La Centrafrique à feu et à sang: le point sur la situation

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23 juillet: Au forum de Brazzaville pour la paix en Centrafrique, un accord de cessez-le-feu à effet immédiat a été signé dans la soirée du 23 juillet 2014 entre les rebelles musulmans de la Séléka et les milices chrétiennes anti-Balaka.

17 juillet 2014: la Commission européenne a annoncé le lancement du fonds Bêkou, destiné à stabiliser la situation en Centrafrique. Pour le moment, seuls la Commission européenne, l'Allemagne, les Pays-Bas et la France (via l'Agence française de développement) participent à son financement.

8 juin 2014: les soldats français engagés dans l'opération Sangaris en RCA pourraient rentrer en France dès le 15 septembre 2014, selon le général Francisco Soriano, commandant de l’opération Sangaris.

28 avril 2014: au moins 22 personnes ont été tuées dans l'attaque du centre médical de Nanga Boguila (450 km au nord de Bangui), géré par l'ONG Médecins sans frontières (MSF). Trois employés locaux de MSF font partie des victimes. Les hommes armés seraient d'anciens rebelles de la milice Séléka.

24 avril 2014: selon le prêtre italien Aurelio Gazzera, médiateur engagé dans le processus de paix en Centrafrique, l'aide internationale pour financer l'intervention humanitaire n'arrive toujours pas. "La société civile n'a jamais […] vu la couleur de cet argent", a-t-il expliqué au site Euractiv.fr. Près de 144 millions d'euros d'aide humanitaire ont été promis par la communauté internationale.

10 avril 2014: le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé l'envoi de près de 12.000 Casques bleus en Centrafrique. Ce contingent de 10.000 soldats et 1800 policiers doit prendre la relève des 6000 soldats de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), composée de militaires tchadiens, camerounais, rwandais et français.

1er avril 2014: le Conseil de l'Union européenne a officiellement lancé l'opération militaire Eufor RCA. Cette force, allant jusqu'à 1000 soldats, doit être déployée à Bangui, notamment aux alentours de l'aéroport.

11 mars 2014: une commission mandatée par le Conseil de sécurité des Nations Unies commence à enquêter sur les violations des droits de l'Homme en Centrafrique.

26 février 2014: l'Assemblée nationale et le Sénat ont voté la prolongation du mandat des forces françaises en Centrafrique, dans le cadre de l'opération Sangaris.

15 février 2014: François Hollande a décidé l'envoi de 400 soldats français supplémentaires en Centrafrique. Le dispositif de l'opération Sangaris en RCA passe ainsi à 2000 hommes.

13 février 2014: deux reponsables des Nations Unies en Centrafrique ont qualifié de "nettoyages" et "d'épurations ethniques" les violences qui ont lieu actuellement en dans le pays. L'ONG Amnesty International a également dénoncé un "nettoyage ethnique" incontrôlable par les forces internationales. Humanitaire: le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis en place un pont aérien entre Douala (Cameroun) et Bangui, pour acheminer des vivres durant un mois.

11 février 2014: la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert un examen préliminaire sur les crimes commis en Centrafrique depuis septembre 2012.

6 février 2014: le mandat des forces françaises en Centrafrique pourrait être prolongé par les Nations Unies, estime le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. La mission de l'armée française en RCA, autorisée par l'ONU le 5 décembre 2013, devait durer six mois renouvelables.

29 janvier 2014: le Conseil de sécurité des Nations Unies a donné son feu vert pour l'envoi de soldats européens en Centrafrique. Leur mission sera d'appuyer les forces françaises et africaines. Sanctions: Dans le même temps, une résolution sur la Centrafrique a été adoptée à l'unanimité. Elle permet au Conseil de sécurité de sanctionner "ceux qui menacent la paix, la stabilité ou la sécurité en RCA".

28 janvier 2014: le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir à l'initiative de la France pour adopter une résolution sur la Centrafrique. Celle-ci doit permettre d'accélérer la transition dans le pays, et sanctionner les responsables de violences. Transition politique: Le Premier ministre centrafricain André Nzapayeke a formé son gouvernement de transition le 27 janvier.

27 janvier 2014: des soldats de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) ont été envoyés près de la frontière camerounaise pour sécuriser les convois d'aide humanitaire en direction de Bangui.

21 janvier 2014: les ministres européens des Affaires étrangères ont approuvé l'envoi de 500 à 1000 soldats en Centrafrique (selon l'AFP ou l'agence Reuters), pour appuyer les forces africaines et françaises.

20 janvier 2014: la maire de Bangui Catherine Samba-Panza a été élue présidente de la République Centrafricaine par intérim, par le Conseil national de transition. Elle succède à Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier dernier. Aide humanitaire: la communauté internationale s'est engagée à débloquer 365 millions d'euros pour l'aide humanitaire en République Centrafricaine. À elle seule, la France a promis une aide de 35 millions d'euros, annonce le Quai d'Orsay.

17 janvier 2014: le Conseil national de transition (CNT) centrafricain a annoncé l'élection du "président de la transition centrafricaine" pour le 20 janvier. Les candidatures peuvent être déposées jusqu'au 18 janvier. Par ailleurs, 850 soldats rwandais viennent de rejoindre les effectifs de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), qui compte actuellement 4400 hommes.

15 janvier 2014: un journaliste de l'Agence France-Presse (AFP) a décrit sur un blog de l'agence une scène de cannibalisme dont il a été témoin, dans l'un des quartiers de la capitale Bangui. 

10 janvier 2014: le président centrafricain par intérim Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiengaye ont annoncé leur démission, à l'issue du sommet extraordinaire de N'Djamena (Tchad), rassemblant des dirigeants d'Afrique centrale (CEEAC). 

9 janvier 2014: de l'aide alimentaire a pu être acheminée aux réfugiés de l'aéroport international de Bangui pour la première fois depuis près d'un mois, le 8 janvier, par le Programme alimentaire mondial (Pam). Ce dernier estime qu'il lui faudra dix jours pour distribuer cette aide aux 100.000 personnes présentes près de l'aéroport. De son côté, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a distribué des matelas, du savon ou encore des moustiquaires.

6 janvier 2014: près d'un million de personnes ont fui leur foyer en République Centrafricaine, depuis le coup d'Etat du 24 mars 2013 et les récentes violences, selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

3 janvier 2014: l'ONG Médecins Sans Frontières a annoncé qu'elle était contrainte de réduire ses activités après "deux jours consécutifs de violence" dans la capitale. L'ONG est la seule présente dans le camps de déplacés près de l'aéroport, qui accueille plus de 100.000 réfugiés.

31 décembre 2013: la Commission européenne a annoncé qu'une réunion doit avoir lieu à Bruxelles le 20 janvier 2014, pour évaluer les besoins humanitaires en Centrafrique. Celle-ci sera co-présidée par Kristalina Georgieva, Commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, et Valérie Amos, secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires de l'ONU.

26 décembre 2013: un charnier de plus d'une vingtaine de corps a été découvert dans la capitale centrafricaine Bangui, rapporte France Info. Selon diverses sources diplomatiques, militaires et humanitaires, le lieu du massacre se situe près d'un camp où sont cantonnés d'anciens rebelles de la milice Séléka. Le procureur de Bangui a ouvert une enquête sur le sujet.

19 décembre 2013: des représailles perpétrées par d'anciens rebelles de la Séléka auraient fait près de 1000 morts "en deux jours", les 5 et 6 décembre 2013, dénoncent les ONG Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

18 décembre 2013: les ressortissants français en République centrafricaine vivent de plus en plus dans la crainte des violences qui ravagent le pays, en particulier à Bangui. Selon l'ambabassade française dans la capitale, près de la moitié des 1200 Français présents ont quitté le pays depuis le début du conflit provoqué par le coup d'Etat du 24 mars 2013.

12 décembre 2013: la crise humanitaire s'intensifie en Centrafrique et les organisations humanitaires affirment avoir de plus en plus de mal à répondre aux besoins de la population. C'est le cas dans le Nord-ouest du pays à Bossangoa, ou des dizaines de milliers de personnes s'entassent dans deux camps qui n'ont pas la capacité de les accueillir. La capitale Bangui est aussi particulièrement affectée avec 108.000 déplacés.

> Voici la carte qui montre les déplacements massifs de population en République Centrafricaine (source: Commission européenne):

10 décembre 2013: deux soldats français ont été tués dans des échanges de tirs à Bangui, au cinquième jour de l'opération militaire française "Sangaris" sous le mandat de l'ONU.

Retrouvez nos décryptages de la situation en République centrafricaine

9 décembre 2013: l'opération militaire: l'armée française débute sa mission de désarmement des groupes armés en République centrafricaine (RCA). La situation humanitaire: les agences de l'ONU avancent le chiffre de 480.000 déplacés dans le pays où une crise humanitaire sévit déjà depuis un an. Pour leur venir en aide, l'Union européenne a annoncé la mise en place d'un "pont aérien" entre Douala, au Cameroun, et Bangui, pour acheminer l'aide humanitaire. L'Europe a annoncé le déblocage de 50 millions d'euros, pour la RCA, le 6 décembre.

Dès le mois d'août 2013, la commissaire européenne en charge de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, avait décrit, sur Youphil.com, la situation dans ce pays.

8 décembre 2013: le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a annoncé un bilan de 400 morts dans les massacres perpétrés Bangui, au moment où les soldats français commencent à se déployer dans la capitale au nord-ouest du pays. 

7 décembre 2013: François Hollande annonce le déploiement de 1600 soldats en Centrafrique. Le 5 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté la résolution française pour l'envoi d'une force de maintien de la paix.

26 novembre: La République centrafricaine est au "bord du génocide", a affirmé gravement Laurent Fabius le 21 novembre sur France 2, emboîtant le pas de l’ONU qui avait utilisé ce terme quelques jours auparavant. Le "désordre absolu" dont le ministre des Affaires étrangères se fait l’écho a poussé la France à soumettre un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, le 25 novembre, pour créer une force de maintien de la paix (Misca) dans ce pays en proie à des violences extrêmes, depuis le coup d’Etat des rebelles de la Séléka qui a renversé le président Bozizé, le 24 mars 2012.

> Au Quai d'Orsay, Laurent Fabius a expliqué la situation le 26 novembre aux ONG:

25 novembre: La France compte envoyer environ un millier de soldats supplémentaires pour participer à cette force panafricaine qui doit rassembler 3600 soldats, a annoncé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

> Ecouter l'interview de Jean-Yves Le Drian sur Europe1: 

Des exactions qui font fuir les Centrafricains

Les anciens rebelles de la Séléka se confrontent à des "groupes d’auto-défense". Les deux camps sont accusés de commettre des pillages et des exactions, malgré les promesses de sécurisation du pays par celui qui a été placé au pouvoir par les rebelles, Michel Djotodia. 

Le Directeur des opérations du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), John Ging, évoque une "véritable poudrière": "Les atrocités commises à l’encontre de la population civile sont indescriptibles." Adama Dieng, chargé de la prévention des génocides à l’ONU, soutient l’appel de la France pour l’ouverture d’une enquête de la Cour pénale internationale sur ces "crimes atroces".

Les chiffres de la crise humanitaire

Ce conflit amplifie dramatiquement la crise humanitaire qui sévit depuis décembre 2012, dans ce pays où la moitié des 4,6 millions habitants a besoin d’une assistance, selon le dernier rapport de l’OCHA (6 novembre). Parmi eux, 1,1 million de Centrafricains seraient en insécurité alimentaire. L’organisation recense aussi près de 400.000 personnes déplacées et près de 65.000 personnes ayant quitté le pays, principalement vers la République démocratique du Congo.

Aide alimentaire, soins médicaux, assainissement, approvisionnement en eau… 43 organisations internationales [pdf] portent secours à ces populations. Pour soutenir cette aide, l’ONU estime avoir besoin de 195 millions de dollars (près de 144 millions d’euros), mais n’a obtenu pour le moment que 40% de ces financements, soit 82 millions de dollars (60 millions d’euros).

 

Cet article a été publié le 26 novembre 2013. Il est mis à jour régulièrement.
Photo: septembre 2013, conflit en République centrafricaine. Crédit: UNHCR/Flickr.
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