
Le voile est enfin levé. Après des semaines de suspense, la responsable de la nouvelle entité des Nations Unies, l’ONU Femmes, est enfin connue. Il s’agit de Michelle Bachelet. Après quatre années au pouvoir, l’ancienne présidente du Chili a quitté son poste en mars dernier, laissant derrière elle l’image d’une femme dynamique qui a su relever l’économie du pays.
"Je suis sûr que sous sa direction forte, nous pouvons améliorer la vie de milliards de femmes et filles à travers le monde", a déclaré le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, après l’avoir nommée mardi 14 septembre.
Créer le consensus
Toute sa vie, Michelle Bachelet s'est battue pour les droits de l'homme et de la femme. A la suite de la mort de son père dans les prisons de Pinochet, elle s’exile avec sa mère en Australie et en Allemagne. Au retour de la démocratie en 1990, cette militante socialiste regagne son pays natal. Et en 2005, cette médecin fût la première présidente chilienne et la première femme élue présidente au suffrage universel en Amérique du Sud.
A 59 ans, elle devient maintenant la première dirigeante de cette nouvelle agence. Ses expériences dans le secteur de la santé, de la politique et du militantisme lui donnent l’image d’une femme engagée, dynamique et "capable de créer des consensus", comme le soulignait Ban Ki-moon lors de sa conférence de presse.
Sans expérience majeure au sein de l'ONU, elle était la "meilleure candidate" estime Taïna Bien-Aimé. La directrice exécutive d'Equality Now rappelle qu'"elle s'est quand même rendue en Haïti pour l'Unifem, elle a déjà de bon rapport avec les membres de cette agence", constate la .
Agence "pauvre"
Aucune déclaration n’a encore été faite par la concernée sur sa récente nomination. Cette nouvelle agence nommée "Entité de l'ONU pour l'égalité de genre et l'autonomisation des femmes" a été créée le 2 juillet dernier à la suite d’un constat: l’éclatement des quatre agences des Nations Unies destinées aux femmes était une faiblesse. "Ces agences rencontraient énormément de résistance de la part des gouvernements. On espère que cette réunification apportera beaucoup plus d'importance à la condition des femmes, que cela aura un impact concret", explique Taïna Bien-Aimé.
La nouvelle entité, basée à New York, devrait ainsi gagner en efficacité et en visibilité, même si elle fait figure d’agence "pauvre" des Nations Unies. Certes, son budget est plus de deux fois supérieur à celui des quatre agences réunies, avec 500 millions de dollars, mais à titre de comparaison, celui de l’Unicef est de 3 milliards de dollars et celui du PNUD de 5 milliards. "Il est vrai qu'on espère beaucoup plus d'investissement, mais c'est déjà un premier pas très important", estime Taïna Bien-Aimé. Et ce d'autant plus que dans la hiérarchie onusienne, Michelle Bachelet sera au même niveau que les responsables de ces agences.











