Mon cher détenu…
Des centaines de Français correspondent avec des prisonniers qu’ils n’ont jamais rencontrés. Un moyen pour ces derniers de maintenir un lien avec l'extérieur.
Zoom sur la multiplication des fermetures de centres IVG à l’occasion de la manifestation nationale pour les droits des femmes.
Combien de femmes sont confrontées à la question de l’avortement? Impossible de répondre précisément à cette question. On estime cependant qu’une femme sur trois aurait eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) au cours de sa vie. 209 000 avortements ont eu lieu en France en 2008, un chiffre qui n’a pas bougé depuis 30 ans. Il faut se rendre à l’évidence; l’IVG reste, qu’on le veuille ou non, un moyen encore couramment utilisé pour mettre un terme à une grossesse non désirée.
En 1979, la loi a imposé à chaque hôpital public de créer en son sein une structure pour pratiquer les IVG, et cela même en cas d’opposition du chef de service en gynécologie. A Paris, l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) les a souvent implantés au sein des services de maternité.
Où en sommes-nous aujourd’hui? En Ile-de-France, où sont réalisés 25% des avortements en France, le nombre de centres IVG est passé de 176 à 126 entre 2000 et 2005. Depuis, une vingtaine d’entre eux a encore disparu, alors même que le Conseil régional d’lle-de-France a mis en place une politique spécifique comprenant un soutien en investissement pour les centres dédiés à la contraception et à l’avortement. Pourtant, les hôpitaux ne font pas appel à ce dispositif et continuent à fermer leurs centres IVG!
Aujourd’hui, en Ile-de-France, les femmes doivent attendre au minimum 3 semaines, faute de place, pour obtenir une IVG dans le secteur public. Les conséquences sont lourdes :
- la moitié des IVG sont réalisées dans le secteur privé dont les tarifs sont en général plus élevés, et qui parfois refuse les mineures ou les femmes étrangères sans papiers.
- des femmes sont obligées de partir à l’étranger pour avorter, faute d’avoir trouvé une place dans les délais légaux en France.
Comment en est-on arrivé là? C’est probablement la conjugaison de deux facteurs: d’une part, la Révision Générale de Politiques Publiques affecte l’organisation des hôpitaux, entraînant la fermeture des services de proximité et le regroupement au sein de grands pôles spécialisés. D’autre part, la loi Hôpital Patients Santé et Territoires qui fait entrer le secteur public dans une logique comptable et a pour conséquence de prioriser les actes rentables. Or la tarification des IVG ne rend pas attractive l’implantation de centres IVG dans les établissements publics.
Face à ces fermetures, les féministes montent au créneau. Exemple cette semaine, le collectif Droits des Femmes du 20ème arrondissement de Paris a occupé le hall de la maternité de l’hôpital Tenon. Depuis mai 2009, 3 centres d’IVG en Ile-de-France ont cessé de fonctionner: Jean Rostand, Broussais, Tenon et bientôt Avicenne. Or, ces quatre structures réalisent 2 800 IVG par an sur les 12 000 pratiquées à l’AP-HP.
Le directeur de l’Hôpital Tenon, Monsieur Gonin, et le chef du service gynécologie-obstétrique, Monsieur Uzan, ont expliqué au collectif que les femmes sont orientées vers la maternité de l’hôpital Saint-Antoine, qui elle-même sera bientôt déplacée vers un grand pôle à Trousseau dans un souci de modernisation et d’efficacité des services.
Le Collectif Droits des Femmes du 20ème arrondissement a finalement suspendu son occupation mais maintient ses revendications. Alors que les féministes célèbrent le 40ème anniversaire du Mouvement de Libération des Femmes, il semble que le droit effectif à l’avortement et à la contraception ne soit toujours pas gagné en France!
Manifestation nationale pour les Droits des femmes le samedi 17 octobre à l’initiative du CNDF (Collectif national pour les Droits des femmes) et de Femmes Solidaires, à 14h30 place de la Bastille à Paris.
Commentaires
3 semaines d'attete pour une
3 semaines d'attete pour une IVG? Est-ce possible? Quand on sait que ces pratiques sont souvent pratiquées dans une certaine urgence, c 'est scandaleux, ma nièce a du subir l'opération en Belgique, il n'y avait pas de place disponible dans le Nord
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