Quand la ville intelligente reconnecte les habitants

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Bientôt, les villes intelligentes favoriseront la rencontre et le partage entre citoyens, associations et entreprises d’un territoire. Passer de la fiction à la réalité, c’est ce que propose la plateforme Smart City+, déployée dans les Hauts-de-Seine.

La ville de demain sera intelligente. Une ville innovante qui, grâce aux nouvelles technologies, pourra faire face aux enjeux auxquels elle est confrontée: urbanisation, démographie croissante, énergie, mobilité, pollution… Et pour cause, selon l’ONU, près de 70% de la population vivra dans les villes d’ici 2050.

Il n’existe pas de définition officielle ni universelle des smart cities, ces lieux sont imaginés pour nous permettre de vivre mieux. Lyon, Nantes, Lilles, Bordeaux, Nice, Paris… Partout en France, la révolution des villes intelligentes est en marche. Des partenariats public-privé voient ainsi le jour pour inventer des modes de gestion et services urbains plus durables, mais aussi axés sur le social, pour favoriser l’engagement citoyen. Gestion et tri des déchets optimisés, réseau de distribution d’énergie intelligent, parkings intelligents pour trouver où se garer plus rapidement. La ville intelligente sera donc durable. Mais, elle favorisera aussi les rencontres, en déployant les services collaboratifs à travers des plateformes d’échanges, en ramenant les lieux de production dans les lieux de consommation au sein de ses fermes urbaines ou jardins partagés, en luttant contre la fracture numérique, en facilitant l’implication des citoyens dans le débat public.

Depuis deux ans, une communauté d’acteurs s’est ainsi rassemblée autour du projet Smart  City+, dans les Hauts-de-Seine. Son but: grâce au numérique, faire de la ville de demain un lieu de proximité entre les habitants et améliorer la qualité du vivre ensemble. Jean-Marc Dubouloz, directeur général de Navidis, l’entreprise initiatrice du projet, nous dévoile cette plateforme.

Youphil.com: En quoi consiste Smart City+?

Jean-Marc Dubouloz: Il s’agit d’une plateforme qui offre des services de proximité afin de renforcer les dynamiques participatives entre les acteurs des territoires, c’est-à-dire les habitants, mais aussi les entreprises, les associations et les pouvoirs publics. C’est un projet collaboratif, porté par huit partenaires publics et privés.

En 2012, nous avons été lauréats du Grand Emprunt/Investissements d’avenir dans la thématique des villes numériques et sommes financés à hauteur de cinq millions d’euros. Notre territoire d’expérimentation s’étend à toute la communauté d’agglomération du Grand Paris Seine Ouest, constituée de huit villes rassemblant 300.000 habitants: Boulogne Billancourt, Chaville, Marne-la-Coquette Issy-les-Moulineaux, Meudon, Sèvres, Vanves et Ville d’Avray.

Concrètement, quels types de services votre plateforme offrira-t-elle?

Smart City+ prendra la forme d’une application participative, accessible gratuitement sur tous les mobiles ou sur ordinateurs. Il y aura tout d’abord un réseau social, qui à l’image de Facebook ou Twitter, permettra de suivre des personnes, des commerçants par exemple, sur une timeline.

Ensuite, nous proposerons des fonctionnalités qui faciliteront le lien social, grâce au partage de biens et de savoirs à l’échelle du quartier. En somme, rassembler tous les usages collectifs qui émergent dans notre société et qui sont aujourd’hui optimisés par le numérique: échange de bons plans, location d’objets, covoiturage, achats groupés, services entre particuliers… L’idée est d’offrir une approche transversale. Aujourd’hui, il existe avant tout des applications de proximité qui proposent des services sur un seul usage spécifique. Nous voulons donc offrir une vision de la proximité qui s’intéresse à tous les domaines de la vie quotidienne comme la culture, l’emploi, les loisirs, l’éducation…

À cela s’ajouteront d’autres services, comme un agenda des évènements du territoire, aussi bien publics que privés, susceptibles d’intéresser l’utilisateur: sur l’école de ses enfants, ses commerçants préférés, les services de la ville, etc. Nous avons également intégré des applications utiles déjà existantes, comme celle de la Stif qui permet de s’informer sur les transports en Ile-de-France.

Pourquoi avoir fait le choix de miser sur le lien social et le vivre ensemble?

Il y a autant de définitions de la smart city qu’il existe d’opérateurs sur ce sujet. Les projets de smart cities sont souvent portés par de grands acteurs, tels qu’IBM ou Microsoft, qui travaillent davantage sur des thématiques liées aux infrastructures de la ville, la mobilité, la consommation énergétique, etc. Notre vision de la ville intelligente, c’est plutôt celle de la "living city", celle qui mise sur l’humain pour créer de la richesse.

Vous êtes en train de tester l’application auprès de premiers utilisateurs, quelle sera la prochaine étape?

En effet, nous venons de commencer une première phase de tests avec une centaine d’utilisateurs. L’application sera officiellement lancée en septembre sur les territoires du Grand Paris Seine Ouest. Pour la suite, si Smart City+ fait ses preuves, l’application pourra être déployée à d’autres villes. Plusieurs mairies nous ont déjà approchés, car elles y voient un vecteur d’opportunités économiques et sociales.

Enfin, l’application a vocation à être évolutive. La version initiale sera livrée avec une dizaine de services, mais nous pourrons ajouter de nouvelles fonctions développées par des tiers, au file du temps. Le but étant de créer les conditions nécessaires pour que la plateforme soit portée par tous les usagers. Le vrai travail de co-création commencera donc à partir de septembre. Nous aurons d’ailleurs un community manager, chargé de remonter les attentes et idées de tous. Par exemple, un testeur nous a déjà suggéré d’intégrer une bourse d’échange de vélo, cela n’existe pas encore, alors pourquoi pas!

 

Avec la  , partenaire de la rubrique Vivre ensemble.

 

Crédit photo: Jonas/Flickr.
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