Diminution des inégalités et de la pauvreté en France, oui mais…

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Les inégalités et la pauvreté ont enregistré un léger recul en France, en 2013 par rapport à l’année 2012. Voilà ce qui ressort de l’étude de l’Insee sur "les niveaux de vie", parue le 22 septembre 2015.

D’après l’institut national de la statistique et des études économiques, ce repli est "d’une ampleur inobservée depuis 1996" et permet de revenir à des niveaux proches de ceux d'avant la crise de 2008. Une baisse encourageante donc, mais qui ne doit pas voiler quelques disparités.

Globalement, pauvreté et inégalités refluent…

Pour constater le repli des inégalités, à savoir la réduction de l’écart entre les personnes les plus riches et les plus pauvres, l’Insee utilise deux indicateurs: l’indice de Gini et le rapport interdécile. Le premier mesure entre 0 et 1 la répartition des revenus au sein d’une population: "0 correspondant à l’égalité parfaite […], la valeur 1 à l’inégalité extrême", précise l’Insee. D’après cette méthode, l’indice de Gini en 2013 se situe à 0,291, contre 0,305 en 2012. Le rapport interdécile, quant à lui, évalue le niveau de vie des 20% les plus riches à celui des 20% les plus pauvres. Là encore, l’étude note une baisse: 4,6 en 2012 contre 4,3 en 2013.

Cette réduction des inégalités s’accompagne également d’une baisse de la pauvreté monétaire. Ainsi en 2013, 8,6 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté fixé à 1000 euros (à 60% du revenu médian, seuil retenu au niveau européen), contre 8,8 millions en 2012. Le taux de pauvreté passe ainsi de 14,3% de la population à 14%. La réduction est particulièrement marquée pour les chômeurs et pour les jeunes adultes. Chez les mineurs, le taux de pauvreté "diminue pour la première fois depuis le début de la crise (-0,8 point)".

"Cette évolution s’accompagne d’une hausse du niveau de vie médian des personnes pauvres, qui atteint 802 euros par mois en 2013 pour 788 euros en 2012", note le rapport. Cela signifie à la fois que la pauvreté diminue, mais que "l’intensité de la pauvreté" est elle aussi en chute. Pour l’Insee, il faut y voir un effet de la "revalorisation de certaines prestations destinées aux plus modestes: RSA et allocation logement."

… Malgré certaines disparités

Bien que ces résultats soient encourageants, la pauvreté a néanmoins tendance à grimper pour certaines catégories de la population. C’est le cas des travailleurs indépendants, pour qui elle passe de 16,2% à 17,9% en un an. Même constat pour les retraités (7,7% à 7,9%), ainsi que pour les personnes de plus de 50 ans: de 9,2% en 2012 à 9,5% en 2013.

Comment expliquer ce phénomène?

Pour l’institut de la statistique, ce repli s’explique, entre autres, par la diminution de la part des revenus du patrimoine (revenus financiers, loyers perçus, etc.) dans le revenu des ménages. Celle-ci est passée de 11,9% à 10,9%. "Cette baisse concerne essentiellement les dividendes et les intérêts perçus et explique le recul marqué des niveaux de vie [des populations les plus aisées]", soulignent les auteurs de l’étude.

Deuxième facteur, une hausse marquée des impôts pour les ménages les plus riches: 27,9% du revenu disponible en 2013, soit 1,9 point de plus que l’année précédente: "Plusieurs mesures fiscales ont particulièrement concerné les revenus du haut de la distribution: le prélèvement forfaitaire obligatoire pour les capitaux mobiliers jusqu’ici soumis au prélèvement forfaitaire libératoire, la création d’une tranche supplémentaire d’imposition et le plafonnement de l’effet du quotient familial", détaille l'étude.

Enfin, le dernier élément d’explication concerne les ménages les moins aisés, qui ont pu bénéficier d’une augmentation "de leurs revenus salariaux, sous l’effet d’une augmentation des heures travaillées sur l’année."

 

Crédit photo: Jim Rush/Flickr.
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