farmer at least once every 2 months and formally train them every quarter -- yielding tremendous benefits across the value chain.

For farmers, knowing that a company like NEI offers high-touch extension services and guarantees a long-term market at top prices, this has created a tangible commitment and loyalty towards the work we’ve set out to do.  We have minimal side selling, reaching 95% of our yield forecast, and farmers are seeing double the vanilla yields compared to what is reported from cooperatives in Madagascar.  We are also experiencing an increased demand from new farmers to register in NEI’s value chain, for participating in our trainings and planting schemes.

With the top prices paid this year and our operations that bypass unprincipled middlemen, some farmers are easily achieving USD 1,000 incremental net income from their harvest.  For the majority of farmers living on less than USD 3.10 per day, this can mean their daughters may attend school that year.

The high quality of the harvest ensures we can manufacture premium, export-quality products, such as vanilla pods and extracts.  With this level of quality, our products sell themselves, creating more profits for retailers and allowing industrial buyers to create distinctive products such as single-source, premium vanilla ice cream.  For the end consumer, we can show which farmers (mappable on Google Earth) contributed to the product, creating awareness and demand from “plate to farm”.

Creating shared value also means caring for the environment.  Although vanilla cultivation itself uses organic practices and promotes tree conservation (for shade), some of our farmers already feel the reality of climate change, in terms of reduced water availability.  Thinking a decade ahead, NEI has begun testing how to help farmers better manage water for productivity and wellbeing, through climate-smart practices.

We are helping construct and repair water furrows, piloting household rainwater harvesting technologies, and promoting permaculture topics like improved land contouring.  Given the success of our products, having long term initiatives such as these can only ensure continuity of returns to all stakeholders.

When tackling rural development, few people think about the flavours industry.  And when building competitive advantage, few business strategists would think of being distinctive through deep community engagement.

Nestle understands this, being a founding member of the Sustainable Vanilla Initiative.  NEI finds itself, a year after being recognised as a runner-up for Nestle’s Creating Shared Value prize, becoming a leader in the vanilla value chain in Tanzania, while playing our part in addressing the Sustainable Development Goals (SDGs).  Our work shows that creating shared value can truly generate sustainable profits across an entire value chain.

The author would like to acknowledge the extensive capacity building support provided to NEI by Nestle Equatorial African Region and its country teams.

 

About the author

Juan Guardado is a co-founder of the company.  As Managing Director, he oversees all aspects of the company, bringing to bear his diverse background.  He has 7 years of experience in leadership roles in East Africa, most recently as Regional Director for Grameen Foundation and deputy CEO at Equity for Tanzania Ltd, a lease financing institution.  Before that, he was Associate Principal at McKinsey & Co. in London, focused on using technology to enable business operations.  He started his career researching graphics rendering algorithms at Matrox Graphics Inc. and Nvidia Corp., where his work was published and awarded patents. He holds a B.Eng. from McGill University and an MBA from INSEAD.

 

About the company

Since 2011, Natural Extracts Industries Ltd has been creating premium, sustainably grown, ethically sourced, all-natural flavour ingredients, which benefit over 1,600 smallholder farmers (SHFs) in Tanzania.  Their high quality products, like vanilla, cacao and orange extracts, target the home baking, commercial kitchen and specialty foods markets. NEI provides incremental income to smallholder farmers by promoting and purchasing high value cash crops, guaranteeing both a long-term market and top prices for their harvest. Through the extension network and farmer champion model, registered farmers receive regular training in good agricultural practices, including organic topics like the use of natural bio-pesticides and composts. Follow NEI on Facebook, Instagram and LinkedIn.

 

18.09.2017 How PRIME is transforming aid in Ethiopia

A slaughterhouse and milk factory are empowering Ethiopians
https://www.globalenvision.org/2017/09/15/mercy-corps-ethiopia-prime-project

18.09.2017 Ugochukwu Godson Ikpeoh - Electronics Maker #Nigeria

Founder of:
UGOvations™ Engineering is where ingenuity, innovation, creativity, electronics and technology meet.

18.09.2017 Electricity Free Anesthesia with the Universal Anesthesia Machine (UAM)

Matt Petronzio writing in Mashable:
image via
For many hospitals in rural parts of the developing world, electricity is unreliable at best. In the course of one day there can be brownouts and power spikes. Electricity may cut off for hours or even days at a time, without any warning.

If this happens during surgery or forces surgeons to postpone operations — and it does — it will often cost people their lives.

But an innovative device called the Universal Anesthesia Machine (UAM), from nonprofit medical device company Gradian Health Systems, allows health workers in countries like Malawi, Sierra Leone, and Zambia to deliver anesthesia without any electricity, and helps save patients' lives in the process.
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18.09.2017 Startup Places Skilled Workers in Tech Jobs , No Degree Needed

Laborx
Has sent candidates to Amazon, Google and more...
Founded in 2015, LaborX is an online platform that matches high-tech employers with skilled but nontraditional job candidates — such as those with technical training but no college degree. Taglined “the LinkedIn for the LinkedOut,” LaborX highlights candidates’ qualifications with video resumes and work samples.
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15.09.2017 How PRIME is transforming aid in Ethiopia

Image: 

The Horn of Africa seems to shoulder the weight of environmental disasters in Africa. Ethiopia, in particular, has historically borne a heavy share of natural crises.

In 1984, northern Ethiopia faced its biggest famine in centuries, which killed nearly 1 million people. Mercy Corps first began working in Ethiopia during this huge humanitarian crisis, but did not maintain a permanent presence until 2004, when the organization received USAID funding to begin large scale projects. Today, Mercy Corps continues its work in Ethiopia with offices in Addis Ababa, Hawassa, Jijiga, Dire Dawa and several other cities.

One of the largest projects Mercy Corps has been working on in Ethiopia is PRIME: the Pastoralist Areas Resilience Improvement through Market Expansion program. The PRIME project is funded with a five-year, $64 million USAID grant to build resilience programing that focuses on market inclusion and expansion for 250,000 pastoralists in the Eastern region of Ethiopia. 

The PRIME program focuses on trying to assist communities and individuals to recover from recurring crisis and climate-related shocks through market inclusion and expansion. PRIME’s goal is to increase household incomes and increase resilience to climate change through five primary focus areas:

  1. Improving livestock production and competitiveness
  2. Enhancing households’ resilience and ability to adapt to climate change
  3. Increasing livelihood diversification and long-term market opportunities
  4. Innovation, learning and knowledge management
  5. Improving the nutritional status of children and mothers

The Jijiga Export Slaughterhouse in eastern Ethiopia is an example of the successful projects Mercy Corps has been able to accomplish through the PRIME program.

Support for this project was provided by USAID’s Innovation and Investment Fund. The slaughterhouse is the first-ever international-standard abattoir and livestock fattening facility in the Somali region of Ethiopia. It processes meat to international standards and will be Halal-certified, allowing it to be exported to Muslim-dominated countries in the Middle East, Africa and Asia. The project was created to provide a reliable livestock market for the region, in which the majority of the communities are composed of pastoralists. The slaughterhouse offers pastoralists the opportunity to increase their income, as well as creating new jobs. In both cases, the project increases resilience.

The Jijiga slaughterhouse project was started by Faisal Guhad, a scientist and professor of veterinary medicine who pitched the idea to the Mercy Corps team in Jijiga. With Mercy Corps’ help in assessing the benefits the project could bring to the community, along with a Chinese company that invested in the construction of the slaughterhouse, Guhad realized his dreams to open the first slaughterhouse in the region.

With additional technical support from Mercy Corps, the Jijiga project became the first locally owned slaughterhouse business in a region that has been hit hard by drought. The region is home to most of Ethiopia’s pastoralists and their animals—camels, sheep, cows and goats—that they will now be able to sell at the nearby market. Having a local from the region as owner created immediate trust between the news business and the pastoralists.

Mark Green, the new Director of USAID, toured the slaughterhouse in late August 2017. He praised the Jijiga project as the kind of investment that helped communities out of poverty.  Herders can earn as much as $80 per goat when they sell to the slaughterhouse.

"I’m under no illusions,” said Green. “The development journey in many places in the world is a long one, but I want us to always be thinking what we can do that nudges something towards a day when people get to take care of themselves."

In a nearby area, Mercy Corps has also empowered women living in remote villages to sell their cow and camel milk to the Berwako Milk Processing Factory. Berwako is the only factory in the region that gives pastoralists a new means to make money from the milk of their livestock. In the past, women had to walk more than eight hours to sell their milk along a dry unpaved highway. Often, they did not receive immediate payment for their milk.

The slaughterhouse, the processing factory and other projects made possible by the PRIME program have shown the ways in which Mercy Corps has matured its aid in the developing world.

Mercy Corps initially arrived in Ethiopia with emergency aid. But today—thanks to PRIME—that work is looking long-term, strengthening communities from within.

 

15.09.2017 10 Things You Should Never Share on Social Media

The following post is copyrighted by Return On Now - Austin Internet Marketing Consulting Services

With social media, the personal is the professional. If you rely on your online presence as a means to earn money in any capacity, what you say and share on social media matters. The fact that you might be using a personal account vs. a business account matters not. Rest assured that clients (and potential…

The post 10 Things You Should Never Share on Social Media appeared first on Return On Now.

14.09.2017 You Can Help Us Strengthen the Social Safety Net!

         

Today, I’m writing to provide the first in a series of specific ideas on how philanthropic tech entrepreneurs can do good by doing what they do best: using software and data to create massive value.

What if every person in need had access to the help they needed?

Every day in every community, there are people who need help. From a single mom facing eviction to a vet struggling with PTSD, to a domestic violence survivor fighting for custody of her kids. A web of complex needs exists, but information about the various services that address those needs—services that form the social safety net—is difficult to find. Compared to the data I have at my fingertips about businesses (how many sandwich shops are there within five miles that are currently open?), the social safety net is effectively invisible to the people who urgently need help.

If we can make it easier for people in need, or the agencies trying to help them, to find accurate information on social services, we’ll have delivered amazing impact.

Many referral services such as call centers and web applications collect directory information about health, legal, and social services, but the data is locked in fragmented and redundant silos. New referral services keep proliferating—all struggling to keep their data about available services up to date. Resource-strapped agencies have a hard time updating their websites, not to mention a dozen other places where their information shows up.  The effort to build the proprietary “One List to Rule Them All” is doomed to failure. 

The consequences of this costly and ineffective status quo are daunting:
  • People in need have trouble discovering and accessing services that can help them.
  • Service providers struggle to help clients meet complex needs.
  • Referral providers have difficulty referring people effectively.
  • Decision makers cannot gauge program effectiveness.
  • Innovators struggle to build and scale useful technologies to serve these needs.

This is a systems-change challenge: how to get hundreds or thousands of agencies to cooperate to greatly improve their ability to serve the most vulnerable people in their community.

The answer is open infrastructure. We need to make it as easy as possible to share accurate social service directory information with everybody who needs it.  The Benetech Open Referral project approaches this problem in a new way, by enabling many different systems to access the same data, and incentivizing the stakeholders to collaborate.

By successfully coordinating data among multiple stakeholders, Benetech’s Open Referral project can generate tools and practices that yield transformative change by weaving a stronger social safety net. Here are a few of the benefits:
  • Better access to services for people in need.
  • Decrease in data maintenance costs and increase in data quality.
  • Acceleration of innovation for new tools, apps, and projects.
  • Meaningful use of data in research, analysis, and decision-making.
We need major philanthropic funding to take this effort to the next level, beyond pilots in California and Florida, to make this kind of information readily available in every community. The safety net is too important to remain invisible!

14.09.2017 Using Heatmaps to Increase Website Conversion Rate

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Welcome to this guest post about heatmaps. Many digital marketers are trying out a variety of new tools to see what has the biggest positive impact on their website and conversion rate. Every owner wants to know if their site’s architecture and design are giving them the best results. Is the website getting visitors to…

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12.09.2017 Washing Away Doubt: How this Summer’s Floods Bring a New Reality to Climate Change

Intense rains around the world have left millions vulnerable
https://www.globalenvision.org/2017/09/10/washing-away-doubthow-summer%E2%80%99s-floods-bring-new-reality-climate-change