L’Alliance pour l’éducation: une nouvelle approche du collège

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L’école, c’est le lieu de tous les possibles, celui du savoir et de l’émancipation. Ça, c’est quand tout va bien. Quand c’est plus compliqué, l’école peut être aussi cet amplificateur bien connu d’inégalités sociales. Mais le décrochage est un processus qui se développe tout au long de la scolarité. L’idée centrale est donc de travailler en amont. De faire de la prévention durant toute la durée du collège avec les enfants repérés à risque, et d’impliquer tous les acteurs investis autour de l’élève.

Le projet l’Alliance pour l’éducation est né en 2013, avec l’objectif de fédérer des entreprises motivées pour s’engager auprès des acteurs de terrain et des associations. Onze mécènes -grandes sociétés et fondations- ont construit ensemble, et co-financent ce programme global. "L’Alliance fournit aux élèves un accompagnement très rapproché jusqu’au brevet, explique Laurence Piccinin, déléguée générale de l’association. Nous les aidons à gagner en autonomie, pour raccrocher aux apprentissages et définir leur orientation de manière positive".

Le choix de l’interlocuteur

Onze collèges d’Ile-de-France situés dans des zones prioritaires ont été choisis pour participer à l’expérience et 250 élèves sont soutenus individuellement. Autour d’eux, les solutions sont envisagées de manière transversale. L’Alliance pour l’éducation mise sur la complémentarité des acteurs et le partage de leurs expériences. C’est ce qui fait toute la force du projet: entreprises, associations, parents et enseignants ont accepté de jouer le jeu pour offrir aux enfants le choix de l’interlocuteur. "Il faut des alliances car rien ne dit a priori ce qui sera le plus utile pour un élève qui est un individu", pointait Anne Armand, inspectrice générale de l’éducation nationale, dans le cadre de la Journée du refus de l’échec scolaire, le 23 septembre.

L’action se décompose en quatre volets. Les associations assurent le tutorat des élèves les plus fragiles et incitent les familles à s’engager dans le parcours de leur enfant. Des sorties et des séjours rythment l’année. Enfin, à l’échelle de la classe, des interventions bénévoles de salariés des entreprises partenaires permettent d’ouvrir les horizons et de découvrir de nouveaux codes.

Recréer de l’appartenance

Par cette démarche, il s’agit d’entretenir le sentiment d’adhésion et d’appartenance vis-à-vis de l’école plutôt que la méfiance. Dans une enquête réalisée au printemps 2015 par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), 9% des collégiens affirment "ne pas se sentir très bien" ou "pas bien du tout" dans leur établissement, et 6% disent ne se sentir en confiance "avec aucun professeur". Ces chiffres soulignent l’importance d’expérimenter de nouvelles interactions.

"La force de ce dispositif tient au suivi sur plusieurs années. Le lien se tisse de la cinquième à la troisième et évolue au fil du temps en fonction du groupe et des partenaires", analyse Daniel Berachategui, proviseur du collège Jean Lurçat à Sarcelles. "Par ailleurs, les élèves sont sélectionnés à l’issue d’un entretien individuel, c’est très gratifiant pour eux d’intégrer le programme. Ils savent que beaucoup de moyens sont mis à leur disposition. L’an dernier, douze enfants de cinquième ont participé à un travail sur la philosophie avec un comédien, et ils ont proposé des lectures au théâtre de l’Odéon en fin d’année. C’était une action très intéressante pour donner de la continuité au savoir. Ça permet de trouver du sens à l’école".

Les collégiens sont d’ailleurs les premiers demandeurs d’une plus grande collaboration entre leur établissement, les parents, et les institutions. Au moins 54% des élèves interrogés expriment ainsi le sentiment qu’il n’y a pas assez d’intervenants extérieurs dans leur collège. Près de 40% aimeraient voir les parents plus impliqués dans la vie de l’école et invités à participer à ce qui s’y passe. L’Alliance pour l’éducation devrait donc trouver un écho favorable auprès des 200 nouveaux élèves en passe d’intégrer le dispositif en 2015/2016. Première expérience de mécénat collectif, elle devrait à terme être étendue à de nouveaux territoires, notamment en zone rurale.

Avec la   , partenaire de la rubrique Mécénat.

 
Crédit photo: John/Flickr.
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