C2C, label de l’économie circulaire

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Le cradle-to-cradle, mode de conception de produits fondé sur la réutilisation permanente des ressources convainc de plus en plus d'entreprises.

Après l’économie verte ou encore l’économie positive, c’est au tour de l’économie circulaire de faire des émules. Cette dernière fait sienne le célèbre énoncé du chimiste Antoine Laurent de Lavoisier: "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Autrement dit, elle s ‘inspire des écosystèmes naturels, où les déchets des uns sont les ressources des autres.

L’économie circulaire est même l’objet d’un nouveau think tank présidé par le député écologiste des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert. Mais depuis plus dix ans, cette approche est déjà mise en application à travers le cradle-to-cradle: un mode de conception des produits, fondé sur la réutilisation permanente des ressources, qui convainc de plus en plus d’entreprises.

Cradle-to-cradle, l’économie circulaire appliquée

L’approche cradle-to-cradle (C2C) vise un impact positif sur l’homme et l’environnement via la fabrication de produits non toxiques, recyclables à l’infini ou biodégradables. Le concept a été théorisé en 2002 par l’architecte américain William Mc Donough et le chimiste allemand Michael Braungart dans l’ouvrage Cradle-to-cradle, vendu à plus de 50 millions d’exemplaires, et dont la suite, préfacée par Bill Clinton lui-même, paraîtra en avril prochain.

Bâtiment, collants, bouteilles d’eau… le C2C s’applique à une large gamme de produits à l’exception de ceux dont les matières toxiques ne sont pas actuellement substituables (ordinateurs, téléphones portables). Et il fait de plus en plus d’adeptes. Depuis 2005, environ 250 entreprises dans le monde, tels que les fabricants de mobilier de bureau Steelcase, Herman Miller et même le US Postal Service ont fait certifier plus de 1000 produits. Puma s’apprête à lancer InCycle, une gamme de vêtements et accessoires biodégradables et recyclables, estampillés C2C.

C2C, marque déposée et certification

Outre le concept, le C2C est en effet une marque déposée et une certification dont les critères sont établis par Cradle to Cradle Products Innovation Institute, organisation à but non lucratif basée en Californie. Les certificats sont délivrés par les sociétés des deux fondateurs, le Mc Donough Braungart Design Chemistry (MBDC), l’Environmental Protection Encouragement Agency (EPEA) et depuis cette année par un organisme extérieur, le consultant ToxServices.

Le passage obligé par la case certification ne risque-t-il pas de nuire au développement du C2C? “À l’origine, Mc Donough et Braungart n’en voulaient pas par peur du greenwashing, ce sont les entreprises qui étaient demandeuses. Celles qui le souhaitent peuvent faire appel à nous pour un simple accompagnement. Le certificat doit surtout être vu comme une incitation à progresser et n’est d’ailleurs valable que deux ans renouvelables”, relativise Éric Allodi, fondateur d’Integral Vision, agence qui représente le C2C en France.

Un produit n’est en effet pas seulement étiqueté C2C. Il est classé selon cinq niveaux de performance (basique, bronze, argent, or et platine, d’après la dernière version des critères) à la fin d’un processus d’évaluation et de certification qui prend entre deux à six mois, où sont analysés les composants en fonction de leur toxicité. Plus un produit comprend de composants, plus il coûte cher à évaluer et certifier: de 10.000 euros pour des produits simples à 100.000 euros pour des produits complexes.

Vers des entreprises C2C?

S’il n’existe aujourd’hui qu’un millier de produits certifiés C2C dans le monde et une vingtaine en France, le changement de mentalités s’opère lentement mais sûrement, assure Éric Allodi, qui dit être contacté par des grandes entreprises et quelques PME:

“Avant, nous faisions affaire avec des sociétés qui fabriquaient des produits C2C. Depuis deux ans, nous traitons avec des ‘entreprises’ C2C. Comme les fabricants de revêtement Tarkett et Desso, elles sont de plus en plus nombreuses à définir une feuille de route sur 5 à 20 ans avec un certain nombre d’objectifs à atteindre. Le C2C commence enfin à entrer dans la culture d’entreprise”.

Selon le dernier rapport de la Fondation Ellen Mac Arthur, le secteur des biens de consommation ferait 700 milliards de dollars d’économie en matières premières s’il adoptait les principes de l’économie circulaire.

Si le C2C est en train de séduire les industriels, il reste en France encore à convaincre les pouvoirs publics de créer un cadre législatif favorable. C’est pourquoi Integral Vision a rejoint l’Institut de l’économie circulaire. Le think tank qui rassemble une soixantaine de structures et de personnalités compte faire voter une loi sur l’économie circulaire d’ici 2017.

 

 
Crédit photo: Timtak/Flickr.
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