Du lait de chamelle pour soigner le diabète

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Deux ingénieurs veulent lutter contre le diabète en se servant du lait de chamelle. Leur traitement, le Biodawa, est encore en phase de test mais sa commercialisation est prévue, au Tchad, à partir de 2016. Pour développer leur produit, Abdelkrim Bourigué et Tahir Ebire, finaliste en 2014 de la Global social venture competition (concours d'entrepreunariat social étudiant), ont créé leur entreprise, Labane-Na.

Un traitement à boire plutôt qu'à injecter

Avec des éleveurs de chamelles dans leur famille, les deux ingénieurs ont rapidement découvert les bienfaits de leur lait. "C'est un produit naturel et riche qui présente des caractéristiques similaires à l'insuline, utilisée dans les traitements contre le diabète. En y ajoutant des additifs naturels, le lait de chamelle permet de soigner la maladie, aussi bien que les traitements classiques", assure Abdelkrim Bourigué. Des additifs que les deux ingénieurs préfèrent taire: "l'invention n'est pas encore brevetée."

Plus besoin pour les diabétiques de s'injecter de l'insuline, le traitement sera disponible sous la forme d'une boisson. En plus de traiter le diabète, le Biodawa, grâce au lait, a des qualités nutritives. Pour sa distribution, le traitement sera conditionné dans des bouteilles biodégradables. "Le lait de chamelle a en plus la particularité de se conserver très bien", ajoute Abdelkrim Bourigué.

Un produit moins cher et issu de la production locale

Pour favoriser sa diffusion, le Biodawa, sera deux fois moins cher que l'insuline, selon leurs inventeurs. "Nous pensons aussi à créer une pharmacie mobile. Elle se déplacerait sur les marchés hebdomadaires", indique Abdelkrim Bourigué. Pour les deux ingénieurs, faire baisser le coût du traitement est primordiale: "La population économisera de l'argent qu'elle pourra investir dans l'alimentation ou l'éducation".

Tahir Ebire et Abdelkrime Bourigué, les deux inventeurs du Biodawa, se servent des produits locaux pour combattre le diabète. Crédit: DR.

 

Les deux ingénieurs veulent aussi inscrire le projet dans une démarche de développement local. "Nous récolterons le lait auprès des fournisseurs de lait locaux, souvent des jeunes et des femmes défavorisés", souligne Abdelkrim Bourigué. Ces fournisseurs pourront ainsi bénéficier de revenus réguliers estimés au double du salaire minimum tchadien. Plusieurs centaines d'emplois sont aussi susceptibles d'être créés dans le pays.

L'entreprise en recherche de financements

Abdelkrim Bourigué et Tahir Ebire n'ont pas tout à fait bouclé leurs financement. "Pour un nouveau projet, en plus porté par des jeunes, les investisseurs sont très prudents. Le financement, c'est tout une autre réalité", note Abdelkrim Bourigué.

Épaulée par des professionnels de la santé, l'équipe réalise des études scientifiques sur la fiabilité des différents additifs. Ensuite viendra l'installation de l'usine de transformation du lait qu'Abdelkrim Bourigué espère implanter à Abéché, dans l'Est du pays. Après une première commercialisation au Tchad en 2016, les deux ingénieurs prévoient dans quelques années d'exporter leur produit au Soudan, au Niger, au Mali et en Mauritanie.

 

Crédit photo de une: Flickr/Andrew Magill

 

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