"Deux jours, une nuit", la parabole anti-capitaliste des frères Dardenne

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"Deux jours, une nuit", des frères Dardenne, avec Marion Cotillard, fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2014.

L’histoire est simple: Sandra doit convaincre ses collègues de travail d’abandonner leur prime de 1000 euros, afin qu’elle puisse garder son emploi. C’est elle, ou eux. Alors, elle va les voir, un par un, calibrant maladroitement son message appris par cœur, pour leur faire comprendre qu’elle a besoin de cet emploi.

"Deux jours, une nuit", des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, aurait pu tourner au drame social misérabiliste. À mille lieues de cela, le sublime scénario des frères Dardenne met en lumière subtilement l’un des effets de la crise économique, qui ne se calcule pas en chiffres: l’humiliation sociale. Celle qui consiste à mettre les employés en compétition pour leur emploi, à les obliger à comparer leur précarité, à se tirer dans les pattes. Car le patron oblige les salariés, eux-mêmes, à trancher sur le sort de Sandra, par un vote.

> Regardez la bande-annonce de "Deux jours, une nuit", de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Marion Cotillard: 


On vit cette humiliation comme si c’était nous, grâce au jeu très juste, il faut le dire, de Marion Cotillard, dans le rôle de Sandra. On est révolté. Pourquoi un patron imposerait-il ce choix aux employés? C’est la crise. Tout est justifié. Décidément, ce film d’une heure trente est humaniste, mais ce n’est pas un film social. Il est foncièrement politique, même marxiste. Cette histoire simple, en apparence, sonne comme une parabole contre l’impact humain d’un capitalisme débridé. Et le combat de Sandra pour garder son emploi est le symbole de cette révolte.

Diffusé à Cannes près de deux jours et une nuit avant le début des élections européennes, le film résonne encore plus fort. C’est un peu le film qui vous donne envie d’aller voter. Plus que tous les spots de campagnes officiels kitchs et aseptisés, ou les articles macro-économiques sur la situation des pays de l’Union. Pour que l’Europe au cœur de la crise fasse plus pour éviter les excès du capitalisme financier, plus pour les 500 millions d’Européens.

"Deux jours, un nuit", 
Jean-Pierre et Luc Dardenne
Sortie le 21 mai 2014
 
 
Crédit photo: capture d'écran de la bande-annonce de "Deux jours, une nuit".

 

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