Les ONG trépignent devant le Bella center

Email this page

L'accès au Bella center, lieu des négociations où se pressent des milliers de personnes, va être de plus en plus réduit pour les ONG.

Depuis le début des négociations de l’ONU sur le climat à Copenhague, les choses sont compliquées du côté des accréditations. Difficile avant le début de sommet de savoir si votre demande va être acceptée, et même après la réponse de l’UNFCCC il est possible d’avoir des surprises.

Ce fut notre cas: malgré un email reçu le 3 décembre confirmant que l’accréditation presse est acceptée pour Anne-Sophie, une fois sur place, pas moyen de négocier. Ce sera une accréditation ONG, point barre. Des amis présents en tant qu’observateurs nous font aussi part de la difficulté à accéder à certaines séances plénières. On les assène de "Closed session, no NGOs". "On a du l’entendre 15 fois depuis le début des négociations" nous confie Alexei Prokopiev, de la Fédération des jeunes verts européens.

En réalité, 45.000 personnes ont demandé une accréditation, soit 3 fois plus que la capacité du Bella Center. Au total, les précieux sésames se répartissent entre 11.500 délégués, près de 23.000 observateurs (essentiellement des ONG), quelque 3.500 journalistes et 7.400 membres du staff technique et sécurité. Dans le Bella center, c’est un véritable ballet entre les salles où se déroulent les négociations, les salles de conférences de presse et les immenses couloirs où on échange, où sont aussi les médias et les stands de certaines ONG.

Or depuis hier, c’est le bazar. La cause? Les négociations entrent dans la dernière ligne droite et les 110 chefs d’état et de gouvernement attendus commencent à arriver.

Gros régime pour les ONG, quelques restrictions pour les médias de la presse écrite

Ainsi, cela fait quelques jours que nous sommes informés des restrictions d’accès: concernant le nombre d’accréditation pour aujourd’hui et demain, les ONG ont du se procurer des "secondary pass". 7.000 personnes ont pu en avoir. Jeudi, ils ne seront plus que 1.000 observateurs à en bénéficier.

Et vendredi, seules 90 accréditations seront allouées. Pour l’accès aux salles plénières, seules 450 personnes y ont accès aujourd’hui, 300 demain et jeudi, et 90 vendredi, selon les sujets de prédilection des organisations. Les espaces dédiés aux ONG seront a priori tous enlevés dès mercredi ou jeudi. Le secrétariat de l’ONU réfléchit à la possibilité d’utiliser les locaux de la Radio Danoise, situés à côté du Bella Center, pour retransmettre les rencontres.

D’après les dernières nouvelles reçues ce matin à ce sujet de l’UNFCCC même, l’ONU réserve l’accès total aux délégations gouvernementales. Elle assure aussi un accès total aux journalistes qui ont été accrédités. Naturellement, tout cela dans la limite des capacités du Bella Center. A noter: pour l’accès à la grande salle plénière (Tycho Brahe), seules 20 TV et 10 photographes seront acceptés. La presse écrite devra se contenter de suivre cela via la retransmission vidéo.

Quelles conséquences pour les ONG?

Depuis le début du sommet, les observateurs des ONG ont pu suivre les nombreux débats des différents groupes de travail, échanger dans les couloirs avec les délégués des délégations, et avec les médias. Aussi la restriction de leur accès a des conséquences sur leur possibilité d’expertise sur les débats et d’influence sur leur évolution. Cette participation est vivement encouragée par la conférence de Rio (article 11) mais il n’est pas obligatoire.

Le règlement de la conférence des parties sur le climat, qui régit le déroulement de la "Cop", permet de suspendre la participation des ONG après vote des parties. En distribuant 22000 accréditations aux ONG, la COP15 a joué le jeu. Après l’annonce de régime brutal annoncé hier, les frustrations, sont très tangibles ici. L’issue des négociations est si incertaine, chaque jour amène tant son lot de modifications et d’évènements que les observateurs des ONG sont d’autant plus réticents à se retirer du jeu.

Mais après la semaine de négociations techniques, demain s’ouvre la dernière phase, politique. Les chefs d’état et de gouvernement viendront accompagnés de certains délégués d’ONG (certains membres d’ONG font partie de la délégation française) et de leur staff de sécurité.

De notre côté, nous suivrons les événements importants –conférences de presse, séances plénières- sur le site Internet de l’UNFCCC. C’est aujourd’hui le meilleur moyen que nous ayons trouvé pour suivre le plus au calme l’avancée des événements.

Comment seront retransmis les débats sur les points précis de l’accord? Quelles stratégies vont développer les ONG sorties du Bella center pour faire peser leur analyse, et émettre leurs positions? Puisqu’elles auront moins l’accès au délégués nationaux, vont-elles tenter d’accentuer leur communication auprès des médias? Quel relai auront-elles si les médias restent majoritairement au Bella center, comme leurs accréditations le leur permettent?

Email this page