Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
La plateforme en ligne "A qui donner" compare les ONG pour rassurer les donateurs. Mais peut-on évaluer des associations comme on le fait avec les prix?
Type d'ONG, montant du don, population visée: autant de critères de recherche que les internautes peuvent sélectionner sur le site à qui donner.com.
Cette plateforme, lancée à la fin du mois de septembre, a pour ambition de devenir le premier "comparateur d’associations", sur le modèle des célèbres comparateurs de prix de billets d’avions ou d’appareils électroniques.
"Mon souhait était de pouvoir rassurer les donateurs potentiels qui ont peu d’argent à cause de la crise et qui ont des doutes sur les associations", explique Véronique da Costa, rappelant qu’un foyer français sur quatre donne à une association caritative.
Cette communicante, qui a créé un comparateur de produits d’assurances, a profité d’une période de chômage pour lancer, toute seule, ce site gratuit.
Hasard du calendrier, cette plateforme a été mise en ligne deux semaines avant la révélation d’une enquête de justice, qui vise dix sept associations caritatives, soupçonnées de détournements de fonds. Jusque là, aucun site ne regroupait des informations détaillées sur le secteur caritatif, à l'image de Charity Navigator aux Etats-Unis.
Sur à qui donner.com, l’internaute peut trouver en quelques clics les associations dont il veut soutenir la cause.
Pour l'instant, le site - à l'audience limitée - se contente de répertorier la soixantaine d’ONG qui se plient aux règles du Comité de la charte du don en confiance, l'organisme de certification des ONG.
Mais Véronique da Costa compte publier les informations d'autres ONG sur la base du volontariat. Deux associations l'ont déjà contactée pour être répertoriées sur à qui donner.com.
Sur Youphil, l'idée fait réagir des lecteurs. "Pour l'instant, le site n'a de comparateur quasiment que le nom", estime Mathieu Dijoux. Une situation qui devrait changer d’ici la fin de l’année, selon Véronique Costa: "ce que je compte proposer un détail de la répartition des dons. On pourra voir quel budget est affecté directement aux actions de terrain, au fonctionnement et à la communication", les trois principaux postes de dépenses des associations (exemple ici).
Mais des voix s'élèvent déjà face à cette initiative. L’exercice de comparaison des ONG est qualifié de "périlleux" par Cyril Cohas Bogey, directeur du Comité de la Charte. En effet, "chaque association a son fonctionnement. Je ne veux pas qu’on se fonde sur un ratio pour dire qu’une association est meilleure qu’une autre", ajoute-t-il.
Autrement dit, difficile de comparer les dépenses d’une ONG qui lutte contre la famine en Afrique avec celle d’une organisation de défense des droits de l’homme par exemple.
Si l’initiative de à qui donner.com laisse dubitatif le Comité de la charte, la direction salue tout de même l’intention de départ de "rassurer les donateurs". Un impératif en ces temps de crise sociale, qui a pour conséquence d'augmenter les besoins des associations.
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Commentaires
nécessaire pédagogie
L'initiative me semble intéressante même si comme l'indique le titre, il y a un risque de tendance philanthro-consumérisme néfaste à la diversité (tout le monde donnera à ceux qui ont les meilleurs résultats, d'où situation de monopole à l'instar de Google sur Internet ...). Il est donc nécessaire d'accompagner la démarche d'un important effort pédagogique. Expliquer notamment que les dépenses de communication ce n'est pas forcément mal!!! Que faut-il préférer : 100% d'un budget de 100 euros en actions terrain ou 90% d'un budget de 1 000 euros obtenu grâce à 6% de dépenses de communication. Personnellement je choisi l'efficacité face à une prétendue vertu d'intégrité!