Des militants déchaînés sur le web

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Vous voulez organiser une manifestation originale contre le réchauffement climatique en bas de chez vous ? Pas de problème, le site 350.org vous conseille pas à pas dans son manuel de militantisme écolo. A deux jours du sommet de Copenhague (du 7 au 18 décembre) au cours duquel les chefs d’Etat se réuniront pour discuter d'écologie, les mobilisations pour faire pression sur les gouvernants se multiplient.

Ce samedi 5 décembre un nouveau flash mob climatique devrait avoir lieu à Paris et dans plusieurs autres villes de France, à l'initiative d'Oxfam et Greenpeace. Objectif : "réveiller" les politiques sur la question climatique, au sens propre comme au figuré, et "mettre la pression" sur Nicolas Sarkozy. Ces derniers mois, ce type de manifestation s'est multiplié. Comme ici, à Paris, en septembre (voir la vidéo ci-dessous).

Les organisations militantes appellent les pays riches à réduire de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, et à débloquer des fonds pour aider les pays menacés par le réchauffement climatique.

Ce type de mobilisation n'est pas étonnante pour Sébastien Porte, auteur d’un ouvrage intitulé Un nouvel art de militer*.

Il remarque qu’historiquement "c’est dans le domaine de l’environnement qu’on a vu fleurir les formes les plus originales de militantisme". Très inventifs, les écolos sont aussi très actifs. A côté de cette mobilisation, plusieurs plateformes associatives utilisent Internet comme outil de militantisme. Pour ne pas s’y perdre, voici les principales:

Très écolo

"L’ultimatum climatique" est la déclinaison française de la campagne "tcktcktck". Son but : faire pression sur les autorités françaises et européennes pour qu'elles se fixent des objectifs chiffrés au sommet de Copenhague. En tête de pont, l’ONG Greenpeace qui définit cet événement comme sa "priorité de l’année".

L’ONG écologiste multiplie les actions : elle a fait voguer un faux iceberg sur la Seine à Paris (voir la vidéo ci-dessous), co-organisé la flash mob du mois de septembre, et appelle les internautes à devenir des e-militants en relayant ses messages sur Facebook. Un concert a même été organisé le 22 novembre avec entre autres Tryo, Zazie, et Bernard Lavilliers à l’affiche.

Très médiatique

Autre collectif, "350.org", lancé aux Etats-Unis. Il milite pour la réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.

Le journaliste Sébastien Porte détaille les caractéristiques de ces collectifs: "Un budget limité, une organisation horizontale, des formes d’expression empruntées à l’art, au théâtre, à l’art plastique, à l’humour". Car l’idée "c’est de faire de l'image, plus que de faire du nombre", explique l’auteur.

Très politique

L’appel "Urgence climatique justice sociale", est un appel cousin de l’ultimatum climatique, mais agrémenté de revendications politiques. Il est soutenu par plusieurs partis ou associations de gauche comme Attac, les Verts ou le NPA.

Pour le moment donc, l'activisme déploie ses forces "online", c'est-à-dire sur le web. Mais le 11 décembre, les militants les plus motivés passeront au "offline" (comprendre, à la réalité), puisqu'ils sont en train de gagner Copenhague en train, avec un départ groupé depuis Bruxelles. Car le vrai combat n'est pas médiatique, mais bien politique. Pour se faire entendre, ils devront plaider leur cause auprès des dirigeants du monde entier.

 

*Sébastien Porte et Cyril Cavalié, Un nouvel art de militer, éditions Alternatives, collection Société. 144p. Sortie octobre 2009.

 

Plus d'articles sur le bouleversement climatique et l'activisme en ligne:

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Commentaires
izialexandre

Le web reste actuellement un relais, qui passe le mot au plus grand nombre, en diffusant les vidéos des actions de quelques uns.
Il est encore rare de voir de vrais actions complétement en ligne, et lorsque cela se produit, il s'agit souvent de pétition ou de collecte, comme le soutien récent au blog Zataz.