[Portraits de blogueurs]: Mâa, graine de bénévole

Mâa, jeune blogueuse de Youphil, nous raconte son quotidien avec les enfants de Manille, comme bénévole pour l'ONG Enfants du Mékong.

A l'heure où certains rêvaient de devenir médecin ou pompier, Marie-Agnès, Mâa pour les intimes, s'imaginait déjà s'envoler vers de lointaines contrées pour aider les autres. Et pour cause, la jeune fille baigne depuis qu'elle est toute petite dans le monde de la solidarité. Sa mère était bénévole pour l'association Enfants du Mékong et ses parents parrainent depuis des années des enfants au Viêt Nam et au Cambodge par le biais cette organisation. Alors, lorsqu'elle décide de s'engager à son tour dans cette ONG en tant que volontaire à l'international, c'est un rêve d'enfant qu'elle réalise: "personne n'a été étonné!", plaisante-t-elle.

Son diplôme de travailleur social en poche, elle s'envole à 23 ans pour les Philippines afin de devenir coordinatrice des programmes de parrainage au nord de Manille. Des terres qui lui étaient jusque là inconnues. Si elle reconnaît aisément que Manille n'était pas son premier choix, le charme des Philippines a tout de suite opéré: "c'est un pays qui vous prend très vite aux tripes", témoigne-t-elle.

Des doutes à la joie

A l'autre bout du monde, Mâa raconte sur son blog ses premiers pas en tant que "bambou", nom donné aux bénévoles d'Enfants du Mékong. Ses coups de cœur, ses coups dur, ses doutes... Bref, un moyen pour elle de partager son quotidien avec ses proches pour leur faire comprendre ce qu'elle vit. Mais sa prose lui sert aussi d'exutoire: "ça me fait du bien d'écrire, ça me permet de me décharger de mes émotions", confie-t-elle.

Comme lorsqu'elle a écrit son billet sur "la montagne qui fume". "Il y avait beaucoup d'enfants qui se baignaient dans une eau pleine d'ordures, qui s'amusaient et rigolaient, explique-t-elle. Quand on est pris par toute cette joie de vie, on ne prend pas le temps de réfléchir… C'est une fois rentrée qu'on se rend compte". Pas toujours facile de se prendre en pleine face la dure réalité de la misère. "Mais je n'ai pas envie de pleurer, je veux seulement partager", lâche-t-elle.

Sa première mission en dehors de Manille a été l'heure des premiers doutes. "Je me suis sentie mal à l'aise en voyant les enfants tout joyeux accourir vers moi. Je me suis demandé pourquoi j'étais là et quelle légitimité j'avais", avoue-t-elle. Après cette remise en question, Mâa dit avoir compris l'intérêt de sa mission, qui lui permet d'offrir aux enfants défavorisés de nouvelles perspectives d'avenir.

Elle tente de vivre au maximum son aventure, de s'épanouir et de s'enrichir chaque jour un peu plus: "Je veux mettre à profit cette expérience pour mon futur travail. J'ai découvert ce que c'est qu'un vrai choc culturel, et aussi ce que c'est que d'être immigré".

La jeune fille vient à peine de commencer sa mission de treize mois. Emballée, elle envisage déjà la possibilité de la renouveler.

Photo: Mâa en mission à Buhi / DR