Jacques Attali lance des indices pour mesurer la "positivité" de chaque acteur de la société

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Alors que s'ouvre le troisième LH Forum sur l'économie positive organisé par Planet Finance, Jacques Attali continue de décliner sa pensée du long-terme sur tous les plans. Un an après la remise de son rapport "Pour une économie positive" au président de la République française, il a présenté, le 10 septembre, les résultats 2014 de son "indice de positivité de l’économie" des 34 pays de l’OCDE.

Dans un double mouvement d'évaluation et de proposition pour répondre aux problèmes observés, l'économiste a aussi présenté son Manifeste pour une société positive. Petit livre bleu qui contient 17 propositions pour faire progresser la France vers une société qui se construit en pensant aux générations futures.

29 critères pour mesurer l'engagement des Etats à penser aux générations futures

C’était l’une des propositions du rapport remis à François Hollande, l’indice pour calculer le niveau d’engagement d’un pays envers les générations futures est basé sur 29 critères socio-économiques, mais aussi plus subjectifs (comme la confiance), dans les domaines de l’éducation, la gouvernance ou encore la finance.

En 2014, la Norvège arrive en tête de la majorité des indicateurs. La France se place en milieu de tableau, comme en 2013: 18ème rang (+1). Elle est bien notée sur la qualité des infrastructures ou le sentiment de liberté, par exemple. En revanche, comme la majorité des pays observés, elle a reculé sur les questions de reproduction des inégalités, de l’éducation, ou encore de la soutenabilité de la dette.

Prochains chantiers annoncés par le président de Planet Finance avec le concours du cabinet Nomadéis et du think tank la Fabrique Spinoza: la création d’indices de "positivité" pour les villes, les entreprises et la société civile, d’ici 2015. Renault, Suez et le C3D participent aux travaux sur l’indice visant à mesurer l’impact des entreprises sur les générations suivantes. Du côté des villes, Le Havre sert de pilote pour un indice qui devrait comprendre quarante indicateurs.

Mesurer les actions d’intérêt général, un mouvement de fonds

Ces indices "de positivité" apporteront-ils une valeur ajoutée aux indices existants, comme le "Rapport mondial sur le bonheur" ("World Happiness Report") de l’ONU, "l’Indice du mieux vivre" de l’OCDE ("Better life Index") ou encore l'indice du progrès social ("Social progress imperative index") lancé par le professeur d’Harvard Michael Porter? Du côté des entreprises, les indices sont déjà légion comme le "Sustainable business index" du même Michael Porter, ou les dizaines de classements sur la responsabilité sociétale des entreprises reconnus, à l'image du "Dow jones sustainability Indices".

Par ailleurs, un indice n'a aucun intérêt si les acteurs concernés ne s'en emparent pas pour orienter leurs actions, comme les pays du monde entier conduisent leurs politiques avec en ligne de mire le PIB. C'est pourquoi Jacques Attali veut défendre ces indicateurs et son concept d'économie positive à l'international, avec des forums se déroulant à l'étranger, mais aussi, nouvelle étape, en les présentant en novembre 2014, devant les Nations Unies à New York.

 

Photo: LH Forum, Le Havre, septembre 2013. Crédit: Fanny Roux.
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