Associations: face à la crise, l’imagination au pouvoir

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Les caisses de l’Etat sont vides? Les associations doivent aussi trouver de nouvelles sources de financement auprès des entreprises, plaide François Content, directeur général d’Apprentis d’Auteuil.

Stagnation, voire diminution des dons: face à la crise, la philanthropie semble bien mal en point. Pourtant, je suis convaincu que cris d'orfraie et lamentations ne résolvent rien. Bien au contraire, ils gèlent et sclérosent nos consciences comme nos actions.

Adoptons plutôt la "sérendipité", terme anglo-saxon qui fait référence à la chance ou hasard malheureux permettant de faire une découverte inattendue. Transformer le négatif en positif. C’est en laissant une paillasse sale que Flemming découvre la pénicilline. C’est en ne pouvant récolter à temps les raisins qu’un viticulteur invente le Sauternes. La moisissure est devenue médicament; un raisin trop mûr, un vin raffiné.

Bâtisseurs d’espérance

Aujourd’hui, c’est le financement de l’intérêt général qui est à repenser. Nous avons vécu sur le mol oreiller de l’Etat-providence, histoire, pouvoir et culture obligent. Mais la crise est venue et les temps ont changé. Désormais, nous allons tous prendre en main le bon fonctionnement de notre société.

Au-delà de notre contribution fiscale de base, nous aurons à cœur d’accompagner des projets concrets en devenant des bâtisseurs d’espérance pour ceux qui n’ont pas ou si peu d’avenir.

La jeunesse est, à ce titre, une cause émergente de la philanthropie et du mécénat. 40% des 290 millions d’euros du budget annuel (2011) d’Apprentis d’Auteuil provient des donateurs et de plus en plus d’entreprises et de particuliers s’engagent dans des projets à visée d’insertion et d’éducation.

Des partenariats entreprises – associations pour innover

Ce sont eux qui accompagnent les 14.000 jeunes qui, chaque année, se reconstruisent et s’insèrent socialement et professionnellement chez nous. Le monde de l’entreprise l’a bien compris en s’impliquant toujours plus à travers le mécénat, multiplié par 10 en 7 ans. De 2000 entreprises, elles sont devenues 22.000 en France à soutenir et à intervenir dans des projets et des actions philanthropiques.

Cette collaboration entreprises-associations est un véritable moyen, pour les fondations comme la nôtre, d’innover dans des projets qui ne peuvent plus être pris en charge par les subventions publiques.

Revisiter la solidarité

Dans cette nouvelle posture sociétale et qui concerne tout un chacun, l’innovation est un maître mot. Elle intervient dans la mise en œuvre des financements et une volonté de rapprocher l’intérêt général et les principes d’une bonne gestion.

Ainsi, il est possible de bâtir une action "mécénale" ou philanthropique à partir du projet lui-même et de l’adapter aux souhaits et possibilités du donateur en lui proposant programmes et actions personnalisés, le tout faisant l’objet d’une évaluation précise.

Au-delà de sa conscience, la générosité des donateurs et des mécènes a acquis sa rigueur et compétence à l’aune de son intelligence du cœur. Le pouvoir d’agir: tel est le thème des prochaines "Rencontres pour la jeunesse en difficulté"*.

Mais surtout, ces rencontres sont le lieu du possible pour ce que nous pensions impossible. Nous n’inventerons pas une nouvelle molécule ou un vin nouveau. Nous revisiterons la solidarité, comme un engagement social ordinaire, naturel et fondamental, expression de notre liberté et de notre pouvoir.

Acteurs publics, privés, associatifs: nous pouvons faire émerger des solutions en stimulant nos complémentarités, en encourageant l’innovation et en renforçant nos capacités d’agir.

 

François Content est directeur général de la fondation Apprentis d’Auteuil.

*2ème Rencontres pour la jeunesse en difficulté – 21 février 2013 au Conseil Economique, Social et Environnemental – Palais d’Iéna.

 

Crédit photo: Flickr/Kretyen.
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