"Le film qu'Al Gore ne veut pas que vous voyiez"

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Le brûlot anti-environnementaliste "Not evil just wrong" prend pour cible le film d’Al Gore. Exclus des circuits de diffusion traditionnels, ses réalisateurs ont tout fait pour créer le buzz autour de leur documentaire.

Le film est "sorti" ce week-end. Guillemets obligatoires, car les cinémas américains n'ont pas projeté "Not evil just wrong". Et pour cause. Le documentaire est un brûlot anti-environnementaliste, qui dénonce le catastrophisme ambiant autour du climat, et l'accuse de pourrir la vie des honnêtes gens. Il fustige aussi "la désinformation" dont feraient preuve les élites sur le sujet. Politiquement incorrect, donc.

Refoulés des circuits habituels de projection, les réalisateurs – Phelim McAleer, journaliste irlandais habitué des documentaires sur l'environnement et sa femme Ann McElhinney  – ont trouvé un autre stratagème pour diffuser leur film. Pendant plusieurs mois, ils ont encouragé les gens à acheter le DVD en ligne et à organiser leurs propres projections. Chez eux, mais aussi dans des locaux associatifs, des églises ou n'importe quel lieu pouvant accueillir des spectateurs. Il était possible d'acheter un "pack premiere party" contenant en plus du DVD une affiche, des invitations à envoyer à ses amis et même... un tapis rouge. Le film était aussi disponible sur internet, dimanche à 20h pétantes, pour donner l'illusion d'une "vraie" sortie officielle. Une première qui se serait déroulée - selon les chiffres, invérifiables, de la production – dans 7 000 lieux et aurait concerné 400 000 spectateurs. Trois projections auraient eu lieu en France.

Pour se faire connaître et réussir l'opération, l'équipe a eu recours à plusieurs stratagèmes, dont voici les trois principaux.

1 / Surfer sur la mode Michael Moore

"Not evil just wrong" se place dans la droite lignée des "Farenheit 9/11" et autre "Super size me". Des films à grand succès qui ont offert une nouvelle jeunesse aux documentaires engagés. Si traditionnellement, ce type de films relève surtout de l'idéologie de gauche, les temps changent... Et le documentaire des Irlandais Phelim McAleer et Ann McElhinney en est un exemple parfait. Réalisé en trois ans, avec un budget limité d'un million de dollars, il reprend, quasiment à l'identique, des éléments narratifs propres à Michael Moore, comme l'utilisation détournée de vieux films ou de dessins-animés.

2 / S'en prendre à une célébrité

Le sexe fait vendre. Les célébrités aussi. A défaut de la première option – pas vraiment en accord avec le sujet traité – les réalisateurs ont opté pour la seconde. En choisissant une cible de choix: rien de moins que le Prix Nobel de la paix Al Gore et son film "Une vérité qui dérange". Le documentaire se base sur les erreurs factuelles supposées du film aux deux Oscars et fustige la campagne de "désinformation" de l'ex-candidat à la présidentielle américaine. Il y a déjà là de quoi buzzer. Mais pour réussir son coup jusqu'au bout, Phelim McAleer a trouvé le moyen de prendre Al Gore a parti en direct devant les caméras, lors d'une conférence de la société des journalistes environnementaux. Et ce, une semaine avant la "sortie" du film. Phelim McAleer l'a interpellé sur les erreurs du documentaire, Al Gore a été décontenancé. L'échange fut diffusé par les grandes chaînes CNN et Fox News et fut largement relayé sur le web...

3 / Jouer les martyres

"Le film qu'Al Gore et Hollywood ne veulent pas que vous voyiez": les réalisateurs ont trouvé le slogan idéal pour piquer la curiosité du public et flatter les adeptes de la théorie du complot. "Prenez part à la résistance!" exhortent-ils sur le site officiel du film. "Avec votre aide, nous pourrons surpasser les barrières de la distribution qu'Hollywood et les grands médias ont dressées pour vous empêcher d'entendre la vérité". Pour eux, si le film n'a pas sa place dans les salles obscures, c'est uniquement qu'il divulgue une vérité qui dérange bel et bien cette fois ci. Il s'agirait d'un pur boycott. Un moyen efficace de faire de la promotion: pour eux, ce "boycott" donnerait raison aux accusations portées par le film...

 

La bande-annonce de "Not evil just wrong":
 

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