Rapport Boutin: "peut mieux faire"

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer

Bien qu'encore incomplet, le rapport rendu par Christine Boutin à l'Elysée pose les bases d'une réflexion sur l'inventivité sociale de la France, estime Angela de Santiago, directrice générale de Youphil.com.

Inscrit dans la perspective de la présidence française du G20, le rapport intermédiaire sur la dimension sociale de la mondialisation a été remis le 9 décembre par Christine Boutin au Président de la République. Téléchargez-le ici en PDF.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas soulevé beaucoup d’enthousiasme. Si vous souhaitez le lire, débarrassez-vous de tout préjugé éventuel (sur l’opportunité politique pour le Président, sur Christine Boutin, sur la polémique concernant la rémunération liée à cette mission…) et regardez objectivement le résultat de la réflexion et de la consultation de 150 personnalités, économistes, sociologues, philosophes et une grande partie de l’élite pensante de la mondialisation (à l’exception, comme le souligne Pierre Haski de Rue 89 dans son article assez cinglant, de représentants des 4 grands pays émergents, les fameux BRIC).

Objectivement donc, nous sommes restés sur notre faim. S’il est vrai que ces 357 pages ne sont supposément qu’une entrée en matière, il est regrettable qu’on ait confié un sujet d’une telle ambition, à quelqu’un de peu connu pour son expertise des enjeux de la mondialisation. Le rapport se conforte dans un exercice de compilation d’idées, articulant les concepts – universalisation, "commune humanité" -, enfonçant quelques portes ouvertes… et racolant Muhammad Yunus, le "père du microcrédit", pour la photo officielle.

La mission s’est donné malgré tout quelques priorités: les relations sociales en entreprise, la sécurité alimentaire (qui n’est traitée que sous forme de préambule) et la responsabilité sociale des entreprises. Le rapport met en exergue par conséquent le droit à un travail décent, la "réoxygénation" du monde économique avec de nouveaux modèles entrepreneuriaux et une gouvernance mondiale avec une participation des pays défavorisés.

Si la liste des 14 propositions mérite un coup d’œil, on ne peut s’empêcher de voir les contradictions entre celles-ci et la réalité des relations mondiales et du terrain politique national. Afin de ne pas faillir à "la réputation d’inventivité sociale" de la France proclamée dans le rapport et surtout de définir les moyens du changement, il va falloir faire un peu mieux pour le rapport final.

> Dites-nous ce que devrait contenir le volet social de ce rapport selon vous. Pensez-vous qu'il existe une responsabilité sociale des entreprises à la française? Comment la définiriez-vous?

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer