En France, la parité fout le camp!

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Comparée à certains de ses voisins européens, la France n’est pas bonne élève en matière de parité. Les choses pourraient même s’aggraver. Il est temps de réagir.

On s’extasie souvent – et à juste titre – devant les politiques sociales des pays scandinaves. Innovants en matière d’égalité femmes-hommes, ils ont su développer des législations et des politiques concrètes en faveur des droits des femmes, notamment concernant la parité.

En 2004, la Norvège a ainsi adopté une loi sanctionnant durement les sociétés qui ne parviendraient pas à un objectif de 40% de femmes dans les conseils d’administration des grosses entreprises. Et cet objectif est aujourd’hui atteint!

18,5 % de femmes députées en France

Quant à la parité politique, les pays scandinaves sont en tête de peloton pour ce qui est de l’Europe. La Suède se place ainsi première avec 46,8 % de femmes dans les pouvoirs législatifs alors que la France se situe à la 19ème position avec seulement 18,5 % de femmes députées.

Pire encore: la France est en train de remettre en cause les acquis de la parité. Ainsi, le projet de réforme territoriale visant à remplacer les conseils régionaux et les conseils généraux par des conseils territoriaux risque fort de faire disparaître la parité mise en place dans les conseils régionaux.

Le problème est complexe. Pour tenter de le dénouer, il faut savoir que les conseils régionaux bénéficient aujourd’hui d’une représentation paritaire, grâce aux lois qui ont acté des scrutins de listes à la proportionnelle avec alternance hommes-femmes, dites « listes chabada ». Un seul bémol: vu que l’obligation de parité ne touchait pas les présidences de régions, il n’y a qu’une seule présidente sur les 22 régions …

La parité, un indice de bonne santé  

Pour ce qui est des futurs conseils territoriaux, la réforme est assortie d’un scrutin uninominal comme pour les élections législatives. Conséquence: la représentation des femmes tomberait à 19,3% de femmes élues selon les projections de l’Observatoire de la Parité.

Bien évidemment, les femmes politiques ne s’y sont pas trompées. Une pétition circule, dans laquelle elles en appellent aux parlementaires pour se battre contre le mode de scrutin proposé par cette réforme, qu'elles estiment contraire à la Constitution.

Le Sénat, avec ses 78,1% de sénateurs hommes, osera-t-il faire barrage à cette régression? Il faut, évidemment, espérer que oui, car la parité entre femmes et hommes dans les instances décisionnaires d’un pays est un indice de bonne santé et de développement durable pour la société. Pour l’instant, la France est donc bien mal en point!

Pour signer la pétition, cliquez ici.  

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