Calais, symbole de l'Europe forteresse
Le Danois Carsten Snejbjerg a reçu le Grand prix CARE du reportage humanitaire, au festival Visa pour l’image de Perpignan. Il commente ses clichés pour Youphil.
Des soirées qui réunissent autour d’un verre des jeunes actifs et des associations.
C’est un rendez-vous de jeunes bien mis et souriants, qui discutent engagement sur un air de salsa. Il est 20h et le Zanzibar, dans le XIè arrondissement de Paris, se remplit doucement. Les participants à la première édition de cet « afterwork humanitaire » arrivent par petits groupes ou en solo, décontractés.
Ils prennent place dans la salle du bistrot, se pressent au bar ou investissent le buffet. Au menu, charcuterie, fromage, poulet en sauce. Pour dix euros, les participants ont droit à une assiette garnie et à deux consos. Le but ici est de s’informer sur des projets d’associations et d’ONGs en buvant un verre.
Ce soir-là, les représentants des sept associations partenaires sont installés au fond du bar, quelques plaquettes de présentation devant eux. « Nous sommes intéressés par la mise en lien avec un public de jeunes, qui souhaitent donner de leur temps pour les autres, explique Maggy, de l’association ATD Quart-Monde, dernier partenaire en date. Au delà, rencontrer des jeunes actifs permet de toucher les consciences et à terme de véhiculer nos idées dans les entreprises ».
Qu’il s’agisse d’une grosse structure comme ATD ou d’une micro organisation comme Les Enfants de Hué, également présente, l’objectif est le même : sensibiliser, grâce à l’association TonMonde, organisatrice de l’événement, un public cible, les 20-35 ans.
Marianne fume une cigarette dehors, son verre à la main. Agée de 28 ans, elle a eu vent de cet afterwork par « l’ami de la cousine du petit ami d’une copine ». Le fameux « réseau » des anciens de grandes écoles, type HEC, que TonMonde mobilise. Après une formation de marketing et un job pendant deux ans dans une entreprise de services, la jeune femme a tout plaqué. Envie d’être un peu plus utile. Elle décide alors de reprendre ses études et cette année, elle suit une formation en management de RSE[1] à Créteil. Elle est venue au Zanzibar avec un objectif : rencontrer l’association Agronomes et Vétérinaires sans frontières. Pour, à terme, peut-être, devenir bénévole. « Je leur ai donné mon mail et ils doivent me recontacter pour voir comment mettre à profit mes compétences ».
En maître de cérémonie, Julien Fanon, président de l’association TonMonde, chemise bleu clair et costume sombre, va de groupes en groupes. « Notre idée, au départ, est de mettre en relation les jeunes actifs et les ONGs, afin que les compétences des premiers puissent être mises à disposition des secondes ».
« On avait tous envie de s’engager, sans trop savoir comment, renchérit Amath Tounkara, vice-président. Du coup, on s’est dit que d’autres jeunes actifs seraient sûrement intéressés par une plate-forme permettant de connaître facilement des moyens d’être bénévole ».
Lancée il y a trois ans par des copains tout juste sortis de leur école de télécommunications, l’idée a fait son chemin depuis. Amnesty International, la Fondation Abbé Pierre ou Sports sans Frontières figurent parmi les partenaires.
L’argument phare de TonMonde : la jeunesse de ses fondateurs. Qui savent comment toucher les jeunes actifs, et se sont emparés des outils de leur génération : le web, les réseaux sociaux. Les 145 fans sur Facebook sont tenus informés des événements « décalés », comme celui-ci, que les bénévoles de l’association organisent. « Et à leur tour, ils font passer le message dans leurs réseaux personnels », explique Julien Fanon.
Visiblement ça marche, puisque 85 personnes ont fait le déplacement ce soir-là, malgré la grève. Une réussite qui laisse présager de nouveaux rendez-vous très prochainement.
Commentaires
it's a small world...
Je viens de voir que ce type d'activité est de plus en plus commun: le Groupe SOS, que j'évoquais dans cet article organise aussi ses alter-mardi, dont le dernier en mai avait notamment pour invité... Rock Corp France.