COP21: Les actus qu'il ne fallait pas manquer

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À moins de deux mois de la conférence de Paris, voici notre sélection d’actualités spéciales COP21.

Australie, Canada et États-Unis mauvais élèves

Comment juger les engagements climatiques des plus gros émetteurs? À moins de deux mois de la COP21, et alors que la plupart des pays viennent de rendre leurs contributions nationales (leur Intended nationally determined contribution ou "INDC" dans le jargon onusien), notre contributeur Thibault Laconde s’est livré sur son blog à une série de calculs pour les dix plus gros émetteurs de la planète. "L’analyse de ces documents permet de calculer les émissions de gaz à effet de serre de chaque pays en 2030 et de dessiner la géopolitique du carbone pour les 20 ans à venir", précise-t-il. En 2030, les plus gros émetteurs seront par ordre d’importance: Chine, Inde, États-Unis, Union Européenne, Indonésie, Japon, Russie, Brésil, Canada et Australie. Mais comme le démontre Thibault Laconde, le classement est bien plus intéressant si l’on prend les émissions par habitant. Il apparaît alors que l’Australie, le Canada et les États-Unis seront toujours les pays avec le plus d’émissions par habitant. Dans ce Top 10, seules l’Union Européenne, la Russie et le Brésil parviendraient à diminuer leurs émissions par habitant.

2,7 degrés

C’est l’ampleur du réchauffement climatique qui s’annonce à l’horizon 2100, si les plans d’action soumis par les différents pays entraient en vigueur, d’après le Climate action tracker (CAT). L’amélioration est de 0,4 degrés Celsius depuis la dernière conférence des Parties en décembre 2014, à Lima, grâce aux contributions de la Chine (qui prévoit un pic de ses émissions autour de 2020) et des efforts de l’Inde. Malgré tout, l’objectif des deux degrés n’est donc pas en passe d’être atteint, à moins que les États ne révisent leurs contributions, souligne le CAT.

La Suède, nation sans pétrole en 2050?

546 millions de dollars, c’est ce que la Suède prévoit d’investir l’année prochaine dans des mesures de transition énergétique (énergies renouvelables, transports durables, smart grids et stockage électrique). Le pays va multiplier par huit ses investissements dans le solaire photovoltaïque entre 2017 et 2019. Selon le média financier Bloomberg, les deux tiers de l’électricité générée par le pays provenaient l’année dernière de sources décarbonées (la France étant à un tiers). Même si le pays n’a pas fixé de date butoir pour devenir un pays sans pétrole, Bloomberg estime que sa capitale Stockholm y parviendra en 2050. Outre l’hydroélectrique, la Suède reste néanmoins dépendante du nucléaire à 40%.

Le Bhoutan, pays de la neutralité carbone

Le pionnier du "bonheur national brut" continue à étonner. Le Bhoutan peut se targuer de séquestrer davantage de carbone qu’il n’en émet: alors qu’il dégage 1,5 million de tonnes de CO2 annuellement, ses forêts en absorbent 6 millions de tonnes. Pour le Carbon action tracker, le Bhoutan est le seul pays "modèle" en matière climatique, puisque si tous les pays suivaient son exemple, le réchauffement climatique serait contenu en deçà des deux degrés. Le pays, qui doit tout de même encore progresser sur de nombreux points (dépendance à l’agriculture importée, conversion aux véhicules électriques laborieuse...) a dédié une partie de sa constitution à l’environnement. Il s’est aussi fixé comme objectif une agriculture 100% biologique d’ici à 2020 et de produire zéro déchet à horizon 2030. What else?

Les leaders de l’industrie agroalimentaire aux États- Unis s’engagent

Mars, General Mills, Unilever, Kellogg Company, Nestlé USA, New Belgium Brewing, Ben&Jerry’s, Clif Bar, Stonyfield Farm et Danone USA: les leaders de l’agroalimentaire aux États-Unis demandent un engagement de la part des nations lors de la COP21. Sous la bannière de l’ONG Ceres, elles déclarent dans une lettre ouverte "le changement climatique est mauvais pour les fermiers et l’agriculture. Sécheresses, inondations, et des températures plus chaudes menacent les réserves mondiales de nourriture et contribuent à l’insécurité alimentaire". On peut certes se réjouir que des entreprises concurrentes s’accordent sur la nécessité d’agir face au changement climatique, dans un pays où l’un des candidats à l’investiture républicaine Donald Trump dit voir dans celui-ci un phénomène météorologique. Mais cette déclaration reste très vague, et n’indique pas vraiment quel type d’engagement ces multinationales comptent mettre en place.

 
Cet article a initialement été publié en octobre 2015 dans la Lettre professionnelle "Tendances de l'innovation sociétale".
 
Crédit photo: Nicola Jones/Flickr.
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