Tout ce qu’il faut savoir sur la révision de la norme ISO 14001

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Avec plus de 300.000 utilisateurs dans le monde, l’ISO 14001 est l’une des certifications les plus populaires. Sa version 2015 définitive a été adoptée en septembre dernier. Retour sur cette norme d’application volontaire au service de la performance environnementale des entreprises.

Qu’est-ce que l’ISO?

Depuis 1947 l’ISO, organisation non gouvernementale, élabore des normes internationales applicables à différents secteurs: agriculture, construction, transport, santé, environnement, sécurité… Elle est constituée de 166 membres, représentant chacun un pays. En France, cette mission est confiée à l’Afnor. La certification se fait par des organismes externes et non par l’ISO elle-même. Tout type d’organisation peut être certifiée, qu’il s’agisse d’entreprise, de collectivité locale ou d’ONG. Son application est généralement volontaire, toutefois les pays peuvent les rendre obligatoires par voie réglementaire.

Qu’est-ce que l’ISO 14001?

Née en 1996 avec la prise de conscience des conséquences des activités économiques sur la planète, l’ISO 14001 guide les organisations pour les aider à identifier et maîtriser leur impact environnemental. Sans imposer des objectifs chiffrés de moyens ou de performances, elle donne aux organisations les outils nécessaires. "On parle d’exigences, explique Erwan Chagnot, expert de l’Afnor mandaté pour la révision. En quelque sorte, la norme donne des figures imposées en matière d’organisation et de management. C’est donc à chaque entreprise en fonction de ses enjeux et son ambition de définir ses objectifs de performance. Le point fondamental, c’est l’engagement de la direction. Elle doit rédiger une politique et la signer!". Celle-ci se traduit à travers la mise en place d’un plan d’action: le "système de management environnemental" (SME).

Quel est le prix de la certification?

La certification, valable pour trois ans, est délivrée en France par des organismes accrédités par le Cofrac. L’Afnor facture en moyenne entre 1200 et 1300 euros la journée d’audit. La durée de l’audit diffère en fonction de la taille et de l’entreprise. "Pour une PME industrielle de taille moyenne d’environ 100 salariés, il faut compter quatre jours d’audit la première année, estime Erwan Chagnot. Un audit de suivi est réitéré chaque année, qui dure entre deux et trois jours. Ce qui fait un total, sur trois ans, d’une dizaine de jours d’audit".

Pourquoi une révision?

L’ISO prévoit une révision des normes tous les cinq ans. Cependant, si la modification ne paraît pas pertinente, rien n’est opéré. La dernière révision de l’ISO 14001 date ainsi de 2004. "Il s’agissait de modifications mineures. Donc, depuis 20 ans, l’ISO 14001 n’avait pas beaucoup changé. Or, le monde économique est en mutation face à l’accélération de la concurrence, les préoccupations des consommateurs, le changement climatique, la volonté de préserver les ressources naturelles, la biodiversité, etc.", note Erwan Chagnot.

En 2013, un comité technique d’ISO a conduit une enquête [pdf] sur les avantages et améliorations de l’ISO 14001 à laquelle ont répondu 5000 organisations dans 110 pays. L’intérêt de l’ISO 14001 y est reconnu comme moyen efficace pour répondre aux exigences légales, améliorer la performance environnementale ou renforcer l’engagement des managers et des employés. Les résultats indiquent cependant une marge d’amélioration possible quant au dialogue avec les parties prenantes et avec les fournisseurs. De nouveaux enjeux primordiaux sont aussi clairement identifiés tels que la réduction de la pollution, l’éco-efficacité et l’approche du cycle de vie des produits et services.

Quels seront les grands changements?

Quatre évolutions notables:

1. La "priorisation" des enjeux de l’entreprise. La politique environnementale devra agir sur les enjeux majeurs qui concernent l’entreprise (recyclage des déchets pour une entreprise du secteur du nucléaire par exemple, plutôt que le tri des cartons).

2. L’implication plus forte des dirigeants. Ils devront prendre en compte les critères environnementaux dans la stratégie globale de l’entreprise, pas de façon annexe, pour ainsi prioriser les risques et les opportunités.

3. La prise en compte de l’ensemble du cycle de vie des produits et services. L’entreprise devra faire des efforts tout au long de la chaîne de production, soit en agissant directement sur les éléments dont elle a la maîtrise (matière première, par exemple), soit sur ceux qu’elle peut influencer (fournisseurs, par exemple).

4. La mise en place de critères de mesure de performance. Pour compenser un manque d’ambition reproché à la version précédente, la nouvelle mouture demande aux entreprises de définir des critères de mesure et d’évaluation. Ils devront être communiqués aux parties prenantes pour plus de transparence.

Les organisations certifiées ISO 14001 version 2004 disposeront d’une période de trois ans à compter de la publication de la nouvelle version, en septembre 2015, pour se mettre à jour. 

 
Cet article a initialement été publié en janvier 2015 dans la Lettre professionnelle "Tendances de l'innovation sociétale".
 
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