À quand des insectes dans nos assiettes?

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Zoom sur l'entreprise française Micronutris qui produit des insectes destinés à nourrir les Européens.

[Mise à jour du 26 avril 2013: Les insectes arriveront peut-être plus tôt que prévu dans nos assiettes! Le chef étoilé David Faure a mis un plat à base d'insectes provenant de l'entreprise Micronutris à la carte de son restaurant niçois.]

 

Ils croustillent sous la dent, ont le goût de noisette, de cacahuète ou de noix, mais les insectes sont encore loin de faire l'unanimité chez les Français et les Européens.

En 2011, Cédric Auriol a fait le pari de rendre les insectes plus goûtus qu’ils n’y paraissent. Ce jeune entrepreneur a fondé Micronutris, une entreprise de la région toulousaine qui élève, produit et commercialise des insectes 100% français destinés à l’alimentation humaine et présentés comme un complément à la viande et au poisson.

Pour dépasser l'aspect peu ragoûtant des petites bêtes, l'entreprise les transforme en barres de céréales ou en chocolats, en plus de les vendre sous leur forme "originale". Un concept qui a séduit les particuliers belges et allemands, ses deux principaux clients.

40 grammes de grillons = un steak

Dans les 650 mètres carrés de l'entrepôt de Micronutris, Cédric Auriol produit principalement des grillons et des ténébrions, plus connus sous le nom de "vers de farine". Deux espèces qui ont "un bon rapport qualité/prix", assure-t-il.

Cédric Auriol, fondateur de Micronutris. Crédit: Rémy Gabalda.

 

Plus de 1000 espèces sont répertoriées comme comestibles dans le monde. Les petits grouillants ont l’avantage d’être très nutritifs, voire plus riches en vitamines et protéines que la viande ou le poisson. “Quarante grammes de grillons frais représentent l’équivalent nutritionnel d’un steak de 100 grammes”, indique Cédric Auriol.

À quantité équivalente, la production d’insectes nécessite surtout beaucoup moins d'espace que l'élevage porcin ou bovin. "Il faut 10kg de nourriture pour produire 9kg d'insectes, explique Cédric Auriol. Nous sortons près de 100kg d’insectes de chaque espèce tous les mois. Nous prévoyons d’en produire près d’une tonne par mois, d’ici trois mois.

Plus cher que la viande

Plus de 500 espèces d’insectes représentent un mets quotidien pour plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Leur consommation peut être un moyen de lutter contre la malnutrition dans le monde. Au Burkina Fasso par exemple, le projet Faso Prot s’intéresse aux chenilles de karité pour nourrir les populations.

D’ici 2050, la demande mondiale en protéines animales va doubler. Il faut trouver des solutions”, assène Cédric Auriol, pour qui la consommation d’insectes est une réponse au problème. En 2011, l’Union européenne a d’ailleurs débloqué près de trois millions d’euros pour promouvoir ce mode d’alimentation.

Les insectes produits par Micronutris coûtent tout de même sept fois plus cher que la viande ou le poisson. Un prix élevé qui s’explique par “les coûts de la main d’œuvre et de la recherche et développement. C’est une production encore nouvelle, précise Cédric Auriol. Mais dans trois ans, nous serons en mesure de sortir des produits à prix équivalent, voire moins chers.

Des produits vendus en France et en Europe

Le jeune entrepreneur explique être en tractation pour des partenariats aves des groupes de la grande distribution française.

À l'heure où la consommation de viande tend à baisser dans l'hexagone, selon un rapport du Credoc [pdf], peut-être verra-t-on rapidement se multiplier chenilles, crickets et grillons dans nos assiettes.

 

Crédit photo: jackiews/Flickr
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