Le boom des fondations européennes

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À l’occasion du Forum national des associations et fondations (FNAF), qui s'est déroulé le 21 octobre 2015, retour sur le boom des fondations européennes.

La philanthropie européenne est un secteur très dynamique. C'est ce qu'ont révélé l'Observatoire de la Fondation de France et le CerPhi, dans leur étude [pdf] sur les tendances de la philanthropie en Europe, publiée en avril 2015. Les rapporteurs ont analysé dix pays: l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse.

Une croissance généralisée

En trente ans, la progression de la culture philanthropique et les évolutions du cadre juridique et fiscal ont permis une explosion du secteur. En Suisse, en Espagne ou en Belgique, la majorité des fondations ont moins de vingt ans. Tandis qu’en France, entre 2001 et 2014, le nombre de fondations a connu une croissance de 300%.

L’Allemagne, la Pologne et l’Espagne sont les pays qui ont le plus de fondations. Seules 3691 fondations sur les 106.644 fondations européennes sont françaises, soit 3%. Des chiffres qui s’expliquent, d’une part, par la complexité et la méconnaissance des dispositifs et, d’autre part, par la prédominance du secteur associatif déjà très structuré et professionnel.

Un poids économique de taille

Les fondations italiennes détiennent le plus grand réservoir de capitaux philanthropiques avec 90 milliards d’euros d’actifs, suivies des hollandaises (80 milliards d'euros) et des allemandes (70 milliards d'euros). Cinq pays se répartissent 82% des 427 milliards d’euros capitalisés par les fondations européennes: l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni. Des pays, où des grosses fondations ont été développées par la volonté de grands donateurs privés, d’entreprises ou de particuliers.

Il existe d’importantes inégalités dans la répartition des actifs entre fondations: une part importante des actifs est détenue par un petit nombre de fondations, comme le Wellcome Trust, au Royaume-Uni, qui détient 30% des actifs européens (16,5 milliards d’euros). Avec 22,9 milliards euros d’actifs, la France est dans le bas du classement. Ce qui n’empêche pas ses fondations d’être parmi les plus dynamiques: ce sont celles qui engagent le plus de dépenses annuelles, soit en moyenne plus de 2 millions d’euros par an et par fondation.

Les Européens, des donateurs inégaux

L’Europe compte 149 millions de donateurs, soit 44,3% de la population. Un donateur sur cinq est anglais et près d’un donateur sur cinq est français. Avec 28 millions de donateurs, le Royaume-Uni est en tête, suivi de la France (plus de 25 millions). Mais, les pays qui comptent le plus de donateurs ne sont pas toujours ceux qui rassemblent le plus de dons. C’est le cas de la France qui ne rassemble que 9% des dons européens, soit 1,8 milliard d’euros. La population britannique reste la plus généreuse avec 11,5 milliards d’euros de dons, soit près de la moitié du total des dons européens qui s’élève à 24,4 milliards d’euros.

 
Cet article a initialement été publié en avril 2015 dans la Lettre professionnelle "Tendances de l'innovation sociétale".
 
Crédit photo: Dan Fornal/Flickr.
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