Les formations de la solidarité

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Pour faire de l'entraide son métier, la bonne volonté ne suffit plus. Les recruteurs exigent des compétences sérieuses, issues d'une formation rigoureuse. Petit guide à l'usage des futurs travailleurs de la solidarité.

Cherche "informaticien", "chargé de communication", "sage femme", "formateur en coiffure", "responsable comptable"... Sur le site Coordination Sud, une référence du marché de l'emploi solidaire, tous les types de profils sont recherchés, pourvu que la formation soit bonne. 

Tous les chemins mènent à la solidarité

Etudes longues, courtes, intellectuelles, manuelles, que vous les ayez déjà terminées ou pas encore commencées... Chacun peut adapter ses compétences à la solidarité. On parle de métiers "transposables".

Il est néanmoins possible de compléter sa formation initiale pour l'adapter aux besoins des métiers solidaires et augmenter ses chances d'embauche.

Il faut commencer par rechercher, selon son cursus, s'il existe des spécialisations dans son domaine. Un diplômé en gestion de l'eau pourra par exemple suivre quatre mois de formation Technicien eau et sanitation en solidarité internationale. Et faire ainsi de l'acheminement d'eau potable dans des villages d'Afrique son métier.
Un infirmier peut quant à lui compléter son parcours grâce à la formation Pathologie et hygiène en milieu tropical, pour se préparer aux conditions particulières du travail médical à l'étranger.

Quelques cursus ont bien sûr plus de succès auprès des employeurs. Les professions médicales sont très recherchées, notamment assorties d'une formation complémentaire. Les métiers du BTP, de la gestion et de l'enseignement bénéficient eux aussi de nombreux débouchés dans le secteur de la solidarité.

Le boom des formations solidaires

Pour répondre à la prise de conscience collective des nouveaux enjeux sociaux, humanitaires et écologiques, de nombreux cursus, qui n'avaient rien à voir avec le milieu de la solidarité, se sont adaptés et proposent désormais des formations spécifiques.

C'est notamment le cas d'études assez généralistes: un étudiant en droit peut choisir, par exemple, un Master droits de l'Homme et droits humanitaires qui lui permettra de travailler au service des ONG ou à la Cour européenne des droits de l'Homme. En science politique, il existe, parmi d'autres, un Master 2 opérateur en coopération internationale et développement.

Mais les grandes évolutions ont surtout lieu dans les formations relatives à l'économie et au commerce. Des écoles de renommée internationale, telles que l'Essec ou HEC, se sont lancées dans la solidarité. HEC propose depuis 2003 un Master Développement durable et a récemment ouvert une chaire social business.

"La demande est venue des grandes entreprises, qui ont pris conscience des défis sociaux et environnementaux" explique Bénédicte Faivre-Tavignot, directrice de ces cursus. "Ces formations mènent à l'entrepreneuriat social, mais aussi au travail dans de grandes entreprises, qui essaient de contribuer à la réduction de la pauvreté dans les régions où elles sont implantées."
Les étudiants sont envoyés en immersion dans des entreprises d'insertion afin d'être confrontés à certaines situations. "C'est une expérience humaine très forte. Certains ont trié des vêtements chez Emmaüs Défi, cela leur a sans doute ouvert les yeux sur les réalités de la pauvreté en France." Mais pas seulement. "Ils comprennent aussi à quels types de difficultés sont confrontées ces activités solidaires, car on peut facilement les idéaliser."

Toutefois, pas besoin d'intégrer une grande école de commerce pour faire rimer économie et solidarité. L'université propose plusieurs cursus tels que Management des organisations d'économie sociale et solidaire ou Entrepreneuriat des projets sociaux-économiques, accessibles pour des étudiants issus d'un cursus en économie, sociologie ou AES.

Objectif : l'humanitaire

Les étudiants intéressés par l'univers de la solidarité n'ont souvent qu'un mot à la bouche: l'humanitaire. Il existe certaines formations destinées exclusivement à ce secteur.
A commencer par l'Institut Bioforce, une référence qui propose des cursus courts et longs, dont certains sont accessibles dès le bac. Au final, les étudiants deviennent logisticiens, coordinateurs de projets ou administrateurs.

"Cet institut propose de la théorie et de la pratique, qui se complètent très bien" assure Marie Lévy, qui a suivi la formation Gestion de projets en solidarité internationale en 2006. "Quand je suis partie travailler au Sri Lanka, pour monter des centres de formation en maçonnerie et charpenterie, les enseignements que j'avais reçus m'ont beaucoup servi."

Les formateurs, qui sont avant tout des professionnels de l'humanitaire, font profiter les étudiants de leur expérience. "Ils tiennent à ce qu'on se remette en question, pour savoir si nous sommes prêts à partir à l'étranger, à nous confronter à des situations de guerre, de pauvreté ou d'isolement."

Ces formations sont la plupart du temps accompagnées de stages. Comme à l'Iris, qui travaille en partenariat avec Bioforce, ou l'Ecole internationale de commerce et de développement 3A, où les étudiants peuvent effectuer jusqu'à 18 mois de stage sur quatre années de formation.

Parmi les instituts spécialisés, on peut noter l'Ifaid, qui délivre des diplômes de coordinateurs de programmes de développement, ou encore l'Istom qui, dès le bac, forme des ingénieurs d'agro-développement international.

Mais l'idéal reste toujours de se former à un métier "transposable" et de compléter son cursus avec une formation courte et adaptée à son profil: les instituts spécialisés et les universités en regorgent. 

 

Pour aller plus loin :

Les métiers de l'humanitaire (l'Etudiant)

Humanitaire : comment devenir un pro (le Nouvel Obs)

Les métiers de l'humanitaire et de la solidarité (brochure de l'Etudiant)

Les métiers de l'humanitaire (brochure de l'Onisep)

Retrouvez notre dossier les métiers de la solidarité:

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