Bonjour,
je ne partage pas tout à fait votre avis.
En effet, il est important de ne pas confondre mécénat et philanthropie : le mécénat se limite à l'exclusion de contreparties directes (contractuelles), se situant donc finalement entre la philanthropie et le sponsoring. Il n'exclue donc pas une certaine "récupération" par le mécène (le rayonnement par le mécénat artistique a fait la renommée des Médicis).
Par rapport à l'intérêt des mécènes, je tiens également à faire un point sur la notion de philanthropie. La philanthropie est pour moi purement théorique, puisque censée être purement désintéressée, mais est-ce réellement possible (cf. théorie du don de M.Mauss) ? Ne cherche-t-on jamais rien en retour, ne serait-ce qu'en terme d'autovalorisation, pour se "racheter une conscience" ou autres...? Sommes nous si différents des entreprises?
Pour en revenir au mécénat et à son régime, il est de même intéressant de souligner que celui-ci n'est pas l'apanage des grandes entreprises : les pme représentent plus de 80% des entreprises mécènes, et nous n'en entendons jamais parler par celles-ci, alors peut-on systématiser l'association du mécénat et de la communication?
Enfin, en ce qui concerne précisément le mécénat des grandes entreprises, bien que leurs montants soient relativement faibles au regard de leurs résultats nets (entre 0,1% et 0,6% en moyenne), je préfère une autre perspective. En effet, imaginons que les actions de mécénat aient un impact réel (quantitatif et mesurable) sur la santé économique d'une entreprise :
- d'une part, il ne faut pas oublier qu'une action en faveur de l'intérêt général a réellement été menée, et donc que l'impact social est positif (en faisant fi de supposées manipulation d'information...). A ce titre là, pourquoi empêcher ces actions?
- ensuite, en cas d'externalités positives pour la société et l'entreprise, il est fort probable d'assister à un effet d'entrainement. Face à un positionnement lisible et positif, les entreprises concurrentes devront réagir, et on pourra espérer alors une spirale vertueuse.
- enfin, dans une période qui se caractérise par sa morosité économique, le mécénat (au même titre que les partenariats entreprises ONG, la RSE etc...) ne seraient-ils pas une alternative au retrait financier de l'état?
Bien qu'il ne soit pas parfait, le mécénat ne doit pas être trop décrié, il cessera, et c'est tout un pent de l'ESS qui perdra une source de revenus nécessaire.
Paris, UNESCO, du 3 au 5 Juin. L’ambition de cette 8ème édition est de fournir les clés de compréhension et d’apporter les solutions qui permettront de "Réussir la transition".
Cergy, 6,7,8 juin. Un événement organisé par l'Essec Business Group et le GRLI (Globally Responsible Leadership Initiative). 200 intervenants du monde entier réunis pour trouver des solutions pour un développement durable.
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Bonjour,
je ne partage pas tout à fait votre avis.
En effet, il est important de ne pas confondre mécénat et philanthropie : le mécénat se limite à l'exclusion de contreparties directes (contractuelles), se situant donc finalement entre la philanthropie et le sponsoring. Il n'exclue donc pas une certaine "récupération" par le mécène (le rayonnement par le mécénat artistique a fait la renommée des Médicis).
Par rapport à l'intérêt des mécènes, je tiens également à faire un point sur la notion de philanthropie. La philanthropie est pour moi purement théorique, puisque censée être purement désintéressée, mais est-ce réellement possible (cf. théorie du don de M.Mauss) ? Ne cherche-t-on jamais rien en retour, ne serait-ce qu'en terme d'autovalorisation, pour se "racheter une conscience" ou autres...? Sommes nous si différents des entreprises?
Pour en revenir au mécénat et à son régime, il est de même intéressant de souligner que celui-ci n'est pas l'apanage des grandes entreprises : les pme représentent plus de 80% des entreprises mécènes, et nous n'en entendons jamais parler par celles-ci, alors peut-on systématiser l'association du mécénat et de la communication?
Enfin, en ce qui concerne précisément le mécénat des grandes entreprises, bien que leurs montants soient relativement faibles au regard de leurs résultats nets (entre 0,1% et 0,6% en moyenne), je préfère une autre perspective. En effet, imaginons que les actions de mécénat aient un impact réel (quantitatif et mesurable) sur la santé économique d'une entreprise :
- d'une part, il ne faut pas oublier qu'une action en faveur de l'intérêt général a réellement été menée, et donc que l'impact social est positif (en faisant fi de supposées manipulation d'information...). A ce titre là, pourquoi empêcher ces actions?
- ensuite, en cas d'externalités positives pour la société et l'entreprise, il est fort probable d'assister à un effet d'entrainement. Face à un positionnement lisible et positif, les entreprises concurrentes devront réagir, et on pourra espérer alors une spirale vertueuse.
- enfin, dans une période qui se caractérise par sa morosité économique, le mécénat (au même titre que les partenariats entreprises ONG, la RSE etc...) ne seraient-ils pas une alternative au retrait financier de l'état?
Bien qu'il ne soit pas parfait, le mécénat ne doit pas être trop décrié, il cessera, et c'est tout un pent de l'ESS qui perdra une source de revenus nécessaire.