Avaaz mondialise la pétition en ligne

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Faire signer des pétitions en ligne ? Qu’ils soient anti-fourrures ou pro-Tibet, voilà des années que des militants relaient leurs revendications sur la toile. Depuis janvier 2007, avec l'ONG Avaaz, Internet devient une arme de persuasion massive. Ce site diffuse en effet ses propres pétitions par mail à travers la planète - contre le réchauffement climatique, pour la paix au Proche-Orient, ou pour la démocratie au Zimbabwe… Or, Avaaz revendique près de 3,4 millions d’inscrits, de New-York à New-Delhi : voilà déjà de quoi faire entendre sa voix.

De fait, en deux ans d’activités, les triomphes ne manquent pas, à en croire la « Voix » (le sens de Avaaz en hindi et ourdou notamment). D’après le directeur de campagne Luis Morago, son site a « aidé à mettre le changement climatique en tête de l’ordre du jour au G8 et à faire évoluer les positions du Japon et du Canada à la conférence de Bali » en décembre 2007, à force de publicités, et de pétitions express.

Dans un bilan trimestriel en août dernier, Avaaz se félicitait aussi d’avoir « aidé à faire adopter le premier traité mondial contre les bombes à sous-munitions » grâce à sa pétition de quelque 160.000 cyber-signatures, qui aurait permis un accord « à la dernière minute». Autre exemple, « les membres d’Avaaz ont offert une aide de plus de 2 millions de dollars après le cyclone qui a affecté la Birmanie »… 

En somme, que le site fasse signer une pétition ou incite à donner en ligne, qu’il apostrophe les médias ou bouscule les décideurs, il constitue « un merveilleux outil pour consolider la communauté mondiale et la démocratie et commence à remporter des victoires significatives », peut-on lire en guise de conclusion dans le bilan estival d'Avaaz.  Euphorique ?

250.000 clics en 36 heures

Mais Avaaz n’est pas la seule à réaliser des pétitions en ligne. Oxfam, Greenpeace, et tant d’autres utilisent ce moyen d'action. «Nous travaillons de près avec ces partenaires », souligne, à Bruxelles, Luis Morago. « Notre modèle est complémentaire des leurs, car nous pouvons nous emparer de n’importe quel sujet extrêmement rapidement. » Le record d’Avaaz est d’avoir rassemblé plus de 250.000 clics en seulement 36 heures pour appeler le président Hu Jintao à la mesure et au dialogue au Tibet…

Cependant, à embrasser les causes tous azimuts, l’ONG peut-elle toujours viser juste ? Cet automne, le site a appelé les dirigeants mondiaux à « prendre les mesures nécessaires afin de corriger les failles et les dysfonctionnements » à l’origine de la crise financière. Superflu, peut-être. Néanmoins, d’après Luis Morago, Avaaz sonde avant chaque action « des experts internationaux clés », ainsi que ses membres, « particulièrement dans les pays concernés par nos campagnes ». Ensuite, l’équipe « teste toutes les campagnes avec de petits groupes », afin de s’assurer de l’adhésion de ses internautes. Avec une quinzaine de salariés entre New-York, Londres, et Rio de Janeiro, Avaaz s’efforce ainsi de porter une « opinion publique mondiale », qu’Internet fait, aujourd’hui, émerger.

En savoir plus :

- Un bilan des deux premières années d’activité d’Avaaz (en anglais)

- Un clip d’Avaaz contre le « choc des civilisations » (en anglais) Le clip a reçu le prix YouTube de la meilleure vidéo politique pour 2007.

 


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