Prix Pinocchio 2013: les entreprises les moins responsables sont…

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Areva, Veolia et Auchan sont sur le podium du prix Pinocchio 2013.

[Mise à jour du 24 avril 2014: un an après la catastrophe du Rana Plaza, les associations Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Ethique sur l'étiquette ont porté plainte contre Auchan pour "pratiques commerciales trompeuses". Le distributeur qui se décrit comme "discounter responsable", est indirectement impliqué dans le drame: des étiquettes d'un de ses sous-traitants avaient été retrouvées dans les décombres.]

 

Plus d’un mois après le début de l'opération et 40.000 votants plus tard, la cuvée 2013 du prix Pinocchio livre ses "grands gagnants", le 19 novembre.

Depuis 2008, les associations Les amis de la Terre et Peuples solidaires, ainsi que le Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), attribuent ce prix aux mauvais élèves en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Trois catégories sont représentées: le greenwashing ("Plus vert que vert"), la destruction de l'environnement ("Une pour tous, tout pour moi") et le non-respect des droits de l'Homme ("Mains sales, poches pleines"). Dans l'ordre, les vainqueurs sont Areva, Veolia et Auchan.

Auchan, dans la polémique au Bangladesh

Le ton du prix Pinocchio reste léger. Pour autant, les causes mises en avant sont très sérieuses. Cette année, le groupe Auchan est arrivé en tête des votes des internautes dans la catégorie "Mains sales, poches pleines". L’entreprise de grande distribution est concernée indirectement par l’effondrement de l’immeuble d’ateliers textiles Rana Plaza, au Bangladesh, survenu en avril 2013. Au moins 1133 personnes y ont perdu la vie.

Des centaines d’étiquettes de grandes marques occidentales ont été retrouvées dans les décombres, dont la marque d’un sous-traitant du groupe Auchan. Pourtant, près de sept mois après le drame, plusieurs de ces grandes marques, dont Auchan, refusent toujours de participer au fonds d'indemnisation des victimes, qui représente environ 40 millions d'euros.

Dans un long courriel, Auchan affirme à Youphil.com avoir mis en place "un plan d'action volontaire visant à intensifier la lutte contre la sous-traitance non-déclarée".

Areva signe un doublé

Gagnant 2012 du prix "Mains sales, poches pleines", l'industriel français du nucléaire Areva prend cette fois la tête de la catégorie greenwashing. En juillet 2013, l'entreprise a ouvert Urêka dans le Limousin, "un musée à la gloire des mines d'uranium", précise le communiqué du prix Pinocchio. Il n'en fallait pas plus pour fâcher les 59% d'internautes qui ont voté contre elle.

Egalement par courriel, Areva défend "un discours pédagogique sur l'activité minière de l'uranium. Nous répondons à notre engagement de transparence". Mais "les portes du musée restent grand ouvertes aux Amis de la terre", ironise la multinationale.

Enfin, Veolia monte sur la troisième marche du podium pour son projet contesté d’approvisionnement en eau de la ville de Nagpur, en Inde. En se "présentant en héros apportant l’eau aux pauvres", la filiale indienne de Veolia serait responsable d’une "augmentation des tarifs", selon les associations. Elles évoquent aussi "l'opacité des contrats de partenariats public-privé" signés entre la ville de Nagpur et Veolia.

En réponse à notre demande de réaction, l'entreprise nous a fait parvenir le communiqué de Patrick Rousseau, directeur de la filiale indienne du groupe. Sur l’accusation d’augmentation du prix de l’eau, il décharge sa responsabilité en précisant que ce prix est "exclusivement décidé par l’autorité délégante du service. Ni Veolia, ni son partenaire local n’interviennent donc dans cette décision."

Une proposition de loi sur la vigilance des multinationales

Ce prix Pinocchio est un moyen pour les associations d'alerter le grand public sur des problématiques liées aux droits de l'Homme ou à l'environnement. Lors de l'édition précédente, le responsable RSE des Amis de la Terre Romain Porcheron, expliquait vouloir attirer "une réaction des pouvoirs publics, pour dessiner un vrai cadre législatif à l'attention des entreprises."

Le 7 novembre, des députés de la majorité ont d'ailleurs déposé une proposition de loi sur le devoir de vigilance des multinationales vis-à-vis de leurs sous-traitants à l'étranger.

 

 

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