[Infographie interactive] De quoi meurent les sans-abris?

Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer

La pauvreté ne cesse d'augmenter, selon l'étude de l'Insee sur "les niveaux de vie en 2011", publiée le 13 septembre 2013. En 2011, 14,3% de la population se situait en dessous du seuil de pauvreté fixé à 977 euros de revenus par mois, soit 8,73 millions de personnes pauvres.

Parmi elles, les personnes sans domicile, auxquels l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) consacre une enquête: "La mortalité des personnes sans domicile en France entre 2008 et 2010" [Pdf].

L'objectif de cette étude est de mieux répondre aux besoins des sans-abris. Elle a été réalisée grâce aux bases de données fournies par le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès, (le CépiDc, un laboratoire de l'Inserm) et le collectif des Morts de la rue.

Les causes de décès sont-elles différentes au sein de la population générale et de la population des sans domicile?  

> Découvrez en infographie, la cause des décès en France, pour cent personnes:

Deux écarts notoires émergent: les tumeurs, et les causes "mal définies". Sous cette définition, l'ONPES entend le "syndrome de la mort subite, les morts sans témoins", plus fréquentes que dans le reste de la population. Inversement, les tumeurs provoquent plus de décès -ou sont mieux diagnostiquées- chez les personnes possédant un domicile. À noter que parmi les morts violentes, l'ONPES compte les suicides, les homicides et les accidents.

Autre forte disparité: entre 2008 et 2010, l'âge moyen des décès est de 49 ans dans la population des sans-abris, alors qu'il est de 77 ans dans le reste de la population. De plus, 92% des morts parmi les sans-abris sont des hommes. Enfin, et contrairement à ce que l'on pourrait penser, la saisonnalité de la mort n'est que très peu perceptible pour les personnes qui vivent dans la rue. Autrement dit, les personnes vivants dans la rue ne meurent pas que l'hiver.

> En image, la répartition des décès pendant l'année, en pourcentage: 

La saison n'a aucun impact sur le taux de mortalité des personnes domiciliées. Pour les personnes sans abris, l'hiver et l'automne sont les saisons les plus meurtrières avec respectivement 30 et 28% de décès. Au printemps et en été, la mortalité est de 22 et 20%. Leur vulnérabilité varient donc selon les saisons, mais les écarts ne sont pas aussi importants qu'on pourrait le croire. C'est d'ailleurs ce qui pousse les acteurs de la lutte contre l'exclusion à rompre avec la gestion saisonnière de l'aide et de l'hébergement d'urgence.   

 

Crédits photo: Kamil Porembinski / Flickr
Email this pageEnvoyer à un ami0CommentairesImprimer