Le développement durable, un outil de réconciliation en Birmanie

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Sous le regard des investisseurs étrangers, la Birmanie doit veiller au développement responsable de son économie.

En pleine transition démocratique, l’économie birmane miroite déjà aux yeux du commerce international pour trois raisons: des ressources naturelles abondantes, une croissance en plein boom (6% en 2012) et des investissements étrangers croissants (4,6 milliards d’euro en 2012).

C’est dans ce contexte que la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a décidé de mener une délégation d’entrepreneurs français vers cette terre qui promet de grands projets de développement, autour de quatre axes: aménagement du territoire, télécommunications, développement rural et santé.

"Qui veut accompagner Nicole Bricq en Birmanie?", demandent les services du Ministère… "Nous, répondent Charlotte, Hermine et Juliette, l’équipe de l’ONG Green lotus. Nous aussi, partons en Birmanie pour au moins un an et interpellons les entreprises françaises et étrangères. Mais pour les inciter à mettre en place une responsabilité sociale et environnementale pour des années."

Une gestion responsable des ressources naturelles

Étudiantes en Master à Sciences Po, HEC et à l'université Columbia, elles ont décidé de partir en Birmanie pour soutenir la société civile et les partis politiques dans la mise en place d’un développement durable endogène, écologique et équitable.

Et ce, pour leur ONG Green lotus-Centre de ressources pour le développement durable en Asie (Credda), fondée par Jean-Marc Brûlé et des militants des causes démocratiques et écologiques en Asie. Le développement durable doit être mobilisé en Birmanie comme un outil de réconciliation et de progrès démocratique, l'ONG s'y installe dès juillet, pour des années.

Les ressources naturelles sont une richesse, mais aussi une malédiction qui peut s’avérer un obstacle pour le développement d’une économie jeune. Le pétrole en Iraq, les diamants au Sierra Leone ou les drogues en Colombie et en Afghanistan ont fait de ces pays des "États faillis".

Les ressources génèrent des rentes qui vont de paire avec une dépendance à l’égard du marché mondial, une volatilité des revenus, la corruption des gouverneurs, l’absence de redistribution et de diversification de l’économie, le déclin de la production, les conflits internes, la détérioration des institutions… Pour assurer un développement inclusif et vert, la clé se trouve dans une gestion responsable des ressources naturelles.

"Mobiliser le pays sur les enjeux écologiques"

Ailleurs en Asie, les preuves abondent que l’écologie est une priorité qui ne se fait pas oublier longtemps. En Chine, la déforestation facilite les tempêtes de sable dans le désert de Gobi et dans l’esprit des citoyens, dont la santé est menacée de jour en jour; l’Indonésie avive des émeutes paysannes en brûlant ses forêts pour l’exploitation de l’huile de palme; les hôpitaux de Singapour sont en pénurie de purificateurs d’air… La Birmanie doit saisir la chance de sa transition pour devenir un nouveau modèle de croissance durable.

Le 12 juillet 2013, l’équipe de Green lotus part à Rangoon pour retrouver ses partenaires sur place auprès de la société civile: les organisations sur la gouvernance et sur l’environnement (Thabyay education network, Gaihahita, EcoDev ou Freda) et les premiers grands réseaux écologistes (Myanmar green network, Mangrove and environmental rehabilitation network); mais aussi auprès des politiques: le parti d’Aung San Suu Kyi (la Ligue nationale pour la démocratie), et tous les réformateurs et démocrates, membres du mouvement "Génération 88".

Avec eux, il s’agit de mobiliser le pays sur les enjeux écologiques, de diffuser les principes du développement durable dans l’élaboration des politiques publiques et de mettre en place un cadre RSE pour des investissements socialement et écologiquement responsables.

Les entreprises françaises sont d'ailleurs attendues au tournant sur ce sujet. Avec sa réputation auprès de la société birmane, la France se doit d'une exemplarité particulière sur ces sujets.

Si la Birmanie miroite aujourd’hui, cela ne doit pas être sur le mode d’une étoile filante éphémère, mais comme une étoile polaire qui éclaire et guide le 21e siècle asiatique. Alors, entrepreneurs, étudiants, militants, voyageurs -et ministres-, qui veut accompagner le développement durable en Birmanie?

 

Crédit photo: reyajo/Flickr
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