Fondation Abbé Pierre: "la réquisition de logements reste une mesure symbolique"

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Le délégué général de la fondation Abbé Pierre Patrick Doutreligne nous donne son point de vue sur la politique du logement du gouvernement.

Les réquisitions de bâtiments vides pour pallier la crise du mal-logement représentent sans doute la plus médiatique des mesures défendues par le ministre du Logement, Cécile Duflot.

Accusée de ne pas se focaliser sur les mesures de fond par les uns ou de ne pas aller assez vite, par les autres, la ministre devra tenter en 2013 de réaliser les autres promesses de campagne de François Hollande visant à accroître l'accès au logement. Les acteurs du secteur comptent notamment sur la construction de 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants d'ici la fin du mandat.

Le délégué général de la fondation Abbé Pierre qui lutte "pour le logement des défavorisés" a répondu à nos questions.

Que pensez-vous de la mesure sur les réquisitions de logements? 

Il s’agit surtout d’une mesure symbolique, de témoignage politique. Mais ce n’est pas une politique du logement.

Et puis le gouvernement a pris tellement de précautions que seules quelques personnes morales seront concernées. Quelques dizaines, ou au plus, quelques centaines de familles seront relogées. C’est très bien, mais cela reste symbolique. Alors que l’on a besoin de 40.000 logements très sociaux, par exemple.

Les réquisitions sont donc un peu l’arbre qui cache la forêt. C’est un épiphénomène.

La forte médiatisation de cette mesure depuis le mois de décembre 2012 (de la communication de la ministre aux occupations récentes de logements vides par le DAL et Jeudi noir) n’occulte-t-elle pas le reste des politiques à mener pour l’accès au logement?

Le DAL et Jeudi Noir servent d’aiguillon, ils gênent les pouvoirs publics et amènent des sujets sur le devant de la scène. Mais c’est vrai qu’ils contribuent aussi à créer cet écran de fumée sur le logement. Cette fumée sert à lancer des signes, mais si on ne voit plus ce que cela cache derrière (comme la nécessité de construire des logements sociaux), c'est dommage.

Que pensez-vous de la gestion du dossier du logement par le gouvernement? Etes-vous confiant?

Nous sommes en accord avec le discours gouvernemental et ses grandes orientations, et on s’en réjouit: la loi SRU, l’encadrement des loyers, la mobilisation du foncier de l’Etat pour la construction de logements... Le gouvernement a d’ailleurs repris une partie de nos revendications publiées pendant la campagne présidentielle.

Nos avis convergent donc, mais nous sommes réservés sur l’application de cette politique. Ce qui nous inquiète vraiment, ce sont les moyens législatifs et financiers mobilisés pour atteindre ces objectifs. On nous renvoie encore au premier semestre 2013. Nous espèrons que tout sera mis en oeuvre.

Le délégué général adjoint de votre fondation, Christophe Robert, expliquait à la sortie de la conférence du 11 décembre 2012 que le plan de lutte contre la pauvreté annoncé par le Premier ministre ne permettait pas d’avoir une vision sur le long terme...

Oui. Nous sommes conscients des difficultés budgétaires actuelles, mais je pense que nous manquons d’un souffle politique qui ferait du logement une grande priorité, comme c’est le cas pour l’éducation. On a besoin d’une perspective à l’image de l’objectif du président de la République d’infléchir la courbe du chômage d’ici la fin 2013. Le gouvernement n’affiche pas assez sa vision.

A la décharge de Cécile Duflot, il est difficile d’exister politiquement lorsque l’on est ministre du Logement, car il s’agit de politiques dont les effets se font souvent ressentir bien après la fin du mandat. Chaque ministre a eu sa décision phare, son dispositif fiscal (Robien, Scellier etc.). Les réquisitions sont très visibles médiatiquement. Cela fait vivre l’activité médiatique du ministre, alors que produire 150.000 logements sociaux prendra quelques années.

 

Crédit photo: flickr/Ojbyrne.
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Commentaires

Je suis actuellement a la rue avec mes 2 enfants jusqu'à présent aucune solution ne m'a étais proposer je suis très fatigué de cette situation quand a mes enfants ils soufrent énormément mais que faire et comment faire pour continuer a croire au belles promesse pour le moment j'ai accepter que des journalistes me suive dans mon combat vous me verrais prochainement dans complément d'enquête qui serra diffuser jeudi 10janvier sur le mal logement mais après quel est notre avenir ? Si vous avez des solutions a me proposer vous pourrez me contacter par le biais de France 2