Non, dilapider son argent, ce n'est pas de la philanthropie!

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer

Sous le pseudonyme de @HiddenCash, le millionnaire américain Jason Buzi organise une chasse au trésor en cachant des dollars dans des enveloppes.

Vous avez peut-être déjà entendu parler de cet Américain, Jason Buzi, qui organise une chasse au trésor aux Etats-Unis, en semant des enveloppes pleines de dollars. Quel étonnement de découvrir au JT de 20h que celui-ci est présenté comme un "philanthrope des temps modernes".

 

Extrait du film "Le Loup de Wall Street", de Martin Scorsese (2014). 

 

Depuis le mois de mai 2014, celui qui souhaitait rester anonyme, mais dont l'identité a été révélée par les médias, essaime au gré de ses envies de petites sommes d'argent au quatre coins du pays. Le tout en donnant des indices via Twitter. Cent dollars abandonnés sur une plage, une soixantaine de dollars accrochés sur un parc-mètre ou cent autres cachés sous un banc.

Via Twitter, Jason Buzi, alias @HiddenCash, donne des indices sur les lieux où il cache ses dollars. "Nous allons partout dans le monde, et bientôt dans votre ville, espérons-le. Dites à tous vos amis de suivre @HiddenCash sur Twitter".

 

Au total, près de 15.000 dollars (plus de 11.000 euros) auraient déjà été distribués. Et l'homme souhaite désormais s'attaquer à l'Europe et notamment à la France, en cachant ses enveloppes à Paris.

Charité n'est pas philanthropie

Le geste peut paraître louable: distribuer sa fortune à de parfaits inconnus, sans aucune contrepartie. Mais de là à présenter cela comme une nouvelle forme de philanthropie, c'est carrément exagéré.

Certes, les philanthropes ont changé: "Ce ne sont plus les patrons paternalistes, qui construisaient des écoles, des dispensaires pour leurs ouvriers et leurs familles, alliant ainsi des idées progressistes à un calcul d’efficacité", expliquait à Youphil.com la spécialiste de la philanthropie Virginie Seghers.

Mais la philanthropie ne consiste pas à saupoudrer de l’argent dans la rue, sous le nez des particuliers. Il s’agit pour une personne fortunée d’investir dans des projets concrets ou des structures qui correspondent à ses valeurs ou des thématiques qui lui tiennent à cœur (recherche médicale, culture, droits de l’Homme, éducation). La plupart du temps, elles le font par le biais de fondations, même si d’autres moyens d’investir existent. En France, on parle parfois de mécénat pour désigner ce secteur.

Un portefeuille accroché à une ficelle

L'autre raison de s'énerver devant son JT, c'est le mode opératoire de ce magnat de l'immobilier, qui peut être perçu comme une forme de mépris social. Les internautes sont pris pour des pigeons, courant après un portefeuille accroché à un fil de pêche. 

 


 

Jason Buzi défend une démarche innocente, dénuée de toute arrière-pensée promotionnelle, comme il l'explique dans ce billet: "C'est un moyen amusant de rassembler les gens et de donner en retour, de mettre des sourires sur leur visage. Rien de plus, rien de moins."

Comme le rappelle le blog Big Browser du Monde, ce type d'action pas toujours bien pensée peut avoir des conséquences inattendues. En 2009, une marque belge a voulu distribuer gratuitement 5000 bourses remplies de billets à des Parisiens. Mais le coup de pub a tourné court: l'annulation de l'opération par la police a engendré des échauffourées parmi les Parisiens réunis, et l'argent a finalement été redistribué à une association caritative.

 

Crédit photo: Tim Patterson/Flickr.
Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer