Devinez à quoi ressembleront vos cosmétiques du futur

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Six étudiants britanniques souhaitent récupérer les déchets organiques (légumes et fruits) pour en faire des produits cosmétiques.

Le vers est dans le fruit? Poubelle! Pour limiter le gaspillage, au mieux pour réutiliser ce qui a été jeté, six étudiants de la London School of Economics ont eu l’idée de redonner vie aux épluchures et autres tomates pourries déversées en masse dans les bennes des restaurants.

Malins, les étudiants ne proposent pas un repas de détritus mais des produits de beauté confectionnés à base de fruits et légumes récupérés auprès des restaurants, hôtels et commerces.   

La grande bouffe

Réutiliser des déchets? L'idée n'est pas nouvelle: papier recyclé, sacs en pneus ou encore de l'art avec le phénomène de l'"up-cycling". Les étudiants se sont inspirés de Rubbies in the rubble, qui produit des confitures et des condiments à base de détritus. 

À l'origine de leur trouvaille, un constat: chaque année, 30 à 50% des quatre milliards de tonnes d’aliments produits dans le monde ne terminent pas leur trajet dans une assiette. Et selon les conclusions du rapport Global food: waste not, want not, publié en janvier 2013 par l’Institution of Mechanical Engineers (IME), les pays industrialisés seraient les plus mauvais élèves. En cause, des dates de péremption inutilement rigoureuses, une abondance alimentaire qui ne craint pas la pénurie et les exigences de consommateurs appréciant la valeur esthétique d'un produit.

Vos déchets ont de la valeur

Selon Angus Cepka, l’un des porteurs de projet, "l’objectif de BeautyFru est de diminuer les déchets et d’éduquer les gens en leur montrant que ce qu’ils jettent peut avoir de la valeur. L’idéal serait que grâce à nous, lorsqu’ils mangent une banane ils ne se contentent plus de jeter la peau mais qu’ils se disent, 'hum, qu’est-ce que je pourrais faire avec?'"

Le concept est présenté au concours 2013 du LH Forum: les étudiants attendent son issue pour faire appel aux financeurs.

Mais ils ont déjà pensé à l'impact social et environnemental de leur projet: ils souhaitent, par exemple, créer un réseau local entre restaurateurs, consommateurs et jeunes à la recherche d'un emploi qui participeront à la confection des produits. Ils espèrent même pouvoir calculer, à terme, le poids de fruits et légumes sauvés.   

Reste à savoir si ces déchets organiques seront bourrés de pesticides. "Nous tenons absolument à ce que les produits soient d’origine biologique", souligne Angus Cepka. De quoi rassurer le consommateur qui pourra manger une crème d'artichaut et se badigeonner de ratatouille. Ou l'inverse.

 

Cet article a initialement été publié le 28 août 2013.
Crédit photo: mhaller1979/Flickr
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