L'Inde déclare la guerre aux industries pharmaceutiques

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Une véritable guerre des brevets a lieu en Inde entre le gouvernement et les grands laboratoires pharmaceutiques.

La pilule a du mal à passer pour l'entreprise pharmaceutique allemande Bayer. L'Inde va pouvoir fabriquer la version générique de l'un de ses médicaments. Le 9 mars 2012, les pouvoirs publics indiens ont pour la première fois émis une licence obligatoire sur l'un des produits brevetés par le géant de la chimie.

Cette mesure exceptionnelle permet aux pouvoirs publics d'un pays d'autoriser la fabrication et l'importation de la version générique d'un médicament pendant 20 ans. Elle est appliquée lorsque la santé publique d'un pays est menacée par le prix trop élevé d'un médicament, sans que les entreprises propriétaires du brevet puissent s'y opposer.

Et c'est là tout le problème pour Bayer. Cette dernière fabrique et vend en Inde le tosylate de sorafénib. Plus connu sous le nom de Nevaxar, ce médicament contre le cancer du foi se négocie à prix d'or: 4320 euros pour un traitement mensuel, alors que sa version générique ne coûte que "133 euros par mois, soit une réduction de prix de 97%", explique la délégation suisse de l'organisation Médecins sans frontières (MSF).

Ce n'est pas la première fois que l'Inde s'attaque aux lobbies pharmaceutiques, les "Big Pharma". Les autorités indiennes sont en procès depuis six ans avec Novartis. Le groupe suisse tente de breveter un médicament contre la leucémie myéloïde chronique vendu 2000 euros par mois, tout en interdisant la vente de son générique, qui se vend 154 euros seulement.

Instaurée par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la licence obligatoire est prévue depuis 1995 par l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touche au commerce (ADPIC).

> Lire l'article de la revue Le Journal du Sida, publication du Groupe SOS

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