Les 10 concepts de l'innovation sociale à retenir

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L’impact investing

D’après une étude publiée par Bridges Ventures, l’impact investment se définit comme "le fait de placer du capital dans des entreprises ou des fonds qui génère à l’investisseur un bénéfice social et/ou environnemental et divers retours financiers possibles, de la mise de départ aux plus-values". Il diffère de l’ISR en ce qu’il privilégie avant tout l’impact. Dans un rapport publié en 2010, la banque JP Morgan et la fondation Rockefeller s’aventuraient même à considérer l’impact investing comme une nouvelle classe d’actifs, qui pesait alors 500 milliards de dollars. Dans les deux cas, l’impact investing traduit bien la quête de résultat des "nouveaux philanthropes".

La Big society

Ce projet vise à redéfinir les contours du welfare state (État-providence) britannique, à travers un mouvement de transfert des compétences de l’État vers la société civile et les communautés locales. Mesures les plus emblématiques: la création d’un service civique national et d’une banque publique d’investissement. Cette "Big society capital" a été dotée en avril 2012 de 600 millions de livres (713 millions d’euros) pour financer les entreprises sociales, les charities et les communautés. Insuffisant pour faire taire les critiques du secteur associatif face à l’ampleur des coupes budgétaires.

Les social impact bonds

Concilier intérêt public et intérêt privé est leur objectif. Expérimentés depuis 2010 au Royaume-Uni, ces contrats entre autorités publiques et investisseurs privés visent à promouvoir des actions sociales efficaces selon un principe gagnant-gagnant: les investisseurs ne sont rémunérés qu’en fonction du résultat obtenu, tandis que l’État réalise des économies en ne finançant que des programmes performants. Initié sur le terrain de la prévention de la récidive, le Royaume-Uni a étendu le principe des social impact bonds (SIB) à l’aide aux familles en difficulté et a été imité par les États-Unis au printemps 2011.

L’intrapreneuriat social

En 2011, eBay a décidé de distribuer à ses utilisateurs des emballages réutilisables pour lutter contre le gaspillage. Ce projet, nommé Green box, a été inventé par les salariés eux-mêmes et incarne désormais l’intrapreneuriat social, qui peut être défini comme une forme d’innovation interne au service du développement durable de l’entreprise.

L’inclusive business

Depuis quelques années, des projets menés par des multinationales se multiplient sur ce modèle commercial. Il consiste à vendre des produits et des services adaptés aux besoins des plus pauvres, tout en les intégrant à la chaîne de valeur de l’entreprise. Celle-ci peut par exemple faire appel à des fournisseurs et des distributeurs locaux. Si beaucoup d’initiatives ne s’avèrent pas encore rentables, entreprises et actionnaires voient dans l’Inclusive business une manière de préparer de nouveaux marchés.

Les B Corps 

Les entreprises dotées du label B Corporation (B pour benefit) sont de plus en plus nombreuses aux États-Unis. Selon le compteur du site dédié aux B Corps, on dénombre actuellement 976 B Corps dans 32 pays. Et elles affichent des performances 25% plus élevées en matière d’impact social et environnemental que d’autres entreprisesresponsables non labellisées.

Le jugaad

C’est l’un des ingrédients méconnus du miracle économique indien. En hindi, ce terme définit une espèce d’improvisation ingénieuse, une sorte de système D. Navi Radjou, auteur de Jugaad Innovation, estime que face à un modèle d’innovation occidental coûteux en dépenses de R&D, le jugaad offre une alternative crédible, flexible et bon marché.

Le cradle-to-cradle (C2C)

Mode de production "intelligent", le cradle-to-cradle (du berceau au berceau) s’affirme de plus en plus comme un mode de production et de consommation alternatif pour les entreprises. Inspirée des écosystèmes naturels dans lesquels rien ne se perd, l’approche a été théorisée en 2002 par l’architecte américain William McDonough et le chimiste allemand Michael Braungart. Selon le schéma C2C, en fin de vie, le produit sert de compost ou est recyclé pour en fabriquer d’autres. Depuis 2005, environ 1000 produits ont été certifiés C2C dans le monde.

Le protocole Bop 2.0

En déployant des stratégies Base of the pyramid (Bop), les entreprises se sont souvent contentées de ne créer que des extensions de gammes "pour les pauvres" en reléguant au second plan la dimension sociale de lutte contre la pauvreté. Ce qui a conduit Stuart Hart et Erik Simanis à proposer en 2008 un nouveau protocole, dit 2.0 ou nouvelle génération. Ce cadre insiste sur la nécessité de co-créer des marchés en partenariat avec les communautés à la base de la pyramide. Pour y parvenir, le protocole incite les entreprises à mettre en œuvre une logique d’innovation "socialement encastrée" (embedded innovation), du bas de la pyramide vers le haut.

La valeur partagée

Dans le milieu des entreprises classiques, c’est le mouvement qui monte. La valeur partagée (shared value) consiste en un changement radical d’approche si l’on en croit Michael Porter, le père de cette notion. À la différence de la RSE, la volonté de créer de la valeur partagée place les bénéfices environnementaux et sociaux au même rang que les bénéfices financiers. Entreprises, non-profit et pouvoirs publics ont donc tout à gagner à se rapprocher.

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Cet article a initialement été publié le 28 janvier 2013.
 
Crédit photo: Youphil.com.
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