Ces philanthropes qui creusent les inégalités

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Selon un journaliste américain, l’apparente générosité de certains milliardaires masquerait la poursuite de leurs propres intérêts.

En 2012, les philanthropes américains se sont montrés très généreux avec près de 230 millions d’euros de dons. Une générosité qui, pourtant, "perpétue une structure d’inégalité", selon Peter Buffett, le fils du puissant homme d'affaires Warren Buffett.

L’argent apporté par ces généreux donateurs serait non seulement inefficace, mais il aggraverait les inégalités, d'après une étude du Journal des inégalités économiques, publiée en mars 2011. 

Une philanthropie stratégique 

La manière dont les philanthropes allouent leur argent conduirait à renforcer les mécanismes de domination existants. En effet, les philanthropes soutiennent les causes qui leur semblent importantes. Selon l'auteur, cette posture les conduirait à poursuivre davantage leur propre intérêt, que l'intérêt général. 

Une étude menée par le Chronicle of higher education en 2010 montre que les universités américaines sont largement infiltrées par des intérêts économiques. Les principaux donateurs siègent dans les conseils d’administration. En tant que grands entrepreneurs, ils entretiennent souvent des relations d'affaires avec des multinationales et des grandes industries.

Un copinage dont l’université de Dartmouth a fait les frais. En 2007, celle-ci a investi une partie de son budget (14%) dans le fond d'investissement d’un membre du conseil d’administration. Un placement risqué qui lui a fait perdre plusieurs milliers de dollars lors du crash de Wall Street, en 2008.

L'influence de la fondation Gates 

La fondation Bill et Melinda Gates, la plus en vue du monde, est également montrée du doigt par l'auteur. Selon une enquête du Los Angeles Times de 2007, elle aurait des intérêts dans des entreprises dont les activités sont contraires aux valeurs qu’elle prétend défendre: le géant mondial de la chimie Dow Chemical Co, par exemple. 

Selon l'auteur, les époux Gates ont parfois un discours ambigu. Ils veulent offrir de meilleures conditions de santé aux plus pauvres, mais ils s’opposent à une modification de la législation sur la propriété intellectuelle. Cette réforme est pourtant susceptible de permettre le développement de médicaments génériques, moins chers et plus accessibles pour les populations démunies. Selon l'auteur, cette prise de position vise à servir les intérêts de Microsoft (la société co-fondée par Bill Gates), en maintenant une législation sévère sur la propriété intellectuelle.

Pour certains, il existerait bien une philanthropie à deux visages, où le but serait moins d'aider l'autre que de s'aider soi-même.

> Lire l'article sur AlterNet

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Commentaires

Qui, de nos jours, peut sérieusement imaginer que si demain chacun bénéficie d’un revenu ou d'une allocation « de base » résultant de quelque forme de philanthropie que ce soit, la terre ne sera pas peuplée, après demain, de ceux qui sauront le faire fructifier et de ceux pour qui cette garantie sera insuffisante.
À confondre égalité devant la loi avec égalité de revenu, nous oublions que richesse et pauvreté seront toujours relatives et que le courage, le talent, l’ambition, la chance, etc. des uns n’est pas celui ou celle des autres.
La pyramide sociale est mouvante, mais impérissable.
A défaut de traiter la pauvreté et les inégalités à la source, c'est à dire par un contrôle démographique efficace, peut-être est-il possible de masquer la réalité et d'en retarder les effets par de l'argent.
Mais il ne faut pas ignorer que c'est alors encourager les pauvres à se multiplier. Et n'est-ce pas reconnaître implicitement une certaine utilité à la pauvreté ?
Pour approfondir cette réaction, voir :
http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com
Les articles et commentaires publiés sue ce blog sont accompagnés de schémas à l’intention des visiteurs que décourage la lecture.