Marisol Touraine, nouvelle ministre des Affaires sociales
Cette spécialiste des questions sociales a été nommée ministre, sans surprise, par Jean-Marc Ayrault. Portrait.
Comment un événement solidaire parisien vire au règlement de comptes "antifacho" sur Twitter.
A l’origine, l'idée paraît sympathique. Réunir, le temps d’une soirée, les utilisateurs du célèbre site de microblogging Twitter autour d’une bonne cause.Youphil, toujours curieux des initiatives solidaires qui fleurissent sur la toile, s'est penché sur ce "Twestival".
Derrière ce nom barbare, la déclinaison parisienne, prévue le 11 septembre, d’un événement de solidarité planétaire, destiné à collecter de l'argent pour une fondation à la Cantine, lieu bien connu de la blogosphère.
Mais peu de temps après l'annonce de la soirée, grosse cacophonie sur la Toile. En cause: le choix de la fondation Jérôme Lejeune, connue pour ses positions anti-avortement. Mais également les modalités d'organisation. L’événement est en effet chapeauté par une agence de communication, Anthinea Fox… dont le PDG a dirigé pendant plus de six ans ladite fondation! Et Nicolas Lépissier y travaille toujours, en tant que prestataire en charge de la gestion des legs.
Conséquence: les blogueurs s'enflamment. Tristan Mendès France dénonce le "favoritisme" dont a bénéficié cette fondation. Charles Liebert s'insurge:"Si le combat de cette fondation est bien la recherche, elle cache derrière ce projet des discours anti-avortement." Sur son blog, Mry s'interroge: la soirée serait-elle "gangrenée par l’extrême droite?". De son côté, @jkloren publie un diaporama pour appeler la communauté Twitter de Paris à réagir.
Certains vont même jusqu'à évoquer les liens supposés entre la fondation… et l’Opus Dei. Pour Nicolas Lépissier, toutes ces accusations sont "fausses". "Personne n'est membre de l'Opus Dei. C'est grotesque, aberrant. Que les personnes qui nous accusent viennent voir notre travail, et elles changeront d'avis." Et de rappeler que la fondation a reçu un agrément de l'Etat.
Les organisateurs du Twestival et la Fondation Lejeune multiplient donc les réponses sur Internet. Ils soulignent que la fondation a été selectionnée parmi neuf autres candidates, toutes établies au Centre Français des Fondations. Elle a ensuite été choisie par les utilisateurs de Twitter sur ce site. La crise secoue le microcosme de la twittosphère solidaire.
Un retour aux sources s'impose pour comprendre la polémique. Le Twestival existe depuis 2008. Sur cette carte, vous pouvez visualiser toutes les villes qui ont accueilli ces soirées où des utilisateurs de Twitter se réunissent pour donner de l'argent pour la bonne cause. Et en profiter, au passage, pour échanger cartes de visites et se croiser entre personnalités du web.
L'édition 2008 a ainsi permis de collecter plus de 250 000 dollars ont été récoltés au cours de 200 événements mobilisant 10 000 donateurs environ. Le tout au profit de l’ONG Charity:water, qui favorise l’accès à l’eau potable dans les pays en développement. En France, l'édition locale du Twestival n'a permis de récolter que 250 euros.
Pour Nicolas Lépissier, la mini-polémique n'a pas eu d'impact sur le nombre de participants. "On a seulement eu 4 annulations sur les 120 participants, c’est booké booké booké", se rassure le directeur. Sur place, les participants pourront acheter "des tee-shirts, des CD et des tas de trucs" offerts par les entreprises partenaires, et dont les bénéfices seront reversés à la fondation.
La polémique pourrait donc retomber aussi vite qu'elle a enflé. Elle aura au moins le mérite de mettre en lumière la nécessité d'une plus grande transparence dans la sélection de projets solidaires.
- Mise à jour 11/09 à 11h12 : Des utilisateurs de Twitter appellent à l'organisation d'une contre-soirée dans un autre bar parisien, au profit des Restos du coeur.
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Il me semblait que le Twestival avait été annulé ?
Sur le fond, complètement d'accord avec la conclusion sur la nécessaire transparence dans la sélection des projets. Certains estiment il est vrai (dans le débat qui a eu lieu) qu'on n'a pas à montrer ses papiers à tout bout de champ, en l'occurrence que la fondation Lejeune n'avait pas à communiquer sur la personnalité du professeur Lejeune, ses prises de position contre l'avortement.
J'estime pour ma part que cette fondation n'est pas politiquement neutre - c'est son droit - et qu'il convient dès lors de communiquer aux donateurs éventuels une information complète et honnête sur le bénéficiaire.
On m'objectera qu'en donnant à Emmaüs, on donne son argent à une association dont le fondateur n'était sans doute pas pro-ivg. Mais ce qui différencie à mon sens un Lejeune d'un abbé Pierre, c'est que le premier était un authentique militant pro-vie, ce qui de fait, range la fondation éponyme (nonobstant l'action médicale très louable à destination des enfants trisomiques) au côté d'autres institutions clairement politiquement engagées ; qu'elles soient de "droite" ou de "gauche" d'ailleurs. Lorsqu'on donne pour Aids on connaît à peu près les prises de position de ses responsables. Ce n'était pas le cas avec la fondation Lejeune.