Si vous avez 1 million d'euros à donner...

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Leur travail? Conseiller, orienter, guider les (très) grosses fortunes éprises de générosité. Les conseillers en philanthropie semblent épargnés par la crise, depuis le début des années 2000, ils ont de plus en plus de clients.
La raison: le don est à la mode chez les grandes fortunes bâties sur l'euphorie financière des années 1990. Sur le modèle de Bill Gates, le patron de Microsoft à la tête d’une riche fondation,des millionnaires européens se mettent alors à la philanthropie.

Même si on ne connaît pas leur identité - beaucoup veulent rester discrets - on sait que les clients des cabinets de conseils en philanthropie sont des grandes familles, des businessmen, parfois sans héritiers, ou des fondations d’entreprises.

Des croyances religieuses, des convictions militantes ou encore une histoire personnelle les poussent à donner. Parfois les riches donateurs veulent aller "au-delà du chèque", selon le jargon. Ils vont jusqu'à entrer dans les conseils d'administration des ONG. C'est là qu'interviennent les conseillers en philanthropie.

Psychologie et réseaux

Pour exercer ce métier, il n'existe pas de formation spécifique. Le plus souvent, les conseillers en philanthropie sont à l'origine banquiers, économistes ou juristes. Certains viennent du milieu des ONG.

Jérôme Kohler résume son métier en un exemple: "Si vous avez 1 million d'euros à consacrer à l'aide aux enfants, nous allons voir si votre projet est utile, raisonnable et auprès de qui."

Il dirige la Société d'initiative philanthropique qui a accompagné la création de 50 fondations depuis 2001.

Pour lui, le métier requiert une qualité d'écoute, du savoir faire et des réseaux. Des compétences chèrement payées: les conseillers en philanthropie sont généralement rémunérés sur la base "de prestations journalières de 1500 euros hors taxes, avec des ajustements forfaitaires lorsque le travail s'étale sur la durée", selon Jérôme Kohler.

Clientèle restreinte

Leurs clients - les grands donateurs - ont un point commun; ils sont riches et veulent donner beaucoup. Exemple: les donateurs qui souhaitent se faire conseiller par le cabinet suisse en philanthropie Wise, doivent consacrer au minimum 200 000 euros de dons sur trois ans.

L'argent va à des associations ou des entrepreneurs sociaux dans des domaines aussi divers que l'accès à l'emploi des jeunes défavorisés ou la protection de la faune.

Vu les montants engagés, la clientèle est évidemment restreinte. "Nous suivons une quinzaine de familles et de donateurs particuliers à ce jour, explique Etienne Eichenberger, qui codirige ce cabinet fondé en 2004. Nos prestations sont un service de niche dans ce secteur mais répondent à une attente claire d'indépendance et d'expertise".

En Europe continentale, il n’y a qu’une quinzaine d’agences de conseil en philanthropie, mais le secteur se porte bien.

"Il y a une explosion du nombre de gens qui créent des fondations", constate Jérôme Kohler, membre de l'Association européenne de philanthropie. Preuve que le métier a de l'avenir devant lui, une chaire de philanthropie européenne devrait voir le jour cette année.

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