
Près d'une cinquantaine de jeunes se réunissent chaque jour sous un minuscule hangar désaffecté de Kibera, à Nairobi. Ces jeunes - qui préfèrent le nom de «génération positive», expression qui évoque à la fois la lutte contre le sida et cet impératif de vaincre la fatalité - disent «survivre», et veulent «vivre».
Pour cela, ils écrivent, créent des vers, slament, s'organisent pour vendre leurs compétences aux partenaires intéressés, c'est-à-dire, de la création culturelle au ramassage des déchets. Ils s'appellent Killerbeez. Des jeunes qui ne manquent pas de talents!
Au départ, c'est pour ne pas sombrer qu'ils ont commencé à se réunir. Le plus âgé d'entre eux s'est débrouillé pour trouver une place, ce qui est une gageure ici sur une terre où chaque mètre carré peut devenir un enjeu de toute une vie.
Ibrahim, le chairman, a mis seulement quelques semaines pour apprêter un local désaffecté, dans le quartier de Makina. Les autres, avec chacun une fonction particulière, amènent tour à tour radio, poste de télévision, journal, thème du jour, cahier de présence et procès verbal des débats, discussions autour des projets. Car c'est cela qui les unit : les idées, la création et les actions.
Dans les bidonvilles est-africains, les gangs sont principalement criminels, passent leur temps à boire et à fumer.
Chez ce groupe de Makina en plein Kibera, personne ne touche à l'alcool, les stupéfiants sont proscrits. «Chaque jour, nous nous donnons la force pour résister aux tentations, pour rester en bonne santé, pour ne pas céder à la pression et penser à demain. Nous sommes pour beaucoup des sans-famille. Etre ensemble, c'est notre combat pour la liberté».
Presque tous ont été ou sont encore à l'école secondaire, savent qu'ils doivent eux-même forger leur avenir. En attendant, ce sont d'abord des artistes. Ces jeunes étonnent par leurs talents poétiques. Des vrais poètes dont quelques rimes seront présentées prochainement dans cette série de conversations vidéos avec cette génération si, si, positive.











