Mention Passable pour la France

En matière d’aide au développement, l’Hexagone reste bien en deçà de ses promesses.

La France, pas vraiment généreuse avec les plus pauvres? C’est en tout cas le constat que l’on peut faire, à la lecture d’une étude publiée début juillet par l’OCDE.

En 2008, la France n’aurait consacré que 0,39% de son revenu national brut aux pays en voie de développement, et ce malgré la multiplication des déclarations d'intention ces dernières années.

Ce chiffre est donc peu glorieux au regard de ceux affichés par ses voisins européens. Par exemple, la Suède a consacré 3,37 milliards d'euros, soit 0,98% de son revenu national brut à l'aide aux pays en voie de développement, ce chiffre la plaçant bien au-delà de l'objectif fixé par les Nations Unies (1).

Preuve, s’il en fallait, que quand on veut, on peut tenir ses engagements.

L’action des gouvernements, loin des discours de façade

Une autre étude est venue critiquer l’action de la France. Dans son rapport annuel publié mi Juin, l'ONG ONE  - cofondée par le chanteur du groupe U2, Bono - dénonce l’incapacité de l’Hexagone à tenir ses promesses sur le montant de l’aide apportée à la réduction de la pauvreté en Afrique(2).

L'ONG se réjouit cependant de la décision du gouvernement français de déployer une nouvelle stratégie pour aider 14 pays d’Afrique sub-saharienne, qui recevront 60% du budget global français consacré à l’aide au développement.

"Si la stratégie est correctement mise en place, ceci devrait améliorer l’efficacité, la prévisibilité et la transparence de l’aide française, explique l’organisation. Cela devrait également permettre aux citoyens français de tenir leur gouvernement pour responsable de ses engagements en terme d’aide, mais aussi d'aider la population africaine à responsabiliser davantage ses dirigeants quant à la manière dont cette aide est dépensée."

La France doit tirer un trait sur ses mauvaises pratiques

Selon l’ONG ONE, "la France peut désormais tirer un trait sur ses mauvaises pratiques et commencer à axer sa politique africaine sur les besoins réels des citoyens africains."

Et le gouvernement, souligne le rapport, doit tenir ses belles promesses "en augmentant l’aide apportée et en la dépensant de manière plus intelligente et plus responsable."

Espérons que le gouvernement français suivra ces recommandations. Seule une observation attentive des réalisations effectives permettra de le vérifier.

En dressant un état des lieux des engagements tenus (ou non) par les gouvernements, cette publication se révèle donc très instructive.

Elle explique ce que font réellement les Etats en matière d'aide au développement, loin des discours de façade. Ainsi, ce rapport démontre, une fois encore, à quel point les ONGs et autres acteurs de la société civile peuvent aider, en demandant des comptes aux grandes puissances mondiales, à renforcer la transparence sur l'utilisation de l'argent public.

 

(1) 0,56% en 2010, 0,7% en 2015).
(2)L'ONG ONE se consacre à la lutte contre l’extrême pauvreté et la maladie, en particulier en Afrique et tient un tableau de bord annuel des engagements pris par les Etats membres du G8 et censés être mis en œuvre.