Danone, Unilever et Nestlé, championnes du "zéro déforestation"

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Les trois entreprises sont parmi les plus engagées contre la déforestation, selon le classement Forest 500 du Global canopy programme.

"L’économie de la déforestation". C’est ainsi que le Global canopy programme (GCP), think-tank britannique, désigne le système économique actuel, dans lequel la moitié des biens de consommation dans le monde sont produits à partir d’huile de palme, de soja, de bœuf, de cuir, de bois ou de papier. Des matières premières liées à la déforestation, phénomène responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Le GCP a publié le 11 février 2015 un classement de 500 organisations en fonction de leur politique de lutte contre la déforestation, le Forest 500 [en anglais]. Les 250 entreprises, 150 investisseurs, 50 pays (entités juridiques) du classement ont été sélectionnés sur leur degré d’exposition à ce risque tout au long de leur chaîne d’approvisionnement et en fonction de leur influence sur cette économie (50 autres acteurs ont été intégrés à l’étude mais sans être notés). Un groupe composite qui "pourrait virtuellement mettre fin à la destruction des forêts tropicales", explique le GCP.

De nombreuses organisations du Forest 500 ont d’ailleurs signé la Déclaration de New York sur les forêts [pdf]. Adoptée en septembre 2014 à l’issue du Sommet sur le climat, elle exhorte ses signataires (130 gouvernements, entreprises, représentants de la société civile et communautés indigènes) à réduire la déforestation de moitié d'ici à 2020 avant de mettre fin à celle-ci pour 2030. Mais le GCP constate que ces objectifs sont loin d’être intégrés par tous.

Des entreprises qui n’obtiennent pas la moyenne

Dans l’ensemble, les entreprises obtiennent une moyenne de 29/100, un score bien faible au regard de l’urgence écologique. Les secteurs des produits d’entretien, d’hygiène et de cosmétiques sont les plus performants tandis que l’industrie de l’alimentation animale, grande consommatrice de soja, est à la traîne.

Six entreprises se distinguent toutefois du classement: Danone, Kao (entreprise japonaise spécialisée dans la cosmétique et la chimie), Nestlé, Procter & Gamble, Reckitt Benckiser (entreprise britannique de produits pharmaceutiques et produits d’entretien) et Unilever. Ces entreprises sont les seules à avoir obtenu la note maximale dans tous les domaines: mesures prises contre la déforestation, politique de contrôle sur les marchandises, activité commerciale et transparence.

Mais seules 7% des entreprises listées dans le Forest 500 disposent d’une politique zéro déforestation qui couvre l’ensemble de ses opérations. Parmi celles-ci, les deux tiers sont membres du Consumer goods forum (CGF), initiative volontaire menée par des entreprises des biens de consommation et des entreprises de la distribution. Fait notable, les membres du CGF obtiennent un score de 80% plus élevé que les non-membres, ce qui "démontre le rôle essentiel des initiatives volontaires dans le développement durable, telles que le CGF", d’après l’étude.

À l’autre bout du spectre, trente entreprises obtiennent un score nul. La plupart sont implantées en Asie ou au Moyen-Orient, mais un zéro pointé a également été attribué au groupe Eram. Le numéro un français de la chaussure avait pourtant annoncé à la suite d’une pétition en 2013, qu’il n’utiliserait plus de cuir issu de la déforestation en 2015. Avec une note de 1/5, Bata, Domino’s pizza ou encore Gap font à peine mieux.

HSBC bonne élève

Les investisseurs ne sont pas plus performants que les entreprises et obtiennent en moyenne 18/100. "Aucun investisseur évalué ne s’est engagé à un objectif zéro déforestation au travers de ses investissements", révèle l’étude. Les banques sont toutefois plus engagées que les fonds souverains ou spéculatifs. Pointé du doigt par les révélations du Monde sur l’évasion fiscale, HSBC est cependant le seul investisseur à obtenir la note maximale. Les sociétés françaises Axa ou BNP Paribas obtiennent également la bonne note de 4/5.

Enfin, aucune "entité juridique" nationale ou régionale, responsable de l’importation ou de l’exportation de produits issus de la déforestation, n’a obtenu la note maximale. "Les évaluations révèlent qu’il existe des engagements zéro déforestation au niveau national mais qu’ils s’appliquent uniquement à des écosystèmes spécifiques ou à des matières premières à risque", relève l’étude. Les pays d’Amérique latine sont ainsi les plus engagés en faveur de la lutte contre la déforestation, mais le Libéria fait également figure d’exemple, pour s’être engagé à mettre en œuvre une agriculture sans déforestation d’ici à 2020.

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Cet article a initialement été publié en février 2015 dans la Lettre professionnelle "Tendances de l'innovation sociétale".
 
Crédit photo: Joshua Mayer/Flickr.
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