"Malgré les conséquences gravissimes, la question des toilettes reste un sujet tabou"

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En 2014, 2,5 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des toilettes décentes, et 1 milliard de personnes défèquent encore en plein air. Face à ce scandale, passons à l’action!

En 2000, la communauté internationale s’était engagée, à travers les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), à réduire de moitié la proportion de la population mondiale qui n’a pas accès à des toilettes décentes d’ici à 2015. À quelques mois de l’échéance (décembre 2015), cet objectif est bien loin d’être atteint.

Selon les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l'Unicef, 64% de la population mondiale utilise une installation sanitaire améliorée, bien loin des 75% nécessaires pour atteindre l'objectif. L’Afrique subsaharienne est particulièrement en retard: seule 30% de la population a accès à des toilettes.

Un scandale passé sous silence alors que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement a été reconnu comme un droit de l’Homme par les Nations Unies, en 2010. Car la réalité est là: malgré les conséquences gravissimes du manque de toilettes sur la santé, la nutrition, l’éducation, l’environnement ou l’économie, la question des toilettes reste un sujet tabou. Les politiques n’en font pas une priorité, les financements nationaux et internationaux manquent et le sujet reste mal connu.

"La France doit prendre ses responsabilités"

En 2015, les Etats fixeront les Objectifs de développement durable (ODD), qui prendront la relève des Objectifs du millénaire pour le développement. Dans ce cadre, l’adoption d’un objectif universel pour l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous d’ici à 2030 est un enjeu majeur. Les Etats, au premier rang desquels la France, doivent s’engager officiellement pour un tel objectif. Mais au-delà des engagements, Etats, opinion publique ou média doivent se mobiliser pour que l’accès aux toilettes pour tous ne reste pas une chimère.

  • Brisons le tabou, n’hésitons plus à aborder le problème des toilettes. Le grand public, les médias et les décideurs politiques ont tous la possibilité de mettre l’assainissement sur le devant de la scène pour encourager l’action publique.

  • Renforçons la prise de conscience politique pour faire de l’assainissement une priorité, que ce soit par des grands rendez-vous internationaux ou par la pression que l’opinion publique peut exercer sur les gouvernements.

  • Octroyons des financements suffisants. L’assainissement accuse un fort déficit de financement. Les budgets des Etats, mais aussi les bailleurs internationaux, dont la France, doivent accorder une large place à l’assainissement.

  • Sensibiliser les populations aux bienfaits de l’assainissement permettrait d’accroître leur demande pour accéder à des toilettes, ce qui aurait un impact certain sur la mobilisation des responsables politiques, et par conséquent sur la mobilisation des financements.

  • Utilisons des techniques simples et abordables. Des solutions techniques existent pour développer des toilettes saines à faible coût (latrines améliorées à fosse ventilée ou à fosse avec dalle, toilettes à compost, etc.). Celles-ci doivent être utilisées à grande échelle.

Nous avons les moyens de mettre fin à ce scandale du manque de toilettes. La France doit elle aussi prendre ses responsabilités, en soutenant officiellement l’adoption d’un objectif de développement durable sur l’eau et l’assainissement pour l’après 2015 au sein des Nations Unies; et en octroyant 40 millions d’euros de subventions supplémentaires par an pour l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, tout en ciblant cette aide vers les pays et les populations les plus démunis. Pour agir, c'est ici.

 

Parlons Toilettes, en partenariat avec la Coalition Eau et le Secours islamique France.

 

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