La philanthropie privée gagne du terrain

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C'est le point de vue d'une tribune publiée dans The Guardian, qui analyse la montée en puissance du "capitalisme philanthropique".

La philanthropie est en train de changer de visage. C'est le point de vue que défend David McCoy dans une tribune publiée le 5 août par le journal anglais The Guardian.

Médecin et enseignant en politiques internationales de la santé au University College de Londres, David McCoy note que la philanthropie s'inspire de plus en plus des méthodes du capitalisme. Le chercheur réunit sous le terme de philanthropie à la fois le secteur privé des fondations et les organisations internationales.

A l'image des firmes multinationales, il note que les fondations prennent une place grandissante dans la sphère de l'aide au développement. En 2007, la fondation Bill & Melinda Gates a ainsi consacré 1,45 milliards de dollars pour le volet "santé" de son plan global, indique le chroniqueur, relevant au passage que cela répresente à peine moins que le budget annuel de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour cette même année.

Les risques du capitalisme philanthropique

La vision capitalistique de la philanthropie gagne donc du terrain, ce qui n'est pas sans conséquences selon David McCoy. En dix ans, une vingtaine d'organisations ont bénéficié des deux tiers du budget de la fondation Bill & Melinda Gates. La fondation a donc des interlocuteurs privilégiés et peut écarter toute ONG qui ne partage pas sa vision de la philanthropie.

Cet enseignant estime aussi qu'une fondation ne rend pas ou peu de comptes, qu'elle n'a ni visage ni administration, ce qui la rend presque incontrôlable. Alors même que ces fondations ont une influence croissante sur le domaine public et l'action des Etats.

David McCoy appelle donc à un contrôle accru de ces structures privés et met en garde: l'action des fondations privées ne peut et ne doit se substituer à celle des acteurs publics.

Pour en savoir plus sur la philanthropie, lire aussi:

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Commentaires
PEG

voir également sur ce sujet la récente étude Barclays/Ledbury research, qui montre l'apparition de ces nouveaux philanthropes, plus impliqués et très sensibles aux résultats de leurs dons ("impact giving").
Voir encore le livre de Mathiew Bishop (philanthrocapitalism), qui retrace l'histoire de la philanthropie aux états unis, et analyse son impact, relativement à celui de l'action publique.

Plus de détails ici : http://www.otarion.info/veille/?p=1663