Guerre au Mali: 230.000 déplacés et une crise humanitaire qui s'aggrave

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Depuis le 11 janvier, une opération militaire française soutient l’armée malienne pour combattre l’avancée des rebelles islamistes au nord du pays.

[Mise à jour du 17 janvier 2013: Une enquête pour crimes de guerre présumés a été ouverte par la Cour pénale internationale (CPI), le 16 janvier. Des groupes armés dans le Nord du Mali sont accusés d'avoir commis des viols, exécutions sommaires et meurtres.]

 

De nouvelles vagues de populations fuient les conflits armés dans le Nord du Mali entre les rebelles islamistes et les forces maliennes soutenues par l’armée française depuis le 11 janvier 2012.

Un an après les attaques rebelles dans le Nord du Mali, le 17 janvier 2012, et la résurgence de la rébellion touarègue, le pays vit au rythme des combats. Le tout, dans un contexte d’instabilité politique et de crise alimentaire.

Radio France International (RFI) résume la crise dans une chronologie interactive.

230.000 personnes déplacées

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de 230.000 personnes seraient déplacées. Par ailleurs, le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (UNHCR) évalue à plus de 145.000 le nombre de réfugiés maliens dans les pays limitrophes (dont 54.600 en Mauritanie, 53.000 au Niger et 38.800 au Burkina Faso).

> La carte du Mali touché par le conflit armé ainsi que les camps de réfugiés installés aux frontières (Source: UNHCR)

La sécurité, obstacle majeur des travailleurs humanitaires

Plusieurs ONG sur place ont appelé au respect des civils et du droit international humanitaire comme Médecins du monde et Médecins sans frontières.

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International, six civils auraient été tués au cours des combats pour le contrôle de la ville de Konna les 11 et 12 janvier. Elle demande "le déploiement immédiat d’observateurs de droits humains".

La sécurité est la première difficulté des humanitaires, d'après Olivier Vandecasteele, responsable de la "Mission Mali" pour Médecins du Monde.

"Nous avons clarifié à l’ensemble des parties du conflit notre mandat humanitaire indépendant et impartial. Nous avons précisé les positions des centres que nous soutenons et l’importance de maintenir l’accès des populations à ces structures de soins. Nous signalons tous nos déplacements, mais nous craignons toujours, malgré tout, que le convoi humanitaire soit pris entre les feux du conflit, même de façon involontaire. L’intensification du conflit armé réduit donc notre mobilité."

Les mouvements de populations amplifient la crise humanitaire

Olivier Vandecasteele décrit à quel point le suivi des personnes nécessitant des soins médicaux est périlleux: 

"La deuxième difficulté, c’est d’assurer la continuité des soins auprès des populations déplacées. En décembre 2012, nous avons admis plus de 400 enfants malnutris sévères dans la vingtaine de centres de santé que nous soutenons au Nord Mali. Le suivi de leur traitement est rendu plus difficile par les mouvements de populations qu’on observe de nouveau depuis la reprise des combats. Les rumeurs de bombardements ont occasionné des mouvements de panique au sein de la population dans la région de Kidal. Des centaines de familles se sont déplacées dans la brousse."

En 2012, de nombreuses ONG et agences des Nations Unies, comme le Programme alimentaire mondial ont réduit considérablement leurs interventions dans le Nord du Mali, comme l’explique l'Irin, l’agence de presse de l’OCHA, en septembre.

Pour venir en aide à ces populations à travers les ONG, le PAM affirme le 15 janvier manquer de 95 millions d’euros. Quant à l'OCHA, elle chiffre l'ensemble des besoins à 277 millions d'euros.

 

Photo: consultation médicale de Médecins du Monde, Région de Kidal, Nord du Mali. Crédit: Véronique de Viguerie.

 

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