L’innovation sociale enfin à l’honneur

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Seulement, cela se passe… aux Etats-Unis.

L’innovation sociale vient enfin de voir son impact sur la société reconnu officiellement et de se voir allouer des moyens pour se développer! Seulement, cela se passe … aux Etats-Unis.

Désireux de combattre la crise économique par tous les moyens et très sensible à ses méfaits sociaux, Barack Obama veut notamment permettre la promotion et le développement des solutions les plus novatrices mises en place par des associations et entreprises à vocation sociale.

Cette crise qui, comme toujours, frappe d’abord les plus faibles et les plus démunis, va-t-elle amener la même prise de conscience en France?
La Maison Blanche avait confié dès le printemps la tâche de créer un Conseil pour l’Innovation Sociale à Michele Jolin (ancienne collaboratrice, et toujours conseillère, d’Ashoka). Et c’est un Fonds pour l’innovation sociale, doté à son démarrage de 50 millions de dollars, que le président a annoncé pour début 2010.

Objectif: permettre aux organisations sans but lucratif innovantes de lancer le financement de leur développement. Et déclencher un abondement financier durable de la part du secteur privé. Critères de sélection des organisations : un impact social fort et l’aptitude à développer rapidement leur activité.

Même l'Union Européenne s'y met

Au niveau européen, même Manuel Barroso, taxé de "libéral pur et dur", a lancé en début d’année une grande réflexion pour stimuler l’innovation sociale. Il a noté qu’un large éventail de domaines était concerné, comme les nouveaux modèles de protection de l'enfance, les réseaux sociaux fondés sur la technologie Web, les soins aux personnes âgées, la réduction des émissions de carbone, l'accompagnement des jeunes…

La Commission entend continuer à soutenir ce type d’innovation, par le biais notamment des fonds structurels, et encourager l’échange de bonnes pratiques. Parmi les 27 pays, la Suède et le Danemark sont nettement en tête dans le domaine, mais la Grande-Bretagne développe un "Laboratoire d’Innovation Sociale" dans le Kent, et au Pays Basque espagnol se monte une "Silicon Valley de l’Innovation Sociale".

Et en France? Le politique, au sens large, apparaît peu concernée par la question. Si l’innovation a été érigée parmi les priorités nationales pour aider à sortir de la crise, rien n’est dit de l’aspect social qu’elle peut (et doit) revêtir dans la période très grave que nous vivons. Alors que, face au décuplement des besoins, des initiatives existent un peu partout localement, le soutien public se fait plus rare, voire inexistant.

L'Etat doit s’investir

Pourtant, comme nous le notions en juillet, il est indispensable de faire changer de dimension toutes ces entreprises à objectif social, dont les créateurs s’épuisent souvent dans une lutte quotidienne pour leur survie au lieu de se concentrer sur leur expansion!

Nous pensons notamment à la création de pôles de compétitivité axés sur l’innovation sociale, sous les auspices des pouvoirs publics ainsi que d’investisseurs privés. Leur coût serait peu élevé par rapport à la "casse sociale" qu’ils permettraient d’éviter et aux graines de compétitivité qu’ils planteraient.

Reconnue au même titre que les autres formes d’innovation, l’innovation sociale doit ouvrir droit aux mêmes avantages (garanties d’emprunt, crédit d’impôt recherche, etc…). Et l’Etat doit se doter d’outils ambitieux du type Fonds Stratégique d’Investissement pour l’innovation sociale, à la mesure des enjeux actuels!

Comme l’a dit M. Barroso: "la crise […] a encore accru l’importance de la créativité et de l'innovation en général, et de l'innovation sociale en particulier, comme facteurs de croissance durable, de création d’emplois et de renforcement de la compétitivité". Qu’attendons-nous?

Pour lire la précédente chronique d'Arnaud Mourot, cliquer ici:

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