Hébergement d'urgence: à quand des places toute l'année?

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Le nombre de places d’hébergements d’urgence a augmenté cet hiver. 

Sortir de la "gestion au thermomètre" de l’hébergement d’urgence. Quelques jours après la fin de la trêve hivernale pour les expulsions locatives, cette promesse du gouvernement est encore loin d’être réalisée, même si le changement est amorcé.

Le gouvernement a tout de même tenu son engagement pris lors de la Conférence nationale de lutte contre l’exclusion de créer 9000 places d’hébergement supplémentaires en 2013; atteignant même 9800.

Certaines places maintenues toute l’année, mais combien?

Pour défendre ce bilan, Jean-Marc Ayrault, accompagné de la ministre du Logement Cécile Duflot et de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti, s’est rendu le 4 avril dans l’un de ces centres d’hébergement, dans le 19ème arrondissement de Paris pour effectuer la promotion de leur plan d'action, élaboré avec les acteurs sociaux importants de la société civile.

Tenu par l’Armée du Salut, ce centre va justement rester ouvert toute l’année, et plus seulement pendant la période hivernale. Très bref, le nez sur ses notes, le Premier ministre n’a, néanmoins, pas donné de précisions sur le nombre de places qui seront pérennisées toute l’année, sur tout le territoire.

Une politique d’accès au logement toujours floue

Selon les promesses du gouvernement, sortir de la gestion du dispositif hivernal doit se traduire par une politique globale pour l’accès au logement: "projets territoriaux de sortie de l’hiver", "renforcement des places", "prévention des expulsions", "mobilisation du foncier public", logements adaptés pour sortir de l’hébergement d’urgence ou encore les fameuses réquisitions... Mais, pour l’instant, rien de concret sur les moyens précis (y compris financiers) pour sortir de ce "dispositif hivernal".

Les objectifs sont bien affichés, et paraissent même trop ambitieux par rapport à la réalité: 150.000 logements sociaux construits par an, 500.000 constructions par an en tout et 500.000 rénovations.

Quant à la "Garantie loyer universelle et solidaire des risques locatifs", assurance pour atténuer les risques d'impayés aux propriétaires (et visant à favoriser, par voix de cause à effet, l’accès à la location), rien de nouveau. Le gouvernement ne cesse d’en parler, et de faire des effets d’annonce, mais il n’a pas encore défini précisément ce qu’il y avait derrière ce concept, ni en quoi il diffère des dispositifs existants: le "Garantie loyer impayé" et la "Garantie risques locatifs".

"Il est normal que le gouvernement n’en dise pas plus, nous glisse Cécile Duflot, nous sommes encore au travail. La loi sur le logement sera présentée au début de l’été." Dans moins de trois mois, donc.

Le gouvernement affiche son engagement contre la pauvreté, malgré la crise

En se déplaçant en personne dans ce centre, le Premier ministre joue le Business as usual, malgré l’affaire Cahuzac qui frappe son gouvernement et l’intensité de cette semaine politique, où les spéculations sur un éventuel remaniement vont bon train.

"Si je suis venu ici, dans ce centre d'hébergement d'urgence de l'Armée du salut, c'est pour dire que malgré ce qui s'est passé et qui est particulièrement scandaleux (...) je me consacre à ce qui est l'essentiel de ma tâche, c'est-à-dire d'être au service des Françaises et des Français", a-t-il déclaré à la presse d'un air grave, dans un coin de ce centre de l'Armée du Salut où les bénéficiaires s'étaient rassemblés.

Le Premier ministre assure aux acteurs sociaux par ce déplacement qu’il veille bien au suivi de Plan pluriannuel contre la pauvreté. Suivi dont François Chérèque a la charge.

"Tout dépend de la construction de logements sociaux aussi. Mais le temps pour construire des logements sociaux, et celui pour reloger les gens n’est pas le même. Et puis, on est dans une période où l’on peut régler le problème de beaucoup de personnes, mais il y en d’autres qui arrivent, car la précarité augmente. Parfois, on l’impression que l’on bouche des trous, et qu’il y’en a d’autres qui se font à côté", confie l’ancien secrétaire général de la CFDT qui proposera une méthode de travail sur ce dossier au Premier ministre, le 19 avril prochain.

 

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