Les enfants victimes de la politique migratoire

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Alors que le monde entier célèbre les 20 ans de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE), RESF veut interdire leur présence dans des centres de rétention en France.

Plus d'enfant en centre de rétention, des familles reconstituées, régularisation des enfants qui vont à l'école... Ce sont les principales revendications soutenues par le Réseau Education Sans Frontière, qui a célébré à sa façon les 20 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Ce dimanche, l'organisation a réuni à Paris plusieurs personnalités pour une journée de rencontres autour de tables rondes. Les intervenants sont tombés d'accord sur un constat: la loi actuelle doit changer. En 2008, 230 enfants ont été enfermés en centres de rétention.

Traumatismes

Les pédopsychiatres ont argué que la loi actuelle créé des souffrances psychiques et des traumatismes, et que les enfants des familles sans papiers n’ont pas accès aux soins comme ils le devraient selon la Convention internationale des droits de l'enfant.

Dominique Brengard et Claire Puybaret-Bataille, qui ont initié la pétition "parents sans papiers, enfants en souffrance", ont témoigné des difficultés de la prise en charge des enfants et des familles. Selon eux, cette loi favorise la souffrance et empêche la résilience, les autorités se renvoient les problèmes, alors que l'éthique veut au contraire qu’un médecin soit là pour soigner les enfants, tous les enfants.

Karine,18 ans, a témoigné sur son séjour en centre de rétention, lorsqu’elle avait 15 ans:

- "Ils sont arrivés tôt le matin, à 8 heures."

- "Qui ils?"

- "La police (...). Se dire dans sa tête qu’on est enfermé comme des criminels, comme si j’avais fait quelque chose de mal et en fait, j’avais rien fait de mal."

"Est-il normal d’avoir peur quand on va à l’école?" demande alors le pédopsychiatre Bernard Golse. Puis il évoque la violence, l’abandon, la protection, la culpabilité, la honte et finalement le cynisme d’un gouvernement qui remet en question le poste de Défenseur des enfants (voir ici la chronique de l'ancienne Défenseur des enfants à ce propos).

Justement, Dominique Versini était là. La Défenseure des enfants, ancienne directrice du SAMU social, a témoigné de son indignation face aux enfants placés en centres de rétention ou face aux démembrements des familles.

Aminata Traoré défend les enfants sans-papiers

Dominique Versini a également expliqué que son rôle de Défenseure des enfants - une autorité indépendante - l’amenait à défendre l’intérêt supérieur de l’enfant tel qu’il est défini dans la Convention signée par la France.

La militante altermondialiste (et ancienne ministre de la culture malienne) Aminata Traoré, spécialement arrivée du Mali pour participer à cet événement, a plaidé pour une nouvelle solidarité Nord-Sud, pour la redécouverte des valeurs non marchandes et pour que "partir ne soit plus une obligation pour personne". Espérons qu'elle soit entendue.

>>Retrouvez notre dossier sur les droits des enfants<<

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