Abris en kit: l'initiative d'Ikea pour aider les réfugiés

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 Remplacer les tentes de réfugiés par une maison qui se monte en quatre heures comme une étagère. Facile à transporter, sa durée de vie serait d’au moins trois ans.

C'est l'idée imaginée par Ikéa, en partenariat avec l'ONU, et dont vous nous avions déjà parlé sur Youphil.com. Il y a quelques mois, une cinquantaine de prototypes se sont envolés à destination du camp Dollo Ado en Ethiopie et au Kurdistan irakien, deux pays au climat et à la culture différente, pour une phase de test. C’est ainsi que 52 familles choisies parmi les plus démunies bénéficient en ce moment de ces refuges. Vingt-six abris en Ethiopie et treize en Irak. Les onze restants seront bientôt envoyés vers une autre destination.

Les phases de test se terminent et les familles ont été interrogées sur leurs ressentis dans ces abris. Grâce à leurs critiques, des améliorations pourront être réalisées. "En fonction des cultures et des pays, les opinions et les désirs sont différents", explique Olivier Delarue, chargé des relations avec les entreprises à l’UNHCR. Les remarques les plus récurrentes: plus de flexibilité sur les portes et les fenêtres.

Les murs de ces maisons sont fabriqués avec des pièces légères d’un peu moins de deux kilos, de la même matière que les matériaux utilisés à l’intérieur des voitures ou dans les emballages en plastique. Sur le toit, un panneau solaire a été posé permettant de recharger une lampe ou un téléphone portable, et bénéficier de huit heures d’éclairage le soir

Tout autour, on trouve des aérations, des portes et des fenêtres. Une vraie maison. Beaucoup mieux isolés que les chapiteaux, ces abris permettent d’être au chaud l’hiver et au frais l’été. Coût d’un prototype: 5000 euros. Si sa production en masse est lancée, le prix pourrait descendre jusqu’à 700 euros. Le double d’une tente, mais un confort qui fait toute la différence.

Une famille somalienne à l'intérieur du camp de Dollo Ado en Ethiopie. Crédit photo: Fondation Ikea.

 

A l’heure actuelle, plusieurs millions de réfugiés dans le monde vivent sous de vastes bâches en plastique, sommaire protection du soleil et de la pluie, d’une durée de vie d’à peine six mois. Elles sont inflammables, humides et cèdent à la première tempête venue.

Un abri à emporter

Pour le moment, les abris sont construits en Suède, mais un projet de construction dans les pays receveurs voit déjà le jour. "Faire construire les abris dans des entreprises locales est forcement l’idéal. On essaye de tendre au maximum vers ce projet. Mais nous faisons face à de nombreuses contraintes: les gouvernements prêtent déjà leurs terres, ils ne veulent pas non plus d’un camp permanent. Quand des milliers de personnes arrivent, une partie de l’environnement est détruit, les animaux partent, c’est un cercle vicieux. À la frontière de l’Ethiopie et de la Somalie, il est même interdit de récolter du bois", précise Olivier Delarue.

Même si ces maisons sont juste posées sur le sol, elles sont perçues comme "de vraies maisons, construites dans la terre". Et puis, "tout dépend de la situation géopolitique du pays, là où règne la guerre, il est impossible de réaliser un tel projet", confie Jonathan Spampinato, porte-parole de la Fondation Ikea.

Les abris ont été aussi conçus pour être démantelés, emportés et remontés, afin que les populations puissent repartir avec dans leur pays d'origine. "En Syrie, par exemple, lorsque les réfugiés rentreront chez eux, ce qu’on espère tout de même, ils pourront repartir avec l’abri et le monter chez eux", conclut Olivier Delarue.

 

Crédit photo: Fondation Ikea.
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