Une bataille est perdue, mais les ONG en sortent renforcées

Le sommet n'est pas encore officiellemenet clos, mais c'est déjà l'heure du bilan pour les ONG. Trois "stars" de l'écologie nous livrent leur sentiment: entre amertume et espoir pour l'avenir.

Ils ont été parmi les plus grands acteurs de la campagne menée par la société civile sous des angles très différents, au sommet de Copenhague. Phil Bloomer, directeur d’Oxfam International, Tara Rowe, conseillère politique du WWF international et Ben Wickler, directeur de campagne d’Avaaz étaient réunis au Fresh air center pour discuter ensemble des leçons et messages à tirer de ce sommet.

Les mines fatiguées, la parole assurée, leur constat est le même: la lutte contre le changement climatique est une guerre.

Une déception générale

"Ce que l’on voit ici à Copenhague va vraiment dans la mauvaise direction" déclare Tara Rowe tandis que Phil Bloomer pointe les incohérences du texte en cours "-50 % en 2050 et 2°C ne sont pas conciliables. Cela peut charmer les gens mais cela ne veut rien dire" - ainsi que ses limites "Nous devons sauver le protocole de Kyoto qui est le seul protocole permettant aux pays riches de tenir leurs engagements".

Le sommet de Copenhague souffre de sa nouveauté

Le sommet de Copenhague n’a pas de précédent. Et il en souffre. Pour Phil Bloomer, "Le problème de cette négociation est qu’elle fonctionne comme une négociation habituelle où chaque pays défend ses propres intérêts alors qu’ici, on négociait un intérêt commun. Les chefs d’Etat sont venus ici sous la pression du mouvement que vous, nous, avons créé tous ensemble. Si les pays riches sont si loin des objectifs, c’est parce qu’ils sont confrontés à leurs objectifs de politique interne, pris dans les intérêts de leurs industrie, du chômage, etc..".
Ben Wiclkler, directeur de campagne à Avaaz, renchérit "Quand vous regardez la position des Etats-Unis aujourd’hui, elle est essentiellement dictée par les lobbies du charbon et du pétrole."
Phil Bloomer pointe la situation délicate dans laquelle se trouve l’Europe après ce sommet "Il n’y a pas eu d’accord entre les leaders. L’Europe européenne va prendre un engagement unilatéral."

La société civile sort renforcée

Pour Tara, Rowe, ce mode de négociation pose un véritable problème de démocratie "Nous parlons de survie et nous ne sommes pas entendus. Mais ce qui est si porteur d’espoir c’est la façon dont, aujourd’hui, nous sommes capables de débattre dans notre diversité, la manière dont nous allons relever ensemble les défis, en dépit des échecs. Ce challenge doit être une opportunité pour tous et pas seulement pour quelques uns. Ma plus grande peur c’est que mes enfants me disent un jour 'tu savais et tu n’as rien fait'. Nous avons tant à faire encore, et nous devons savoir ce que personnellement et collectivement, nous pouvons faire et comment la résilience humaine est possible. Nous devons regarder et porter ensemble cette résilience humaine."

Ben Wickler d’Avaaz enfonce le clou "Nous perdons si nous nous focalisons sur les négociations et non sur les grands objectifs, car le sujet profondément n’est pas technique, il est politique."
Mais les forces de la société civiles croissent et elles sont mondiales. "Dans le monde aujourd’hui, des millions de personnes se sentent solidaires et elles font en ce moment pression sur les dirigeants alors qu’ils sont encore en train de négocier l’accord". Puis il annonce avec une vraie joie "la pétition d’Avaaz, Un vrai accord à Copenhague, vient de remporter 4 millions de signataires supplémentaires en moins de 48h, nous venons de dépasser la barre des 15 millions!"

Si pour eux la bataille est perdue, la société civile en sort quand même renforcée.

Commentaires

Comme si la manière d'aborder ces problèmes n'était pas en lien direct avec ce qui les crée ! Comme si des sommets internationaux et des ONG pouvaient résoudre des problèmes créent eux même par cette méthode de travail ! Comme si une société organisée du haut vers le bas pouvait régler des problèmes issus de ce mode même d'organisation ! Comme si la politique était indépendante de la culture ,elle même indépendante de la production et de la consommation !Comme si l'aménagement du territoire ,la très grande cité ,l'agriculture industrielle , comme si tout cela ne formait pas système ! Y compris ce chapeau international :un sommet !

Comme si le langage était neutre et que de citoyen on soit passé à société civile ! Non tout se tient ,problème et solutions . Tout fait bloc tout fait système ,chaque société a sa logique et ces sommets ne sont pas des solutions mais des problèmes : une société verticale n'est pas durable et vouloir verticalement changer cela est un non sens .
Inversion ou révolution peu importe les termes passe avant tout par un changement méthodologique : partir du bas vers le haut . Et le bas n'est pas "la société civile" mais le citoyen et son représentant dans sa commune ,son quartier ,sur son territoire . C'est de la base ,cette base là , qu'il faut partir ! C'est la multitudes des micros sommets locaux en terme d'interrogation et d'invention de nouveaux modes d'organisations sociétaux qui impulsera un sommet mondial des peuples et des pays .
Mais pour l'heure , les partis politiques et les ONG semblent et de loin préferrer les sommets ,au nom d'un réalisme douteux et d'une urgence sans cesse repoussée.